6ème dimanche de Pâques

Homélie: Dimanche 6ème dimanche de Pâques- année C – 26 mai 2019

Lectures :  Ac 15,1-2.22-29    Ps66   Ap 21,10-14.22-23     Jn 14,23-29

 

                    A quelques jours de la fête de Pentecôte l’évangile d’aujourd’hui nous invite à demander que l’Esprit Saint soit envoyé en abondance sur l’Église et sur chacun d’entre nous comme il l’a été sur les apôtres et sur tout le groupe des disciples.

  • Le contexte

                    L’évangile d’aujourd’hui reprend les paroles que Jésus a dites le Jeudi Saint au soir. Jésus vient de quitter la salle où il a partagé son dernier repas avec ses disciples et leur a lavé les pieds. Judas est parti rejoindre ceux qui allaient arrêter Jésus. Il ne fait plus partie du groupe. Jésus est maintenant en route avec ses onze disciples pour le mont des Oliviers. Il se prépare à quitter physiquement ses disciples. Une communion profonde les unit mais l’ambiance est lourde. Tout en cheminant, Jésus leur livre ses dernières paroles. Elles ont valeur de Testament.

                    Ce soir là, Jésus invite ses disciples à rester en communion profonde avec lui et à l’aimer de tout leur cœur. On peut comprendre qu’en une telle situation Jésus ait besoin de l’amour, du soutien de ses disciples. En effet, lorsqu’on se trouve seul désemparé, la moindre marque d’affection, d’attention est d’un très grand prix. Ce n’est pas parce que Jésus est Dieu qu’il n’en est pas moins homme. Cependant Jésus ne pense pas à lui. Il pense surtout à ses disciples. Il veut les aider à traverser la crise qu’ils vont affronter.

                    Pour aider ses disciples à traverser la crise, il leur demande de l’aimer. Il leur dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous nous ferons une demeure». Il y a en effet une expérience très simple que les disciples doivent faire mais que nous aussi nous devons découvrir. Lorsque l’épreuve s’abat sur nous et même si elle est parfois très dure au point qu’il n’y a plus aucune raison d’espérer, il est bon de garder les yeux tournés vers Jésus.

                    Dans ce moment dramatique que Jésus s’apprête à vivre, il vient donner à ses disciples, et au-delà d’eux à chacun de nous, cette clé du combat spirituel que l’on retrouvera chez St Ignace de Loyola. Au lieu de se laisser envahir par l’épreuve qui s’abat sur nous et de se sentir abandonné de Dieu, il est bon de se placer, de manière délibérée, sous le regard du Père et de se tourner vers Jésus, de l’aimer de tout son cœur, de s’appuyer sur lui, de s’accrocher à lui. Jésus vient nous assurer, qu’avec le Père ils feront leur demeure en nous. Il nous promet qu’au lieu de se sentir abandonné et orphelin nous allons faire l’expérience de l’amour du Père qui construit et de Jésus qui guérit.

  • Recevez L’Esprit Saint

                    Tout en marchant vers le mont des Oliviers, Jésus promet à ses disciples l’Esprit Saint. Cet Esprit Saint nous est promis également à nous aujourd’hui. Pendant longtemps on a cru que la vie chrétienne était la vie morale. Bien sûr si l’on est chrétien on est invité à avoir une vie morale mais la vie chrétienne est avant tout la vie dans l’Esprit. En mourant sur la croix Jésus a remis l’Esprit Saint. Cet Esprit saint le Seigneur désire le répandre en abondance sur tous ceux qui l’aiment.

                    Cet Esprit Saint promis aux disciples c’est aussi à nous que le Seigneur désire  l’envoyer. Une seule chose nous est demandée : d’aimer Jésus. Si nous aimons Jésus, le Père nous enverra l’Esprit Saint. Tout comme les disciples nous avons besoin de recevoir cette force de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint n’est pas que pour les autres. Il est pour chacun d’entre nous.

                    L’Esprit Saint nous unit à Jésus, nous enseigne toute chose, nous rappelle les paroles de Jésus. Il nous révèle que Dieu est Père. Il est pour nous un guide. Nous ne sommes pas orphelins. Nous avons un Père dans les cieux, un Père qui nous aime. 

  • La paix, signe de la présence de l’Esprit Saint

                    La présence de l’Esprit Saint en nous n’est pas une théorie.  Sa présence nous transforme de l’intérieur et se ressent. Un des signes de la présence de l’Esprit Saint est la paix. Le fruit de l’Esprit nous dit saint Paul au Galates est charité, paix, joie. La paix que procure l’Esprit n’est pas une paix d’isolement, à l’abri des problèmes mais c’est une paix profonde qui inonde toute la personne et donne une sérénité. La joie que procure l’Esprit Saint n’est pas une joie d’excitation mais une joie contagieuse, profonde.

                    L’Esprit Saint ne nous invite pas à nous replier sur nous-mêmes mais à nous tourner vers les autres afin d’être, en notre monde, témoin de la bonne nouvelle de l’Évangile. La vie chrétienne est avant tout, la vie dans l’Esprit. Le pape François nous invite à nous laisser renouveler dans l’Esprit Saint. Cet Esprit Saint, nous avons à le demander avec puissance, sur nous et sur nos familles en ce jour de la fête des mères mais aussi pour tous ceux qui sont autour de nous. Qu’en ce jour de vote n’oublions pas de l’implorer pour la France et notre vieille Europe.

               Dans notre monde secoué par toutes sortes de difficultés profondes, Seigneur envoie ton Esprit Saint car lui seul peut changer les cœurs.

 

Christian Vivien sj