7ème dimanche de Pâques

Homélie du 7ème dimanche de Pâques – année B –  13 mai 2018

 Lectures :   Ac 1, 15-17.20-26     Ps 102     1 Jn4, 11-16     Jn 17,11b-19

                    La question de Judas apparaît deux fois dans nos textes, dans les Actes et dans la prière de Jésus à son Père… Judas avait bien été choisi par Jésus, après une longue nuit de prière. Il a été témoin du baptême de Jésus donné par Jean. Il a pris sa part dans la mission d’annoncer que la Bonne Nouvelle était bien là, que Jésus de Nazareth était bien le Messie annoncé par l’Écriture depuis Abraham, Moïse, les prophètes et les Psaumes. Il a participé jusqu’au bout à l’onction de Béthanie, même s’il n’a pas compris que ce geste était une annonce de la mort et de la résurrection de Jésus, il a participé au repas de la Cène, il a trempé la main dans le même plat que Jésus : il a vraiment communié au cœur de Jésus , à la nouvelle alliance qu’inaugure Jésus dans l’Eucharistie… Et il reste libre de choisir de trahir. Sa façon de livrer Jésus par un baiser montre combien le signe de communion peut être un signe de trahison, mais surtout que les lieux de communion et de division doivent être éclairés par la longue rumination de l’Écriture pour entrer dans le mystère de la mort et la résurrection de Jésus… pour croire que même de la mort, Dieu peut faire surgir la vie. De plus, l’Écriture nous pousse à avancer : « Qu’un autre prenne sa place« . Ne pas rester sur l’échec, mais témoigner de la Résurrection de Jésus, prier pour ceux que l’Esprit choisit pour annoncer que Dieu est Amour : les douze sont bien reconstitués pour témoigner que Jésus est le Fils de Dieu.

                    Avec l’apôtre Jean, nous sommes mis devant deux types de textes qui nous obligent à aller à l’essentiel de ce que Jésus nous a laissé : « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru. Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui« . Dans le Carmel de Mazille, à côté de Taizé, cette phrase est gravée dans la pierre de la porte d’entrée, comme si elle invitait à être gravée dans nos cœurs pour entrer dans la rencontre de Dieu avec Jésus. De plus, nous entrons non seulement dans la prière des sœurs et des chrétiens, mais dans la prière du Christ à son Père. Jésus confie au Père sa façon de veiller sur chacun pour les garder unis dans son nom, pour qu’aucun ne se perde. Ce qui nous permet d’être unis entre nous, c’est que Jésus nous prend vraiment dans sa main, nous met au cœur de sa relation avec son Père, nous permet de l’appeler comme lui de ce son si doux et si fondateur : Papa, notre Père… Il nous donne sa Parole qui fait la vérité en nous, qui nous fait choisir de chercher sans relâche le bien, le beau, le bon en nous et avec les autres… Et nous savons que le Père veille avec vigilance sur nous pour ne pas entrer en tentation et nous garder du Mauvais… Nous savons que ce chemin est long, lent, plein d’embûches, mais c’est un chemin de joie et Dieu, notre Père Saint veut que nous soyons comblés de joie.

Claude Charvet sj