1er dimanche de l’Avent – année A –

Homélie: 1° Dimanche de l’Avent – année C – 1er décembre 2019

Lectures :    Is 2,1-5     Ps 121      Rm 13, 11-14a     Mt 24, 37-44

                    Les trois textes prennent soin de nous dire que le temps de l’Avent n’est pas une fête réservée aux chrétiens qui vont à la messe, mais un temps ouvert à tous les hommes (les commerçants l’entendent bien ainsi…) : le temps avec Noé permet une nouvelle alliance avec toute l’humanité, avec l’exigence de ne pas verser le sang comme Caïn qui tue Abel son frère.  Paul montre bien que le salut urge aujourd’hui le rejet des œuvres de ténèbres avec une belle série valable pour tous : orgie, beuverie, luxure, débauche, rivalité, jalousie…C’est tous ensemble qu’il faut revêtir le Christ comme un vêtement de baptême…Matthieu prend soin de nous parler des maris et des femmes, des hommes aux champs et des femmes au moulin (c’est une image vieille comme l’humanité )qui sont en plein travail. Il ne faut pas changer d’activité puisqu’elles nous font vivre, mais il faut les vivre autrement : comment comprendre « l’un est pris, l’autre laissé » ?

                    Si nous oublions que l’homme est créé pour louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur, que notre fondement et notre fin c’est d’aimer et d’être aimé, nous pouvons nous laisser détourner de notre fin par les moyens que nous prenons : le travail, c’est un moyen pour être partenaire avec Dieu de la construction du monde; la famille et la vie conjugale ou religieuse, ce sont des moyens pour construire une terre humaine et féconde ; l’argent ou la consommation ce sont des moyens pour vivre, mais ils peuvent nous être présentés comme des fins qu’il faut absolument suivre comme des dieux… Dans notre climat la surconsommation du « black friday » nous sommes poussés à n’être que des consommateurs, à laisser de côté la fin pour laquelle nous sommes créés : aimer Dieu et être aimé…Voila bien ce qui va faire la différence et ce sur quoi il faut veiller : celui qui sera laissé au moment de la venue du Fils de l’Homme, ou au moment de la mort, c’est celui qui aura pris les moyens pour la fin, c’est celui qui met sa sécurité dans les choses, dans son pouvoir, dans sa carrière, dans son assurance-vie, dans sa retraite alors que ce ne sont que des moyens pour rencontrer des hommes et des femmes en vérité et liberté… Au cœur de nos activités d’homme et de femmes, c’est bien nos façons de grandir ensemble dans la confiance qui importent, de former des lieux de fraternité et de responsabilité qui donnent sens à ce que nous faisons et espérons…

                    Notre marche vers Noël peut devenir simple : laissons tomber nos angoisses de paraître, d’avoir et de pouvoir… Nous serons plus légers. Tournons les yeux vers le Seigneur qui vient nous apprendre à aimer en vérité, en liberté, en tendresse…

Claude Charvet sj