15ème dimanche du temps ordinaire

Homélie du 15ème dimanche du temps ordinaire – Année A – 16 juillet 2017

Lectures : Is 55, 10-11     Ps 64     Rm 8, 13-23     Mt 13, 1-23

                    La lecture du livre d’Isaïe soumise à notre méditation ce dimanche, est une tentative du Seigneur de nous faire prendre conscience de son action spirituelle dans le monde. Ce texte compare les bienfaits de la parole de Dieu à l’action de la pluie ou de la neige qui tombent sur la terre pour l’humidifier. Dans ce processus, l’homme ne maîtrise nullement ces deux éléments ; il ne peut donc éviter une sécheresse par manque d’eau ou des inondations par excès de pluie ou de neige.

                  Par cette comparaison, le Seigneur veut nous montrer l’importance de sa parole : l’homme ne peut l’apprivoiser, de même qu’il ne peut contrôler la pluie ou la neige. N’est-ce pas là une invitation faite aux chrétiens à vivre de la parole de Dieu, en observant ses commandements et les enseignements de l’Église et ainsi participer à la vie de Dieu ?

                   Dès l’instant où la parole de Dieu s’est faite chair, la prophétie d’Isaïe s’est réalisée en plénitude dans le Christ « Ainsi en va-t-il de la parole que profère ma bouche : elle ne me revient pas sans avoir exécuté ma volonté et accompli sa mission » (Is 50,11).

                   C’est au cœur de cette réalité que nous pouvons aborder la parabole du Semeur, l’une des sept paraboles du royaume des cieux que contient l’évangile selon Matthieu. Une parabole n’implique pas simplement des comparaisons tirées de la vie quotidienne en vue d’illustrer un enseignement. Elle est aussi un récit qui évoque la vie même de Jésus. On peut la qualifier d’allégorie. Présente dans les évangiles, la parabole traduit une énigme de sagesse qui invite à un travail d’interprétation.

                    Les évangiles rapportent que Jésus avait l’habitude de parler aux foules en paraboles et en énigmes, c’était une caractéristique de sa prédication populaire. On peut citer les paraboles du Bon samaritain et celle du Bon pasteur par exemple. Son message faisait appel à la bonne volonté des personnes, à leur capacité de s’élever en faisant un effort de compréhension. Car pour comprendre une parabole, il faut réfléchir et être prêt à changer l’idée que l’on se fait de Dieu ; voilà pourquoi à la fin d’une parabole Jésus dit souvent « Celui qui a des oreilles qu’il entende ! ».

                    La parabole du semeur est la première énigme que Jésus donne à la foule, c’est une énigme rappelant la prophétie, la mise en garde, faite en amont par le prophète Isaïe. Des graines sont semées dans différents types de terrain où elles poussent plus ou moins bien. La morale de l’histoire est subtile. Elle est à trouver à travers les différents types de sols qui représentent les différentes manières d’écouter la parole de Dieu.

P. Patrice Batantou sj