3ème dimanche de carême – année A – 19 mars 2017

Homélie du 3ème dimanche de carême – année A – 19 mars 2017

                    Pour écouter l’Évangile  de la Samaritaine accueillie par Jésus au bord du puits de Jacob, nous avons ouvert le baptistère. En écoutant ce texte, et en regardant le baptistère nous pouvons penser à notre baptême. Cette année plus de 10 enfants du caté, du MEJ et de l’Eveil à la foi seront baptisés le jour de Pâques. Ce texte de l’Évangile est comme une préparation à cette démarche. Nous allons nous retrouver autour de Jésus, assis sur le bord du puits de Jacob. Il nous attend car il nous aime et il a une parole pour chacun de nous.

  • Reprenons l’Évangile

                    Il est midi, le point le plus chaud du jour, la Samaritaine est venue chercher de l’eau. Elle a été surprise de trouver un homme assis au bord du puits. Elle ne savait pas qui il était. A peine arrivée il lui fait une demande : « Donne-moi à boire ».

                    Elle est surprise, que Jésus, un Juif, lui demande à boire. Les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains. En effet, après Salomon, le royaume avait été divisé entre les tribus du nord et le royaume de Juda. De crainte que les tribus du nord se rattachent à celle de Juda, en montant à Jérusalem, leur roi a eu l’idée de créer un sanctuaire dans sa région pour empêcher ses sujets de monter à Jérusalem. Pour créer une division politique il créa un schisme religieux. Plus tard, en 721 avant Jésus, les Juifs de Samarie furent déportés à Babylone et une population étrangère vint prendre leur place. Même si les Samaritains ont adopté la loi de Moïse, ils sont considérés par les Juifs comme des hérétiques, des gens que l’on ne doit pas fréquenter. Cependant Jésus ne craint pas de traverser la Samarie.

                    Il est là, assis sur la margelle d’un puits. Ce puits n’est pas n’importe quel puits. C’est le puits de Jacob. Jacob c’est le père des 12 patriarches. Cela nous enracine dans la grande histoire juive. Jésus fait bien partie de tout ce peuple juif. On ne peut pas connaître Jésus sans connaitre l’Ancien Testament.

                    Le puits est un lieu magique car on peut y boire, s’y rafraichir. C’est un lieu où l’on peut amener les animaux pour boire. C’est un lieu où l’on est obligé de venir si on ne veut pas mourir de soif. Près d’un puits on aime bien s’arrêter. Le puits est un lieu fascinant, il est signe de vie. Près d’un puits beaucoup de rencontres se sont faites, de nombreux mariages se sont noués, des alliances se sont conclues.

  • Jésus veut faire alliance avec nous

                    Quand on fait un contrat il faut deux partenaires.  Il faut que chacun reçoive quelque chose et donne quelque chose. A la Samaritaine Jésus adresse une demande : donne-moi à boire ». De son côté, il lui promet de lui donner de l’eau vive. La Samaritaine croit qu’il s’agit de l’eau à boire. Le dialogue s’approfondit. Voici que  l’eau que Jésus lui promet deviendra en elle source jaillissant en vie éternelle. Même si la Samaritaine ne comprend pas, elle veut de cette eau afin de ne plus venir au puits pour chercher de l’eau.

                    Jésus a soif d’autre chose, Il a soif d’amour.  Il a soif d’une vraie relation avec elle. Il veut la vie pour la Samaritaine mais aussi pour chacun d’entre nous. Il veut nous donner son amour. Il veut nous donner l’Esprit Saint. Le pape François nous dit que la joie de l’Évangile remplit le cœur de ceux qui se tournent vers Jésus. Ce matin, Jésus nous invite à renouveler la grâce de notre baptême. Il nous dit donne-moi ta misère et je te donne l’Esprit Saint.

                    Voici que tout bascule. Pour avancer dans le dialogue, Jésus pose une question de vérité : « Appelle ton mari ». Elle a dit qu’elle n’avait pas de mari.  La Samaritaine aurait pu s’esquiver, se mettre en colère, fuir. La Samaritaine n’était pas une sainte mais elle accueille la révélation de Jésus lorsqu’il lui dit qu’elle a eu 5 maris et que l’homme avec qui elle vit n’est pas son mari. La Samaritaine accepte d’être en vérité devant Jésus. En parlant avec Lui, sa vie s’est transformée. Il n’est point possible d’être en vérité, dans une grande humilité avec Jésus sans que la parole de Jésus vous transforme intérieurement. Cherchant la vérité, étant renouvelée intérieurement, elle pose à Jésus la question fondamentale afin de creuser sa relation avec Dieu : « Où doit-on adorer ? A Jérusalem ou sur cette montagne ? ». Jésus va lui annoncer que la véritable adoration sera en esprit et en vérité.

  • Témoin d’une rencontre

                    Jésus veut avoir une véritable rencontre avec nous. La parole de Jésus nous transforme de l’intérieur. Jésus voit que cette femme parle vrai. Comme elle parle vrai, Jésus lui fait une réponse vraie. Comme elle lui ouvre son cœur il lui ouvre le sien.

                    Dans le baptême, nous sommes unis au Christ.  Nous sommes invités à faire l’expérience que Jésus est vivant. Celui qui a rencontré Jésus dans sa vie n’est plus le même. De même que la rencontre vraie avec un ami nous transforme de l’intérieur, de même la rencontre faite avec Jésus  nous révèle les secrets de son cœur. Par le baptême Jésus veut nous donner l’eau vive. Il veut nous donner l’Esprit Saint. L’Esprit Saint nous transforme. Jésus nous apprend que Dieu est un Père pour nous. Ce n’est pas une théorie. C’est une expérience. Avoir rencontré Jésus et Dieu le Père dans notre vie nous transforme complètement.

                    Alors que les disciples étaient partis au village acheter de quoi manger voici qu’il lui révèle qu’il était le Messie. Jésus n’a rien dit à ses disciples mais il s’est révélé à elle, une étrangère. Elle devient la première personne à qui Jésus a dit qu’il était le Messie. De même Marie Madeleine,  une autre pécheresse, sera la première qui sera chargée d’annoncer sa résurrection. N’est-ce pas étonnant ?

                    La Samaritaine, à peine a-t-elle rencontré Jésus devient témoin. Elle court, rencontre les Samaritains pour leur dire : « venez-voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ». Ce passage d’Évangile fait dire au pape François qu’il n’est pas possible de prétexter son manque d’études pour ne pas annoncer Jésus, mais il souligne que celui qui l’avait rencontré dans sa vie pouvait témoigner de la rencontre qu’il avait faite.

                    Ce passage d’Évangile nous aide à comprendre que l’on ne se fait pas baptiser et que l’on ne s’approche pas de Jésus parce qu’on est saint mais parce qu’on veut le devenir. Jésus veut que l’on soit saint. Il est venu pour tous, même pour ceux qui ont une vie loin de Dieu.

Christian Vivien sj