28ème dimanche

Homélie du 28ème dimanche du temps ordinaire –  Année A  –  15 octobre 2017

Lectures :Is 25,6-9  Ps 22  Ph 4,12-14.19-20  Mt 22,1-14

                     Après la parabole des vignerons homicides dimanche dernier, une autre parabole nous est proposée, celle d’un Banquet ouvert à tous, où Dieu, comparé à un Roi qui célèbre le mariage de son fils invite tout le monde à sa table. Il n’invite pas à un repas ordinaire, mais à un banquet car Dieu est généreux. Dans l’Ancien Testament Dieu se présente comme celui qui établit une alliance avec Israël, son peuple. Ce banquet de noces symbolise cette alliance, basée sur l’amour, un amour infini, et scellée dans le Nouveau Testament à travers la personne de Jésus. De cette manifestation d’amour Dieu attend une réciprocité de la part du peuple « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur ».

                     Selon la parabole, l’invitation du Roi au banquet est refusée, non pas une seule fois mais plusieurs fois. Les invités n’y accordent aucune attention. Ils ont peut être des choses plus importantes à faire, des urgences à gérer. En réponse à la gratuité de l’invitation, à l’insistance du Roi, ses émissaires sont maltraités voire tués. C’est ainsi que Jésus dans cette parabole résume le drame d’Israël : invité à une relation d’amour éternel, le peuple élu par Dieu répond par l’indifférence et le meurtre. Aujourd’hui encore, Dieu continue à nous inviter à la table de son Fils. Quelle est notre réponse ?

                     Dieu nous invite à son banquet de multiples manières, et pas seulement à travers les enseignements de son Église ou les prédications des prêtres. Il nous invite à nous inspirer des exemples vertueux et des convictions de foi de tant d’hommes et de femmes chrétiens qui aspirent à la sainteté. Il nous invite à tourner notre regard vers lui.

                     Mais Dieu souffre aussi de rejets : dans le cœur de celui qui, se donnant à un athéisme militant et violent, le destine à la décharge publique. Ou encore dans le cœur de celui qui réduit la religion à une simple formalité, routinière, qui va à la messe tous les dimanches, fait des actes de charité et pense que cela suffit pour être compté parmi les élus, en définitive à celui qui a d’autres priorités, excepté Dieu.

                     Beaucoup de personnes, et peut-être que nous sommes du nombre, pensent que le bonheur peut se trouver ailleurs qu’au banquet que Dieu nous prépare. Ils pensent qu’en donnant un minimum de leur temps à Dieu, ils vont avoir un maximum de temps pour eux-mêmes. Mais qui est le maître des temps et de l’histoire ? Saint Augustin a écrit : « Tu nous a fait pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ».

                     La parabole du banquet est, de la part de Jésus, une satire contre les leaders de Jérusalem, ces autorités, qui veulent le mettre à l’épreuve, et qui se retrouvent pris dans le cercle vicieux de leurs contradictions. Dans le nouvel état de chose que l’imminence du Royaume inaugure, ils doivent se tenir prêts et répondre car « beaucoup sont invités, mais peu sont choisis ». Dans la parabole, ce Roi ne choisit pas, il ne fait qu’inviter. La première invitation était adressée à Israël, les prophètes étaient les émissaires qui furent maltraités et tués par le peuple de Dieu. La seconde invitation est destinée à l’Église qui rassemble des personnes de toutes conditions y compris celles des périphéries si chères au Pape François, pour les conduire vers le Père, mais tous ne vont pas accéder au banquet. Dieu invite tout le monde au banquet, cependant nous devons être prompts et diligents à y répondre et ne pas nous laisser enfermer dans les contre-performances du péché, nous devons revêtir les armes de la foi, à l’image de Sainte Thérèse dont nous faisons mémoire. Qu’elle intercède pour nous afin que nous nous rendions dignes de participer au festin du Royaume !

Patrice Batantou sj