19ème dimanche du temps ordinaire

Homélie: Dimanche 19 ème dimanche du temps ordinaire- année C – 11 août 2019

Lectures :  Sg 18,6-9    Ps 32   HE 11,1-2.8-19   Lc 12, 32-46

Sois sans crainte

L’évangile d’aujourd’hui nous invite à la confiance : « Sois sans crainte petit troupeau, votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume ». Faire confiance peut être très difficile, surtout si l’on est dans une situation de dépendance. Et pourtant, même dans ces cas limites, c’est bien à cela que le Seigneur nous invite.

Sois sans crainte

Jésus nous demande tout d’abord d’être sans crainte. Ne pas avoir peur de l’avenir peut être facile en position de force ou quand l’avenir nous sourit, mais dans une situation de faiblesse ce n’est pas évident.  Une maladie, un accident, le chômage, une séparation peut tout faire basculer en un instant. Face à tous les imprévus qui se présentent à nous, la peur peut nous paralyser et les sociétés d’assurance peuvent nous offrir une large gamme de possibilités pour répondre à nos besoins.

La peur de ce qui peut nous arriver, d’une certaine manière est bonne car elle peut être, comme un instinct qui nous protège du danger. Elle nous prévient que quelque chose d’insolite est en train d’advenir. Cette crainte est bonne. Celui qui n’a aucune crainte est un peu casse-cou. Il peut être un véritable danger public. Cette peur est purement humaine. Comme tout ce qui est humain cela peut aussi, être porté par Dieu ou insinuée par le malin qui, lui, veut nous couper de Dieu

A côté de cette peur bien humaine qui nous prévient d’un danger, il y a aussi une peur qui vient de Dieu. Moïse, tout comme les disciples au moment de la transfiguration ont été saisi d’effroi devant la grandeur de Dieu. La crainte qu’ils ont éprouvée était révélation. Cette peur ne détruit pas mais donne à exister. Elle était le signe que Moïse ou les disciples se trouvaient en présence de Dieu. Mais à l’opposé de cette crainte qui nous parle de Dieu, il y a aussi une peur qui nous paralyse, qui nous empêche d’avancer. Cette dernière peur n’est pas de Dieu. Elle nous est suggérée par le malin qui, lui, essaie de nous couper de Dieu et des autres. Déjà, dès le livre de la Genèse nous la retrouvons. Il nous est dit qu’après avoir péché Adam a eu peur lorsqu’il entendit les pas de Dieu dans le jardin. « Sois sans crainte » est comme un refrain qui parcourt toute la bible. Et Isaïe ne fait que répéter : « Ne crains pas ». Il nous est dit : « Ne crains pas car je t’ai racheté », « ne crains pas tu es à moi » De cette peur, le Seigneur veut nous en délivrer. Il veut nous détourner de tout ce qui nous coupe de Dieu pour qu’on se tourne de manière résolu vers lui

Devant Jésus, sous le regard du Père

Le Seigneur désire nous guérir des peurs qui nous habitent et qui sont mauvaises. L’origine de ces peurs peut être diverse car elle s’enracine au plus profond de nous-mêmes : peur d’être abandonné, peur d’être trahi, peur ne pas être reconnu, peut de ne pas être aimé, …  La liste peut être longue. Chacun a ses propres peurs mais le Seigneur désire les visiter jusque dans leurs racines les plus profondes.

Pour nous en guérir, c’est devant Jésus que nous sommes invités à nous situer. Il s’adresse à nous personnellement. Il nous parle. Cette parole invite à une réponse. Je pense au curé d’Ars qui un jour a rencontré un de ses paroissiens dans son église. Le curé d’Ars lui a demandé : « Que fais-tu là ? – Il m’avise et je l’avise ». Jésus nous invite à le regarder, à lui parler, à entrer en relation, en communion profonde avec lui. Peut-être, cette présence de Jésus peut-être trop forte pour nous. Nous pouvons, si cela nous aide, demander à Marie de nous accompagner sur ce chemin. Devant Jésus, nous pouvons déposer au creux de ses mains les racines profondes de nos peurs et lui demander de les guérir. Jésus est venu pour les pauvres, les boiteux, les estropiés que nous sommes. Il est venu pour faire tomber sur nous sa puissance de pardon et de guérison.

Mais Jésus désire nous présenter au Père. Il désire que son Père soit notre Père. Dieu le Père en posant son regard de tendresse et d’amour sur nous vient restaurer tout ce qui a été blessé dans notre filiation. En nous donnant un Père dans les Cieux, Jésus vient balayer toute peur.

Le Père a trouvé bon de nous donner le Royaume

Etre en possession du Royaume, n’est pas dû à notre propre mérite ni conqui grâce à nos propres forces. Etre en possession du Royaume est une décision même du Père. Le Père a décidé de sa propre autorité de nous le donner. Cependant si le Père a décidé de nous donner le Royaume, il dépend de nous d’accueillir ce don ou de le laisser passer.

Dieu ne veut rien faire sans nous. Il demande et attend notre participation. Cette relation qu’il désire établir avec nous est une relation de filiation, une relation d’amour. En nous demandant d’entrer en relation avec lui, le Père désire nous voir exister. Sa joie est que l’on existe sous son regard dans l’amour.

Accueillir le Royaume de Dieu n’est donc pas automatique. C’est le fruit de l’amour de Dieu à notre égard mais aussi, comme en retour le désir, de notre part, d’une plus grande configuration à Jésus

Christian Vivien sj