26ème dimanche

Homélie du 26ème dimanche du temps ordinaire –  Année A  –  1er octobre 2017

Lectures : Ez 18,25-28  Ps 24  Ph 2, 1-11  Mt 21, 28-32

« Un homme avait deux fils » à qui il demande d’aller travailler à sa vigne. Ces deux fils ont des réactions très différentes qui nous interpellent. Dans cette parabole Jésus s’adresse aux grands prêtres et aux anciens du peuple, c’est-à-dire aux responsables juifs. Par leur fonction ils ont autorité sur le peuple et sont chargés de l’enseigner. On va essayer de voir comment Jésus s’y prend pour les faire évoluer.

  • Regardons tout d’abord la parabole

Un père possède une vigne et il demande successivement à ses fils d’aller travailler à sa vigne. Cette demande d’aller travailler à la vigne est riche en signification. Spontanément nous pensons à notre région où la vigne tient une grande place. Au niveau biblique la vigne est un thème très riche qui parcourt toute la Bible. La vigne du Seigneur c’est la maison d’Israël. Aller travailler à la vigne du Seigneur, c’est nous mettre au service de Dieu et des autres. Ainsi le père demande à ses fils de se mettre au service de sa vigne. N’est-ce pas pour cela que nous sommes rassemblés à l’occasion de la messe de rentrée.

Il y n’y a encore pas si longtemps, aller travailler à la vigne du Seigneur n’était réservé qu’à quelques-uns. Il y avait ceux qui étaient engagés dans l’église et il y avait les autres. Par exemple il y avait ceux qui étaient consacrés au Seigneur pour une mission et ceux qui ne l’étaient pas. Il y avait les clercs et les laïcs. Deux catégories de chrétiens nous étaient présentées correspondant à deux types d’engagement. Le pape François, depuis son élection ne fait que nous répéter qu’il ne veut plus de cette dichotomie. Il ne veut plus des personnes qui soient disciples et d’autres qui soient missionnaires. Il ne veut que des disciples-missionnaires. Si Dieu est un père pour nous, tous ses fils doivent travailler à sa vigne.

Ces deux fils ont chacun des réactions très différentes. Le premier dit : « je ne veux pas y aller » puis il y va. Le second dit : « J’y vais » mais il n’y va pas. Deux réactions caricaturales où l’on se reconnait très bien. «  Lequel des deux a fait la volonté du père ? » demande Jésus. Celui qui a été travailler à la vigne répondent les responsables juifs.

  • Regardons le premier fils

Il refuse dans un premier temps d’obéir à son père lorsqu’il lui demande d’aller travailler à sa vigne. Il dit « non, je ne veux pas ». Ce ne peut être qu’un mauvais fils doivent penser les responsables juifs. Ce premier fils ressemble à tous ces pécheurs, qui apparemment, vivent loin de Dieu. Surprise ce fils désobéissant se ravise et il va travailler à la vigne ; Dieu se réjouit de voir sa conduite qui change. Il se réjouit, lorsque notre conscience nous rappelle à l’ordre et nous invite à nous séparer de nos penchants mauvais pour revenir vers le Seigneur.

Ce jeune fils est représenté par tous ces pécheurs que Jésus a rencontrés sur sa route. Je pense en particulier à Marie Madeleine, la pécheresse qui, après sa conversion suivit Jésus dans ses déplacements et qui fut la première à annoncer sa résurrection. Je pense aussi à Zachée le chef des collecteurs d’impôts mais aussi au « bon larron » qui alors qu’il était cloué sur la croix reconnait Jésus comme son Seigneur et son sauveur. Ces exemples nous montrent qu’il n’y a aucun égarement qui nous empêche de nous tourner vers Jésus et d’être son témoin.

  • Tournons-nous vers le deuxième fils

Sa réponse est claire, irréprochable. « Oui, je vais travailler à la vigne ». Surprise, il ne met pas en application ce que le Père lui demande. Dans cette parabole Jésus signifie aux responsables du peuple qu’ils agissent de cette sorte. Le cœur de Jésus se retourne, son interpellation est violente. Il ne peut se résoudre de les voir aller à leur perte. Il veut les réveiller pour que leur vie soit en accord avec ce que demande le Seigneur.

Dans l’évangile Jésus ne craint pas de se trouver en bute avec les responsables grands prêtres et les anciens du peuple. Alors qu’ils sont sûrs de leur bon droit et se considèrent comme des gens parfaits, détenteurs de la vraie sagesse, méprisant les autres, Jésus ose les affronter pour les mettre dans la vérité. Il a le souci d’eux et désire qu’eux aussi se convertissent.

En les affrontant Jésus sait qu’il risque gros. Il sait qu’il se heurte à leur orgueil et leur suffisance et que cela le conduira à sa passion mais il n’hésite pas à les affronter. Il les secoue pour essayer de les faire réfléchir. Ils sont les fils de la promesse, les héritiers de l’alliance. Eux aussi sont invités à aller travailler à la vigne du Père.

La vigne à travailler c’est le monde actuel. Le Seigneur nous invite tous à aller travailler à sa vigne car il ne peut se résoudre de voir ses enfants aller à leur perte. Sa promesse est pour tous. Il compte sur nous. Demandons au Seigneur avec la force de l’Esprit Saint d’être les collaborateurs de Dieu, chacun selon la grâce qui nous est donné.

Christian Vivien sj