33ème dimanche du temps ordinaire

Homélie 33ème dimanche du temps ordinaire – année B – 18 novembre 2018

Lectures :  Dn 12,1-3      Ps 15      He 910,11-14.18       Mc 13,24-32

                    Le langage apocalyptique s’est beaucoup développé entre 150 avant Jésus et 100 après Jésus, comme la science fiction dans les romans  de la fin du XX° siècle, les films  comme Starwars,  Terminator. Le langage apocalyptique développe les images, les symboles, surtout à la fin des temps, du combat ultime entre Dieu et les armées de Satan…L’aboutissement de cet affrontement est la victoire finale de Dieu et la venue définitive de son Règne sur terre.

Dans l’évangile du jour, les images sont fortes.

                    Le soleil rythme la succession des années, la lune celle des mois. S’ils ne brillent plus, le temps cesse de s’écouler. Les étoiles marquent la distance entre le ciel et la terre : si elles tombent la distance est effacée. Autrement dit,  l’histoire humaine disparait si les marques du temps et de l’espace n’existent plus. Mais deux éléments subsistent alors  et sont à contempler : le Fils de l’homme vient sur les nuées du ciel comme un terme de l’histoire, il est vainqueur du mal et guérit totalement. Il envoie en plus ses anges pour rassembler des quatre coins de l’univers tous ceux qui sont ouverts à la venue du Fils de l’homme, à jamais vainqueur de la violence et de la destruction… Voilà une bonne nouvelle ! une espérance immense que Marc déploie : Nous n’avons plus à avoir peur, même si les images apocalyptiques deviennent les images quotidiennes de notre monde avec sa pollution qui plonge des villes dans la nuit, ses incendies qui brûlent des forêts et des villes, ses guerres qui détruisent tout et surtout des civils et des pauvres…Rien de tout cela ne peut nous séparer de l’amour que Dieu nous montre en envoyant son Fils mourir d’amour sur la croix. Chaque homme en le contemplant peut se sentir aimé et appelé à la vie.

La deuxième partie de l’évangile attire notre attention.

                    Plus question de catastrophes, de violence ou d’abomination… A la place, l’image d’un figuier dont les rameaux deviennent tendres, les feuilles poussent avec leurs couleurs douces et annoncent l’été. On revient vers les paraboles de la germination lente, de la croissance que Dieu donne. La venue du Fils de l’homme est présente dans l’histoire des hommes dans les choses les plus simples de la vie : la beauté des couchers de soleil, le sourire d’un enfant confiant, le baiser des personnes qui s’aiment, l’attention à tout ce qui grandit, la couleur des clémentines qui passent lentement du vert à l’oranger et indique quand il faudra les cueillir et les déguster ensemble…

Chacun de nous est bien appelé à porter un fruit délicieux,

                    A ouvrir sa vie à la confiance en l’autre, à poser des gestes d’accueil et d’hospitalité surtout en cette deuxième journée mondiale des pauvres  : il nous faut consentir à croire en cette parole qui ne passera pas…Le ciel et la terre passeront. L’amour jamais ne passera… Vous connaissez la chanson… »L’amour jamais ne passera, l’amour demeurera, l’amour, l’amour seul , la charité jamais ne passera… Car Dieu est amour »…Le dernier consentement à vivre sur terre est de s’en remettre totalement au Père pour ce qui est de la date : comme Jésus, nous pouvons croire qu’un grand amour nous attend….

Claude Charvet sj