2ème dimanche de l’Avent

Homélie: éème dimanche de l’Avent – année C – 9 décembre 2018

Lectures :  Ba 5, 1-9     Ps 125      Ph 1,4-6.8-11      Lc 3,1-6

                    Quand nous jetons un coup d’œil sur tout ce qui se passe actuellement dans le pays, nous remarquons qu’il y a plus de tension que de calme, plus de mécontentement que le contentement, plus de blessures que de réconciliation, plus de violence que le dialogue et la communication non-violente, plus de peur que le réconfort, plus de haine que la charité, plus de désespoir que d’espoir. Cette façon de décrire peut sembler pessimiste. Mais étant donné la situation actuelle, nous pouvons admettre dans une certaine mesure, que tel est notre état. Rappelez-vous que dans la première lecture, tirée du livre de Baruch, les Israélites étaient aussi dans un tel état. Ils étaient en captivité à Babylone. Ils se sont sentis écrasés, brisés, opprimés, privés d’espérance, de croissance et d’épanouissement dans leur vie.

Consolation

                    A ce stade, les paroles de Baruch sont consolantes et encourageantes pour les juifs exilés et aussi pour tous ceux qui sont dans le découragement et le désespoir. Baruch s’adresse à Jérusalem, la ville en ruine. Elle est personnifiée, comme un être vivant, une femme. Baruch emploie l’image et le vocabulaire des vêtements. ‘Jérusalem,  quitte ta robe de tristesses et de misères, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur la tête le diadème de la gloire de l’Eternel’ (Ba 5, 1). De manière générale, les vêtements montrent l’ambiance d’une assemblée parce que l’habit révèle l’être intérieur. Nous avons les vêtements du deuil et de la fête. Comme nous habillons notre corps, de même nous devons habiller notre âme. C’est pourquoi bien souvent nous avons l’image du vêtement dans la Bible. Par exemple,  « Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu, revêtez donc des sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience (Col 3, 12) ».

                    Chers frères et sœurs, l’Avent est un temps pour enlever les vêtements de tristesses et de misères. De façon symbolique, le vêtement représente aussi notre passé douloureux, rempli de blessures, notre état de captivité et de culpabilité. Bien souvent, c’est nous qui sommes accrochés à nos vêtements de tristesse, c’est-à-dire, notre passé. C’est nous qui donnons plus de pouvoir à notre passé pour nous écraser avec la culpabilité et nous rendre davantage tristes. Débarrassons-nous de tout vêtement qui nous enveloppe en misère. Revêtissons-nous de la gloire de Dieu. N’ayons pas peur de nous laisser transformer et consoler par Dieu. Ensuite, Baruch dit, « Debout, Jérusalem ! Tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’orient (Ba 5, 5)». Par ces paroles il regonfle l’énergie du peuple. Se tenir debout veut dire devenir solide, avoir le courage et la confiance. Avant tout, quand nous nous tenons debout nous arrivons à voir plus loin. Nous sommes comme des soldats qui sont prêts à faire face à n’importe quel défi. Inspirons nous de ces paroles de Baruch et remplissons nos cœurs avec ses paroles de consolation et de confiance.

Conversion

                    Après avoir consolé le peuple, il y a un fort appel à la conversion des cœurs. A la fois, Baruch et Jean-Baptiste, mettent en relief la conversion des cœurs en disant, « Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu (Ba 5, 7) (Lc 3, 5) ». L’Avent est un temps de conversion. Mais en quoi consiste une vraie conversion ou bien une vraie repentance ?

                    Avant de répondre à cette question, rappelons-nous que le mot « conversion » parfois nous fait peur parce que la conversion semble très difficile. On entend dire : j’ai essayé de me convertir, de changer ma vie à plusieurs reprises  mais chaque fois je tombe dans le même travers. Ceci étant, il faut aussi admettre humblement que certains ne veulent pas, ne désirent pas se convertir parce que la conversion coûte cher. Elle exige un grand sacrifice de notre part.  Tout ce que nous voulons dans notre vie ce n’est pas le changement radical, la conversion totale mais le soulagement. Un sentiment de bien-être. Pour cela nous allons de temps en temps à la confession.

                    Conversion en grec signifie changer de direction. Pour se convertir, il faut d’abord se tourner vers Dieu. Aussi, il faut se rappeler d’abord et avant tout que la conversion est une œuvre de la grâce de Dieu. Une vraie conversion commence par la rupture d’avec tout ce qui n’est pas de Dieu. Quand Jean-Baptiste dit, « préparez le chemin du Seigneur », il indique que cette préparation est liée à la purification de nos cœurs. Quand il dit, « Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées …. », ce n’est pas le paysage géographique, extérieur qu’il faut changer. Mais plutôt, le paysage intérieur de notre cœur qui doit être transformé. Il faut laisser Dieu abaisser toutes les montagnes et les collines de notre orgueil et de notre indifférence, il faut laisser Dieu combler le ravin de nos manques d’amour, il faut laisser Dieu rendre droit les chemins tortueux de nos vices et de nos mensonges.

                    Chers frères et sœurs, pendant ce temps de l’Avent, demandons au Seigneur que nous soyons consolés et que nous nous convertissions pour l’accueillir dans nos cœurs. Amen.

Ashok BODHANA sj