18ème dimanche du temps ordinaire

Homélie du 18ème dimanche du temps ordinaire – année B – 5 août 2018

 Lectures : Ex 16,2-4, 12-15    Ps 77  Ep  4,17.20-24     Jn 6, 24-35

                    La semaine dernière nous avons commencé la lecture de l’évangile de Jean au chapitre 6 ; lecture que nous allons poursuivre pendant 5 dimanches. La semaine dernière nous nous étions arrêtés au début du chapitre 6 : le passage sur la multiplication des pains. Aujourd’hui nous allons continuer cette lecture par le discours de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Le regard va se porter vers Jésus qui va se présenter à nous comme le pain de vie

  • Reprenons le parcours

                       Pour mieux comprendre cette affirmation de Jésus qui se présente aujourd’hui à nous comme « le pain de vie » il nous est bon de reprendre le parcours de l’évangile. Après avoir guéri un paralytique à la piscine de Bethesda et s’être adressé à la foule Jésus décida de partir de l’autre côté du lac de Galilée, mais à la vue des signes qu’il accomplissait une grande foule s’était mise à le suivre. Les gens venaient de partout pour l’écouter. Jean nous dit qu’il y avait plus de 5000 hommes qui se trouvaient réunis. Comment nourrir une telle foule ? C’est le miracle de la multiplication des pains. Avec cinq pains et deux poissons apportés par un enfant, Jésus va nourrir toute cette foule. Puis, avec les morceaux qui restaient, on put garnir douze couffins.

                         Devant ce miracle manifeste pour toute cette foule, Jésus sachant qu’on allait le capturer afin de le faire roi, pousse ses disciples à retraverser le lac pendant que lui irait prier seul dans la montagne. Là, Jésus s’adresse à son Père pendant que les disciples traversent le lac de Tibériade. Le vent s’étant levé, le bateau était secoué par les flots. C’est dans ce contexte que Jésus les rejoint en marchant sur la mer. Surprise : dès que Jésus s’apprête à monter dans le bateau, celui-ci accoste, et il se fit en grand calme. On peut deviner ce qu’éprouvent les disciples dans un tel contexte. Dès les premiers jours où ils avaient suivi Jésus, les disciples avaient vu leur maître proclamer la parole et faire des guérisons. Maintenant voici qu’il multiplie les pains et commande au vent. Par tous ces signes Jésus prépare ses disciples à la fête de Pâques qui approche

  • Le piège de la foule

                         La foule de son côté est émerveillée et plusieurs repèrent le côté pratique de tout ce que Jésus fait. Ils remarquent que Jésus peut répondre aux besoins fondamentaux de la personne : les malades sont guéris, les gens sont nourris. Que demander de plus ? Certains veulent le capturer afin qu’il puisse être à leur service. Jésus doit donc se retirer après la multiplication des pains car il repère le piège dans lequel toute la foule veut l’entrainer. Il doit se faire violence pour se retirer. Cette violence, de sa part, est nécessaire pour aider la foule à faire un pas et à changer de manière de penser. « Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé des pains et avez été rassasiés ».

                        Cette demande de la foule nous interroge dans notre manière de suivre Jésus. Voulons nous suivre Jésus pour le servir ou voulons-nous nous servir de Jésus ? Il nous est bon de repérer que notre première manière de réagir est souvent centrée sur nous même. En se retirant Jésus nous invite à nous interroger en profondeur. Voulons nous nous mettre à la suite de Jésus à cause des biens qu’il nous fait, ou parce que c’est lui et qu’il est Dieu ? Il nous invite à un véritable échange avec lui.

  • Passer du don au donateur

                          Tout l’enseignement de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm vise à nous faire passer du don fait par Jésus au donateur lui-même. C’est une véritable transformation dans notre attitude et notre manière de penser, qui nous est demandée.

                          Ceux qui viennent à la rencontre de Jésus pour en faire leur roi veulent que Jésus les serve. Ils veulent être sous son autorité parce que cela les arrange et que c’est leur intérêt. Ils veulent se mettre au service de Jésus par ce qu’ils y ont intérêt. Ils veulent le servir par calcul et intérêt mais pas par amour. Ils n’ont pas remis leur vie entre les mains de Jésus et ne se situent pas sous le regard du Père, par amour et parce qu’il est Dieu. Jésus nous demande plus. Il nous invite à une véritable dépendance dans la communion. Jésus nous demande, non point une dépendance de servitude mais d’amour en laquelle naît une communion profonde entre Nous et lui. Nous sommes invités à nous décentrer complètement de nous même et à mettre Dieu en premier dans notre vie.

                          Jésus nous demande de travailler à sa suite mais il ne veut pas être servi par des esclaves mais par des personnes qui l’aiment, par des amoureux. C’est à ceux qui l’aiment et qui lui ont remis leur vie entre ses mains qu’il confie une mission. Cette mission il ne la confie pas à des gens parfait mais à des pécheurs pardonnés qui savent que tout amour vient de Dieu. En preuve de cet amour Jésus va donner sa vie pour nous. Il va mourir sur une croix. A chaque eucharistie il se livre à nous et il nous invite en retour à lui rendre amour pour amour.

Christian Vivien sj