14ème dimanche du temps ordinaire

Homélie du 14ème dimanche du temps ordinaire – année B – 8 juillet 2018

 Lectures : Ez 2,2-5     Ps 122     2 Co 12,7-10     Mc 6,1-6

                    Cet épisode clôt toute une seconde partie de l’évangile de Marc : avec ses disciples choisis soigneusement, à partir de Capharnaüm, la ville sur le lac de Tibériade Jésus va à la synagogue, enseigne, guérit les malades, chasse les démons en se montrant plus fort que Beelzéboul, le chef des démons… il parle en paraboles pour annoncer le Royaume… Il ose passer chez les païens en traversant la mer, il guérit là le pire des possédés mais les païens lui demandent de retraverser la mer car ils ont trop peur des bouleversements que Jésus opère… Enfin, la semaine dernière, nous avons entendu ce double miracle que la foi a opéré : la femme qui avait des pertes de sang depuis 12 ans est guérie en touchant seulement le vêtement de Jésus, et Jaïre, le chef de la synagogue, malgré la mauvaise nouvelle de la mort de sa fille, croit et Jésus prend sa fille de 12 ans par la main, la relève en lui disant « Talitha Koum », « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! ». Quand on peut accueillir Jésus dans sa parole et ses actes, quand on perçoit que Dieu est à l’œuvre dans ses paroles et ses actes, alors notre foi en Jésus apporte la vie, la victoire sur la mort, la victoire sur le Mal. Et cela se répand dans toute la région, jusqu’au lieu d’origine de Jésus, dans son village…

                    Comme partout où il passe, le jour du sabbat, il va prier à la synagogue, il enseigne, il explique l’Écriture… Mais là, cela ne passe pas bien : ses compatriotes sont étonnés de la sagesse qui lui est donnée, des grands miracles qui se réalisent par ses mains dans la région. Ils ne laissent pas leur étonnement remonter à la source de la manière de faire de Jésus. Ils oublient la Parole du Père à son baptême : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie .» (1, 11) Ils ne veulent croire que ce qu’il voient :« N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » (6, 4) Or croire ce que l’on voit sur nos papiers d’identité avec notre photo, notre numéro de sécurité sociale sur notre carte Vitale, notre groupe sanguin cela ne suffit pas à dire notre personnalité et notre projet de vie ; la manière dont Dieu nous a appelé par notre nom dès le ventre de notre mère, l’alliance qu’il a faite avec nous lors de notre baptême, la mission qu’il nous a confiée dans le monde pour faire le Bien, construire du Beau, vivre de sa Bonté… ce n’est pas marqué sur notre fiche d’état civil que l’on demande pour se marier à la mairie. Les gens de Nazareth réduisent Jésus au travail et à la famille large qu’il a eu pendant 30 ans. Il est le charpentier et le fils de… Ils ne voient pas « le prophète » qu’il est et à qui Dieu a confié son Royaume… Ils sont scandalisés que l’un des leurs puisse recevoir une telle mission et ne veulent pas voir en lui Celui que Dieu envoie comme Messie annoncé depuis David, depuis Abraham… Ils ne voient pas que Jésus fait le volonté de son Père et Jésus est étonné de leur manque de foi, alors qu’il leur donnait toutes les clés pour croire, dans la proximité de son village d’origine.

                    Seigneur Jésus, quand je te vois comme dans ton village d’origine, avec ta famille, ta pratique religieuse et ton boulot, ton vélo, ton dodo, viens réveiller ma foi, viens me faire croire que tu m’appelles par mon nom, que tu es le prophète qui vit avec moi, le compagnon de route qui invente avec moi le Bien, le Beau, le Bon.

                    Seigneur Jésus , quand je suis faible, seul, angoissé, persécuté, comme saint Paul dans la seconde lecture, donne-moi ton amour et ta grâce : ils sont ma force… Donne-moi seulement de t’aimer. On le chante ensemble :

Prends Seigneur et reçois, toute ma liberté, ma mémoire mon intelligence, toute ma volonté et donne-moi, donne-moi, donne-moi seulement de t’aimer.

Reçois tout ce que j’ai, tout ce que je possède ; c’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je rends.

Tout est toi, disposes-en selon ton entière volonté, et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit.

Claude Charvet sj

ND des Anges