20ème dimanche du temps ordinaire

Homélie du 20ème dimanche du temps ordinaire – année B – 19 août 2018

Lectures : Pr 9,1-6     Ps 33     Ep 5,15-202     Jn 6,51-58

                    Nous poursuivons la lecture de l’évangile de Jean au chapitre 6, commencée il y a déjà trois dimanches. Après avoir commencé par lire le récit de la multiplication des pains nous poursuivions depuis par le discours du pain de vie dans la synagogue de Capharnaüm. Jésus avait d’abord affirmé qu’il était le pain de vie puis il avait précisé qu’il était le pain de vie descendu du ciel donné pour la vie du monde. Aujourd’hui il fait un pas de plus. Il affirme que celui qui mange de ce pain vivra éternellement.

  • Jésus est le pain de vie descendu du ciel

                  C’est donc vers Jésus que nous sommes invités à tourner notre regard depuis le moment où Dieu dans sa miséricorde décida de venir en notre monde pour le sauver de la mort et du péché. Pour décrire ce mouvement de l’incarnation j’aime bien la méditation de St Ignace sur l’« Incarnation » où il nous montre au ciel, la Trinité qui contemple la terre et qui discute afin de voir comment sauver l’humanité qui va vers sa perte. Dans ce débat entre le Père, Jésus et le Saint Esprit voici que Jésus se propose pour venir sauver l’humanité, reprenant ainsi l’épitre aux hébreux : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation ; mais tu m’as façonné un corps … pour faire ô Dieu ta volonté ». (Hébreux.10,5-6)

             C’est donc toute la vie du Christ que nous sommes invités à contempler. St Luc aime nous montrer l’annonciation à la Vierge Marie par l’ange Gabriel, puis la visitation de Marie à sa cousine Elisabeth et enfin la révélation des anges aux bergers de Bethléem et la naissance de l’enfant Jésus dans une étable. Dès les premiers instants où Jésus est venu en notre monde, même si on ne voit pas de nos yeux la transformation qui s’est opérée, un monde nouveau est déjà là. Jésus, nous allons le voir grandir de manière cachée dans un premier temps, puis de manière visible durant toute sa vie publique. Enfin, sa vie sur terre va se terminer en un dernier combat par la passion, la mort sur la croix. Alors qu’il semble anéanti voici qu’il sort victorieux de la mort et du péché. Venant près de Dieu, il retourne vers Dieu. Sur lui la mort n’a eu aucun pouvoir et n’a pu l’engloutir. Il est mort et ressuscité et il nous entraine à sa suite. Jésus est ce pain vivant descendu du ciel.

  • Jésus se donne à nous

                 Les juifs murmuraient entre eux, se querellaient entre eux car ils cherchaient à savoir comment Jésus pouvait-il donner sa chair à manger. Les juifs ne se trompent pas. Ils ne pensent pas que Jésus soit anthropophage. Ils n’ont point imaginé une telle proposition de sa part.

                  Pour nous donner la vie Jésus va s’engager personnellement. Il va non seulement nous enseigner par sa parole, mais il va aussi marcher sur nos routes, partager l’histoire des hommes et mourir sur une croix par amour pour nous. Le moteur de sa vie a été l’amour et il nous invite à l’aimer et à nous aimer les uns les autres.

                    Façonné par l’amour, le Christ nous invite à l’écouter et à marcher à sa suite. Dans la première lecture du livre des proverbes, la Sagesse nous invite à manger de son pain et à boire de son vin. A sa suite, par sa parole le Christ nous enseigne. Cet enseignement nous transforme. Mais Jésus désire plus que nous éduquer, il veut également nous guérir de tout ce qui a besoin de l’être en nous, il veut nous libérer et nous arracher à la mort.

                    En marchant à sa suite Jésus nous invite à être entièrement configurés à lui. Par son enseignement, par le don du Saint Esprit, par notre marche à sa suite, le Christ veut nous transformer.

  • Celui qui me suit vivra éternellement

                    Jésus veut nous donner la vie, non seulement la vie sur cette terre mais également la vie éternelle. Il veut nous entrainer sur un chemin de vie qui ne s’arrête pas sur cette terre. Il vient nous sauver de tout ce qui est mort en nous. Il vient nous faire partager sa vie éternelle.

                   Sans Jésus, nous n’avons point accès à cette vie éternelle. Il nous manque cette dimension. L’invisible nous est caché. C’est un don de Dieu. C’est Jésus qui nous sauve. Il nous sauve par tout ce qui a été sa vie depuis l’annonciation jusqu’à la mort sur la croix et il nous entraine avec lui dans la gloire de sa résurrection. Il est le pain donné pour la vie du monde.

              St Jean qui écrit cet évangile à la fin de sa vie a réfléchi sur la pratique de l’eucharistie vécue en communauté. Par là il aide la première communauté chrétienne, et à travers elle, nous aide à réfléchir sur le don qui nous est fait dans chaque eucharistie. Cette eucharistie vécue et partagée, a été source de réflexion. C’est par le don de toute sa vie que le Christ nous sauve : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour ».

Christian Vivien sj