17ème dimanche du temps ordinaire

Homélie du 17ème dimanche du temps ordinaire – Année A – 30 juillet 2017

Lectures : 1 R 3,7-12 Ps 118 Rm 8, 28-30 Mt 13,44-52

                    Dans notre condition humaine, certaines expériences nous marquent de manière indélébile, la longue maladie d’un être cher par exemple. La famille l’a entouré de sa présence et de son affection, les médecins et le personnel soignant, malgré leurs compétences et leur dévouement n’ont pu suspendre l’appel du maître de la vie. L’entrée dans la béatitude éternelle, semble inéluctable. Dans cet ultime instant, il arrive que celui qui vit l’expérience, fasse une relecture de sa vie, qu’il se rende compte que ses diplômes, son argent, ses voitures, son métier, ses possessions n’ont plus de sens, qu’ils relèvent d’un passé sans avenir. C’est à l’occasion d’une prière avec le groupe « Évangile et santé » autour d’un malade, pour l’accompagner à assumer « son heure », après la proclamation du fragment d’évangile que nous propose la liturgie de ce dimanche, que son visage s’est illuminé. Il nous a gratifié d’un grand sourire comme pour nous signifier sa conviction que Jésus sauve, qu’il est aimé de Dieu d’où sa reprise de la prière de Bartimé « Jésus fils du Dieu vivant ait pitié de moi pauvre pécheur ».

                    Par cette prière du nom de Jésus, il a fait l’expérience de ce qui était, à mon avis, le plus important trésor de sa vie et de sa destinée éternelle. Il a compris qu’il allait vivre par la grâce de Dieu et non laissé pour compte dans la fournaise de la damnation éternelle. « Quand les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes ». Son vrai trésor était la parole de Dieu, qui aujourd’hui nous rassemble et nous invite à tout perdre pour tout gagner.

                    En effet, les paraboles du trésor, de la perle et du filet qui viennent clore la série des sept paraboles que Matthieu impute à Jésus, sont une invitation, face aux réjouissances et aux pesanteurs du monde, à préférer et faire advenir le Royaume, à la lueur de l’esprit qui dynamise, oriente et soutient. Puisque le Royaume de Dieu représente une valeur inestimable suivre Jésus, avoir foi en lui, être baptisé, écouter sa parole, recevoir les sacrements, s’ouvre sur l’action de grâce que notre trésor est ce « cœur à cœur avec Dieu ».

                   Mais nous pouvons aussi considérer autrement ces paraboles. Au lieu de l’homme en quête du trésor, ou du négociant qui recherche des perles fines et en trouve une de grande valeur, pourquoi ne pas y voir une métaphore de Dieu allant au champ et sur la place du marché. Vues sous cet angle les paraboles prennent une autre résonance, le trésor caché dans le champ nous symbolise (vous et moi) et la perle de grande valeur n’est-elle pas le pécheur qui devient fils (fille) de Dieu ?

P. Patrice Batantou sj