7ème dimanche de Pâques

Homélie du 7ème dimanche de Pâques – Année A – 28 mai 2017

Lectures : Ac 1, 1-11     Ps 26     1P 4,13-16     Jn 17, 1b-11a

                   Nous sommes à une semaine de la fête de Pentecôte. Durant le temps qui sépare la fête de l’Ascension de celle de Pentecôte, l’Église entière implore la venue de l’Esprit Saint et se prépare à le recevoir. Au cours de cette eucharistie, dans un instant, nous allons baptiser Octave (11 mois). Nous allons reprendre cette formule : « Octave, je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ».

                    Ce baptême est pour nous l’occasion de revisiter notre foi chrétienne et de nous préparer à la fête de Pentecôte afin d’être renouvelés pour mieux marcher à la suite de Jésus, sous le regard de Dieu le Père, animé par la puissance de l’Esprit Saint.

  1. D’où nous venons

                    Pour bien comprendre ce que nous demandons il nous faut réaliser d’où nous venons. Nous arrivons d’une époque où l’on se croyait en pays de chrétienté. On pensait qu’être chrétiens allait de soi et que l’on pouvait être chrétiens de pères en fils. Être chrétiens était suivre des règles, avoir des principes, être charitables. Il y avait les commandements de Dieu et les commandements de l’Église. On pensait que l’on pouvait se faire baptiser puis choisir après coup si on allait marcher ou non à la suite de Jésus.

                   Dans ce modèle de la foi chrétienne, bien sûr, Jésus avait sa place mais il n’avait pas la place centrale. Dieu demeurait quelqu’un d’extérieur à moi, au-dessus de moi, plus grand que moi mais il n’était nullement quelqu’un avec qui j’avais une relation d’intimité. Aujourd’hui ce modèle, cette conception de la foi chrétienne éclate. Il ne peut plus tenir.

                    Bien sûr, Jésus, je pouvais me le représenter, le Père, je pouvais l’imaginer mais le grand absent de la Sainte Trinité était le Saint Esprit. Or, comment marcher à la suite de Jésus si l’Esprit Saint ne vient pas reposer sur nous.

  1. Demander l’Esprit Saint

                    La vie chrétienne est la vie dans l’Esprit. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie que pour vivre notre vie chrétienne nous avons besoin de recevoir l’Esprit Saint, l’Esprit même de Dieu. Déjà le 1 janvier 1901, le premier jour du XXème siècle le pape Léon XIII devant l’absence de la reconnaissance du Saint Esprit dans l’Église a entonné le Veni Creator pour consacrer le monde au Saint Esprit afin d’implorer sa venue sur l’Église.

                    Dans cette même ligne le pape Jean XXIII, avant de commencer le concile Vatican II, a demandé que soit implorée, pour l’Église, la venue du Saint Esprit. Le pape François se situe dans cette même ligne et demande que tous les chrétiens implorent la venue du Saint Esprit sur toute l’Église, sur notre monde.

                    L’Esprit Saint, c’est comme le vent, on ne peut pas le voir, on ne peut pas se le représenter mais on en sent les effets. Lorsque le vent se met à souffler les feuilles des arbres se mettent à bouger. En temps de tempête les arbres sont arrachés. L’Esprit Saint se fait sentir par ce qu’il produit. Le fruit de l’Esprit, nous dit Saint Paul dans l’épître aux Galates, est la charité, la paix, la joie. Quand l’Esprit Saint se manifeste il ouvre mon cœur, il me fait connaître de l’intérieur ce qui concerne Dieu. L’Esprit Saint vient murmurer au fond de mon cœur et m’indique ce qui me tourne vers Dieu.

                    L’Esprit Saint c’est Dieu qui me le donne mais il dépend de chacun de nous de nous disposer à l’accueillir afin qu’en nous il prenne toute la place. Bien sûr, l’Esprit Saint, même si nous n’en avons pas pleinement conscience est présent en notre monde car il repose sur tout homme qui marche dans la droiture et la vérité. Depuis la création du monde il planait sur les eaux.

  1. Le baptême

                    Dans un instant nous allons baptiser Octave. Nous allons implorer sur lui la venue du Saint Esprit. Que le Saint Esprit vienne lui révéler Jésus vivant mais aussi Dieu le Père. Au cours de chaque baptême nous demandons que l’Esprit Saint vienne reposer sur le nouveau baptisé. Nous le demandons et, surprise, l’Esprit Saint vient.

                   « Comment vous le voyez ? », allez-vous me dire. Par exemple, je peux dire que lorsque je baptise un enfant je ressens la joie de Dieu qui repose sur moi. Cette joie n’est pas psychologique, elle n’est pas qu’humaine. Elle est le signe que l’Esprit de Dieu qui vient reposer sur le nouveau baptisé, agît en moi, agît en chacun de nous.

                    L’Esprit Saint nous l’avons reçu avec plus de force au jour à notre baptême ainsi que dans tous les sacrements. L’Esprit Saint est comme un feu qui s’est enflammé ou cherche à s’enflammer en nous, mais parfois de la cendre s’est déposée sur ce feu ou a empêché ce feu de démarrer. Mais ce feu est toujours prêt à s’embraser. Il nous faut demander que le vent de Dieu vienne ranimer la flamme afin qu’elle se mette à brûler.

                   Souvent nous avons une conception trop individuelle de la foi chrétienne. La vie chrétienne ne se vit pas seul mais en communauté. L’Esprit Saint ne peut pas reposer sur quelqu’un sans reposer également sur les personnes qui l’entourent. En implorant l’Esprit Saint pour Octave nous l’implorons également pour chacun d’entre nous. Ce n’est pas possible autrement. Dieu ne bénit jamais quelqu’un tout seul. Quand il bénit une personne il bénit tous ceux qui sont liés à cette personne. Pour nous aujourd’hui, l’Esprit Saint ne peut pas reposer sur Octave sans reposer sur ses parents. Il ne peut pas reposer sur lui sans reposer sur toute notre assemblée. Ce baptême nous invite à implorer la venue du Saint Esprit sur l’Église. En baptisant Octave l’Église entière vient crier et supplier : « Viens Esprit Saint, viens reposer sur ton peuple. Viens le renouveler de l’intérieur ».

Christian Vivien sj