4ème dimanche

Homélie du 4ème dimanche du temps ordinaire – Année B – 28 janvier 2018

Lectures :  Dt 18,15-20     Ps 94     1 Co 7,32-35     Mc 1,21-28

Quelles images ou illustrations utilisons-nous en rapport au mot « autorité » ? Celle d’un policier ? d’un juge ? d’un chef de parti politique ? d’un académicien ? d’un maître incontesté dans le domaine, culinaire, scientifique ou littéraire ? Ou peut-être pensons-nous à un chef d’entreprise, à un manager ? Et pourquoi pas à une mère de famille ou à un père de famille ? Le mot « autorité » suppose une prise de décision, une responsabilité, un rôle de meneur d’homme.

La lecture du fragment de l’Évangile de Jésus Christ selon Marc, ce matin, nous parle d’autorité. Et cela nous invite à nous poser les questions suivantes :

  • Qui est Jésus ?
  • D’où vient son autorité ?
  • De quoi s’agit-il au juste ?

a) Qui est Jésus ? et comment marque-t-il une rupture avec l’enseignement des scribes ?

La réponse que nous donnons après 2000 ans de christianisme nous paraît à première vue simple. Nous pouvons nous laisser éclairer par notre credo, par les recherches archéologiques et scripturaires, par nos dévotions, par les effets de la grâce du Christ ressuscité dans notre vie et peut-être aussi, parfois, par nos silences. Ne soyons donc pas étonnés de l’incrédulité, voire de l’ignorance des gens qui étaient dans la synagogue : sur l’identité de Jésus, ils connaissaient peu de choses. C’est à travers son enseignement qui faisait autorité que Jésus s’est peu à peu fait connaître, lorsqu’il commence son ministère public dans la région de Capharnaüm, près du lac de Génésareth. Marc, qui ne donne pas le contenu de cet enseignement, commence son Évangile en posant d’emblée les fondements relatifs à l’identité de Jésus : en effet nous lisons en son chapitre premier verset 1 à 2 « Commencement de l’Évangile (bonne nouvelle) de Jésus Christ Fils de Dieu ». Tout l’Évangile de Marc va être imprégné de cette quête identitaire sur Jésus. Alors que les scribes se vautraient dans une interprétation légaliste de la loi et des écritures, Jésus se manifeste et est considéré comme un thaumaturge qui a autorité sur le malin : il le maîtrise et lui ordonne de partir. C’est intéressant de constater que c’est l’esprit impur, le malin, qui, le premier, reconnaît Jésus : « je sais qui tu es, tu es : le saint de Dieu ».

b) D’où vient l’autorité de Jésus ?

De Dieu, bien sûr, les Évangiles à maintes occasions l’attestent : Jésus à autorité sur :

*La Nature, (Jésus  calme la tempête sur le lac de Tibériade, Jésus marche sur les eaux, Jésus nourrit 5000 personnes)

*Sur la maladie : Jésus guérit

*Sur le péché : « Tes péchés sont pardonnés »

* Sur les esprits impurs et les cas de possession

* Et en définitive Jésus a pouvoir sur la mort.

En un mot tous les miracles de Jésus qui annoncent la venue du Royaume, et la défaite du malin montrent que son autorité vient du Père.

c) Qu’est ce que cela signifie ?

Ce passage d’Évangile nous introduit dans un domaine que notre imaginaire a tendance à ignorer ou à récuser, mais qui hante notre inconscient. Le foisonnement dans l’industrie cinématographique de films effrayants dont le plus connu semble être « l’exorciste » soutient notre assertion. Jésus au cours de son ministère a été confronté aux manifestations du malin, Cependant le rationalisme et le cartésianisme de notre époque dénie l’existence du malin et évacue la question sous le couvert des maladies psychologiques ou des maladies mentales, mais tout n’est pas que cela. L’église reconnaît l’existence du mal dans le monde.

Notre réponse chrétienne face à cet état de fait repose sur notre « être avec le Christ », lui qui a autorité sur le péché, la maladie, le malin, aujourd’hui, comme jadis en Palestine. Les chrétiens qui espèrent en Jésus, qui vivent de sa parole et la mettent en pratique ne doivent pas se laisser anesthésier par les ruses du malin. Car l’enseignement de cet Évangile insiste sur la connaissance intérieure de Jésus, sur la puissance de sa parole, sur l’autorité de son enseignement et non sur l’esprit impur. Il nous invite à un discernement sélectif pour « débusquer » les fausses « autorités » de notre monde qui peuvent avoir des liens avec le malin, dans les domaines du pouvoir, de l’avoir, du savoir, et de la communication.

Souvenons-nous que pendant le rite du baptême nous avons rejeté  le péché, ce qui conduit au mal et à Satan qui est l’auteur du péché .Amen !

Patrice Batantou, sj