26ème dimanche ordinaire

Homélie 26ème dimanche du temps ordinaire – année B – 30 septembre 2018

Lectures :  Nb11, 25-29     Ps 18     Jc 5,1-6     Mc 9, 38-43, 45, 47-48

L’Esprit souffle où il veut :

Chers frères et sœurs,

                    Hier, le 29 septembre, lors de notre synode diocésain de Bordeaux, nous avons beaucoup entendu l’Esprit Saint. D’ailleurs tout au long de son homélie le cardinal a souligné le rôle et le travail de l’Esprit dans l’évangélisation.  Il y a une phrase qui m’a beaucoup marqué durant ce synode : « L’Esprit Saint est à l’œuvre dans le monde, dans la vie des femmes et des hommes, de tous âges, baptisés ou non, laïcs, personnes consacrées, ministres ordonnés ». L’Esprit de Dieu est à l’œuvre même chez les non baptisés, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas chrétiens, ceux qui ne font pas partie de l’église. C’est sur quoi j’aimerais attirer votre attention parce que dans la première lecture et dans l’Évangile, nous avons deux personnages importants Josué et  Jean, qui pensent que les dons de Dieu ou de l’Esprit sont réservés uniquement à eux.

                  Premièrement, dans le livre des Nombres, nous voyons que Dieu a choisi soixante-dix anciens pour le service de la parole, c’est-à-dire pour prophétiser. Mais il y a deux hommes, Eldad et Médad qui n’étaient pas présents dans la tente. Ils sont restés dans le camp. Quoiqu’il en soit, l’Esprit de Dieu est descendu sur eux aussi et ils ont commencé à prophétiser. Josué est dérangé et trouve cela tout à fait anormal.  Manifestement, il se montre jaloux du don de l’Esprit. Il crie : Moïse, mon maître, arrête-les. De même, dans l’Evangile, Jean, voit quelqu’un qui expulse les démons au nom de Jésus. Il dit à Jésus: ‘nous avons empêché cet homme car il n’est pas de ceux qui font partie de notre groupe’.

                    Les deux, Josué et Jean ont pensé que le don de l’Esprit ou le don du Christ est un privilège unique pour eux. Ils croyaient avoir le monopole de l’Esprit. Mais à leur surprise, à la fois Moïse et Jésus, ont la même réaction : ‘Ne sois pas jaloux et ne le empêche pas car celui qui n’est pas contre nous est pour nous’. Chers frères et sœurs le premier point à retenir de ces lectures c’est que l’Esprit souffle où il veut. Il est omniprésent et omnipotent. L’œuvre de Dieu est au bénéfice de tous et toutes. Il n’est pas réservé à un groupe particulier. Il peut inspirer, appeler et utiliser n’importe qui, homme, femme, adulte ou enfant, prêtre ou laïc, voire des gens d’autres religions et cultures, pour son œuvre.

                    Dans nos églises, il existe plusieurs spiritualités, plusieurs confessions, plusieurs mouvements. Tout le monde travaille pour la mission de Jésus. Tout le monde s’engage dans des œuvres caritatives. Mais parfois nous voyons qu’il y a beaucoup de rivalités négatives et des sectarismes parmi nous parce que nous sommes comme Josué et Jean, nous pensons que nous sommes meilleurs que les autres. N’ayons pas de divisions, comparaisons et concurrences entre nous mais plutôt la coopération et collaboration. Dieu nous demande en ce moment de reconnaître et respecter la richesse et les dons des gens qui ne font pas partie de nos groupes.

Tout ce qui n’est pas donné est perdu :

                    Ensuite, un deuxième point important qu’on peut retenir c’est notre relation avec nos richesses. Saint Jacques attire notre attention sur les malheurs dans lesquels la richesse et l’injustice peuvent entraîner l’humanité.  De fait, la richesse ou l’argent ne sont pas du tout mauvais en soi. D’ailleurs, souvent dans l’Ancien Testament, Dieu a béni ses serviteurs fidèles avec des richesses, par exemple, Abraham, Jacob, Salomon etc. Il faut se rappeler que Jacques n’est pas contre tous les riches. Il est surtout contre ceux qui ne partagent pas leur richesse avec les autres, notamment avec les pauvres. Il est contre le mauvais usage ou le non-usage de la richesse.  L’argent qui n’est pas partagé sera pourri et perdu. Ça ne sert à rien. D’ailleurs, cela me rappelle l’adage du père Ceyrac, un père jésuite qui a passé sa vie en Inde,  ‘Tout ce qui n’est pas donné est perdu’. En fait, la richesse nous donne des responsabilités envers les autres. C’est en partageant notre richesse avec ceux qui en ont besoin que nous trouvons une vraie joie. C’est pourquoi nous citons souvent les versets bibliques tels que : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir (Ac 20, 35). Dieu aime celui qui aime avec joie (2 Co 9, 7). Cher frères et sœurs, soyons généreux et donnons avec joie.

Ne soyons pas un scandale aux plus petits :

                    Enfin, l’évangile d’aujourd’hui souligne combien il est important de bien se comporter surtout avec les plus petits, les enfants, les plus faibles dans notre société. Jésus, qui est doux et gentil, semble vraiment dur en ce qui concerne le scandale des petits. Il dit que « si quelqu’un est un scandale, une occasion de chute pour un seul de ces petits qui croient en lui, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer ». De fait, pécher est déjà mauvais. Mais entrainer quelqu’un dans le péché est encore pire. La punition sera grave. Cela me fait penser à une petite histoire d’O Henri, un écrivant anglais. Une petite fille perd sa maman. Depuis son enfance, elle voulait vraiment jouer avec son père. Mais son père n’avait jamais eu du temps pour sa petite fille. Il passait tout son temps en fumant chaque soir. Cette petite fille se sentait vraiment seule. Lentement, elle allait dans les rues et se donnait à toutes sortes de mauvaises activités. A l’heure de sa mort, Pierre dit à Dieu que cette petite fille n’est pas digne du paradis, elle est vraiment mauvaise. Mais Dieu dit à Pierre, « Cherche plutôt celui qui n’a jamais eu le temps pour jouer avec elle, et envoie-le en enfer ». Dieu n’est pas dur avec le pécheur. Mais il est vraiment dur avec celui ou celle qui fait tomber les autres. Il ne voit pas l’endroit où nous sommes tombés mais il cherche ceux qui nous ont fait glisser dans cet endroit. Chers frères et sœurs, rappelons que chacun d’entre nous a une grande responsabilité de protéger et faire marcher les plus petits, les enfants sur le chemin de Dieu.

Ashok BODHANA sj