23 ème dimanche du temps ordinaire

Homélie: Dimanche 23 ème dimanche du temps ordinaire- année C – 8 septembre 2019

Lectures : Sg 9,13-18    Ps 89   Phm 9b-10,12-17   Lc 14, 25-33

Un discernement : vivre dans la confiance avec le Christ

La scène : Imaginons la scène : Jésus monte à Jérusalem ; derrière lui, des foules ; des gens curieux parce que tout le monde parle de lui ; les gens sont aussi intéressés : Jésus guérit les malades, distribue le pain gratuitement, maîtrise même les éléments…

Ne faisons-nous pas partie de ces foules en quête de bonheur, de soutien, de réconfort dans la souffrance, dans la peine ? Et Jésus est là ; comme les foules de son temps, nous marchons derrière lui, pleins d’espérance…

Questions : Et puis, Jésus se retourne ; il regarde cette foule immense…

Il nous connaît aussi, chacun, chacune ; il sait de quoi nous avons besoin, il comprend notre attente ; et il nous dit : « Si quelqu’un vient à moi... »

Et nous, voulons-nous le suivre ? Allons-nous mettre toute notre confiance en lui ? Que signifie cette « préférence » dont parle notre texte ? Regardons ce que ce que cela signifie.

Nos histoires humaines sont constituées de temps heureux, comme nous pourrions en raconter après ce temps de vacances ; mais, elles comportent aussi leurs souffrances : conflits, échecs, maladies…

Quelquefois, c’est l’histoire qui nous rattrape : nous sortons alors du rêve de manière parfois brutale…

Les personnes d’un certain âge le savent bien : au fil du temps, nous perdons une à une les réalités qui fondaient notre vie : nos forces, notre santé, la perfection de nos facultés, notre conjoint, nos enfants qui vont vivre ailleurs ; et c’est totalement dépouillés que nous parviendrons au terme dans cette grande rencontre avec le Christ ressuscité.

Discernement : que désirons-nous vraiment ?

Alors, pesons d’abord les paroles du Seigneur : ne perdons pas de vue que Jésus est en marche vers Jérusalem où il va lui-même tout perdre, y compris sa propre vie ; il n’a pas choisi de lui-même de passer par là, mais, il va l’assumer souverainement !

Cependant, Jésus ne marche pas à notre place : c’est nous qui marchons à sa suite et qui portons ce que nous pourrions appeler « notre croix »… Il nous laisse toute la responsabilité du choix et de la manière de la porter.

C’est pour cela qu’il nous invite à nous arrêter un moment et à réfléchir à ce que cela signifie dans nos vies ; ce qu’on appelle un « discernement ».

Jésus donne une double image de ce discernement :

  • Première image : la tour à bâtir

C’est d’abord une « tour à bâtir » : lieu de vie, port d’attache, une tour, c’est aussi pour voir ce qui arrive ou ce qui nous arrive, et pour nous protéger…

Alors, quelles valeurs vais-je suivre ? Avec quelle(s) communauté(s) humaine(s) vais-je vivre ma vie ?

  • Deuxième image : la guerre

La seconde image est celle de la guerre : il faut « gagner la guerre » contre la haine et la violence… Avec Jésus, nous serons toujours vainqueurs, même lorsque nous sommes fragiles, faibles, petits, souffrants…

Alors, ai-je les forces pour vivre telle épreuve ? Où vais-je trouver ces forces ? Quelles sont mes réserves ? Quels moyens vais-je prendre et combien de temps vais-je me donner pour atteindre l’objectif ?

Au cours de cette eucharistie et tout au long de notre vie, tournons-nous vers Jésus, demandons-lui la lumière de l’Esprit-Saint pour calculer honnêtement la dépense, prendre notre croix et nous mettre en route, toujours, avec lui.

Luc Vandervaeren sj

 

Annexes pour aller plus loin.

  1. La souffrance ne vient pas de Dieu ; il ne la veut pas. Ce qu’il veut, c’est nous rejoindre dans tout ce que la vie nous donne à supporter. Ce sont les hommes qui dressent les croix. Dieu vient habiter le pire que nous avons à subir, pour nous en faire sortir. L’œuvre de Dieu, c’est la résurrection de cette vie qu’il nous a donnée et que nous avons perdue. C’est vers la vie que nous allons !
  2. Les disciples d’Emmaüs (Lc 24, 18-35) : voici des hommes qui désertent Jérusalem où tout se passe. Nous sommes souvent semblables à ces hommes-là, pleins d’illusions au sujet de ce que le Christ est venu accomplir. Or, il les rejoint sur leur mauvaise route et leur rend la joie de la vérité.
  1. En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger ! » (Matthieu 11, 28-30)