3ème dimanche de l’Avent

Homélie: 3ème dimanche de l’Avent – année C – 16 décembre 2018

Lectures : So 3, 14-18a      Is 12      Ph 4, 4-7     Lc 3, 10-18

                    En lisant les lectures de ce dimanche, j’ai été tout de suite attiré par certains mots et expressions par exemple : « Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, Ne crains pas, Il aura en toi sa joie et son allégresse, Jubile, crie de joie, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie, Ne soyez inquiets de rien » etc. Ce sont toutes des expressions qui nous poussent à la joie. Il y a un grand accent sur ‘la joie’.

                    Ceci étant, de manière générale, souvent on se dit et on se demande comment puis-je être joyeux quand tout autour de moi et en moi ne va pas bien ? Quand je suis triste, déçu, découragé ou dans une crise difficile n’ai-je pas le droit d’être triste ? Est-ce que quelqu’un a le pouvoir de me pousser vers la joie, de m’efforcer d’être joyeux ? Est-ce que je peux rester dans la joie en toutes circonstances de ma vie ? Comment est-ce possible ? De fait, la joie profonde, authentique et durable en toute circonstance malgré les hauts et les bas de notre vie est belle et bien possible. C’est S. Paul qui nous le montre dans sa lettre aux Philippiens. Il a écrit cette lettre en prison. Bien qu’il soit dans la captivité et le danger, il appelle les chrétiens à être « toujours dans la joie du Seigneur ». D’ailleurs la lettre aux Philippiens est connue comme  « la lettre de la joie », grâce à son langage optimiste. Chers frères et sœurs, où que nous soyons, quoi que nous fassions, quel que soit l’épreuve que nous traversons nous pouvons toujours être en joie du Seigneur comme S. Paul.

                    La joie véritable n’est pas uniquement un sentiment, mais une attitude, celle du Christ

                    Souvent nous croyons que nous serons joyeux si un de nos besoins ou de nos désirs est comblés, si nous avons de l’argent, les richesses, la célébrité, le prestige, la santé, les plaisirs et les fêtes etc. De même, d’un autre côté, si nos épreuves, nos crises, nos tensions peuvent venir à disparaitre nous croyons que nous serons joyeux. Lorsque tout va dans notre sens, nous sommes heureux, sinon nous sommes malheureux. C’est là l’idée que nous nous faisons  de la joie. La vraie joie ne dépend pas des choses, des circonstances, des personnes. La vraie joie bien qu’elle soit un sentiment, une émotion, est d’abord et avant tout une attitude. On ne peut pas exiger une émotion de la part de quelqu’un. Autrement dit, personne ne peut nous obliger à nous sentir heureux si nous ne le sommes pas. Mais nous pouvons choisir d’être dans la joie en dépit des circonstances. C’est un choix. C’est une décision. La joie est quelque chose de notre caractère. Mais comment développer ce comportement, ce caractère et cette attitude ?

                    Comme l’évangile d’aujourd’hui le montre ce n’est possible qu’en se tournant vers le Christ. Jean Baptiste nous dit « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi … Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ». La joie, d’ailleurs, est l’un des fruits de l’Esprit Saint, c’est pourquoi S. Paul dit dans sa lettre aux Galates « Mais voici le fruit de l’Esprit: amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi (Gal 5, 22) ». La joie ne se fabrique pas. Elle ne vient pas de nos propres forces. On ne peut pas l’acheter avec de l’argent. C’est un fruit, c’est un don et une grâce de Dieu. La joie durable dépend de celui qui vit en nous, c’est-à-dire le Christ en nous. Elle s’enracine et émane de notre relation profonde et constante avec le Christ. Comme nous attendons l’arrivée du Christ durant ce temps de l’Avent, demandons la grâce qu’Il nous remplisse de cette joie profonde en naissant dans nos cœurs.

                       Deuxièmement, la joie n’est pas uniquement une attitude qui se développe grâce à notre relation avec le Christ. Cette attitude doit s’exprimer dans nos actions. Dans l’évangile d’aujourd’hui, trois types de gens s’approchent de Jean Baptiste, les foules, c’est-à-dire, les citoyens, les collecteurs d’impôt, c’est-à-dire, ceux qui représentent l’état et enfin les soldats, on peut dire par exemple les policiers, les gens d’armes comme de nos jours.  Tout le monde pose à Jean-Baptiste la même question. ‘Que devons-nous faire ?

Les réponses de Jean sont simples, concrètes et très personnalisées. D’abord, il met l’accent  sur le partage, « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! ». Les riches doivent partager avec les pauvres. Il faut partager nos seulement l’argent et les choses mais aussi notre temps. Beaucoup de monde éprouve une grande solitude, n’a personne à saluer et à qui parler. Pourquoi ne pas partager notre temps avec au moins une telle personne pendant cet Avent. De fait, il y a plus de joie quand nous rendons quelqu’un joyeux.  Ensuite Jean dit aux collecteurs d’impôt de ne pas être injustes envers les gens surtout envers les plus pauvres. Jean leur demande d’être justes et honnêtes. Il y a une vraie joie quand on se comporte de manière honnête et juste. Finalement, Jean dit aux soldats, de ne pas être violents et qu’ils n’abusent pas de leur force pour s’adonner à la violence. Autrement dit, les policiers ou les militaires ne sont là pas pour faire la guerre tout le temps mais pour faire la paix.

                       Enfin, Jean-Baptiste essaie de faire comprendre à tout le monde qu’une authentique joie nous arrive en nous tournant vers la personne du Christ, en partageant avec les pauvres et en faisant paix avec tout le monde. Prions pendant ce temps de l’Avent pour que la venue du Christ nous remplisse  d’une joie profonde et durable dans toutes les circonstances de notre vie.

Ashok BODHANA sj