Dimanche de la Divine Miséricorde

Homélie du 2ème dimanche de Pâques – année B – 08 avril 2018

Dimanche de la Divine Miséricorde

 Lectures :   Ac 14,32-35    Ps 117     Jn 5, 1-6      Jn 20, 19-31

                   Deux épisodes importants sont présentés aujourd’hui pour faire grandir notre foi : Jésus se rend présent sans tenir compte des enfermements géographiques (portes closes) ou de notre incrédulité (Thomas). Le récit est très construit comme un véritable chemin, une liturgie :
Une salutation : La paix ! Et, immédiatement, les disciples passent de la peur à la joie
– Une contemplation : il montre ses mains et son côté : le Ressuscité est bien le transpercé : voir le Ressuscité c’est pouvoir croire en lui… mais Thomas n’est pas là pour voir…
– Un envoi : dans la même communion de Jésus avec son Père, il envoie ses disciples. C’est l’envoyé du Père qui nous envoie. L’Église vit de la mission même de Jésus, Paul dira que l’Église est le corps du Christ, envoyé à toutes les nations.
– Le don de l’Esprit : il souffle sur eux, comme pour en faire des créatures nouvelles, un peuple nouveau comme au premier jour de la création nouvelle en ce premier jour de la semaine.
– Une parole qui libère parce qu’elle fait la vérité, remet les péchés, offre la miséricorde de Dieu…

C’est hyper synthétique, presque froid : mais quelle efficacité pour construire notre chemin de foi… À nous de nous y mettre pour accueillir ce que Jésus ressuscité veut faire grandir en nous.

Heureusement, il y a Thomas, appelé Didyme (c’est à dire Jumeau : comme si nous étions son frère jumeau dans la difficulté de croire)… Il avait demandé à ce que Jésus lui montre le Chemin : il va le faire avec lui… Il avait demandé à mourir avec Lazare, et il va apprendre aussi à consentir à ‘croire sans voir’… Tout d’abord, Thomas refuse de croire au témoignage des disciples qui ont vu le Seigneur. Ce n’est pas un mécréant, c’est un homme concret, réaliste, qui formule une objection centrale pour la relation de l’homme avec Dieu : le scandale de la souffrance injuste, la mort de l’innocent. Et ce qui est génial, c’est qu’il demande au Crucifié la réponse, la seule réponse qui vaille est celle que donnera Jésus lui-même. Si le Crucifié apporte lui-même la réponse, Thomas croira. Thomas est, pour Jésus, un catéchumène exigeant.
Jésus va répondre point par point à la demande de Thomas : en montrant ses mains et son côté Jésus montre qu’il a été jusqu’au bout pour partager la souffrance et la violence des hommes. Il est mort de sa passion pour les hommes et c’est cela qui sauve les hommes. Il nous sauve parce qu’il communie avec nous, même dans le pire. C’est l’amour qu’il a mis dans cette communion qui le ressuscite. C’est bien la victoire définitive sur la mort et la souffrance qu’il nous invite à croire. En voyant ses plaies, il nous invite à croire qu’elles nous sauvent de la mort. Nous sommes invités à croire au ressuscité : ses plaies sont toujours là : la souffrance, la haine, la violence terroriste, les mensonges, le harcèlement sont toujours là et les réseaux sociaux nous les montrent avec tant d’impudeur qu’ils veulent nous rendre complices… Le Ressuscité vient nous dire : « Je ne te condamne pas. Dieu m’aime tellement qu’il a consenti à ce que je sois vainqueur de la mort. : À travers mes plaies tu peux voir que rien ne peut me séparer de mon Père. Sa paternité et ma filiation sont plus fortes que le Mal. La miséricorde divine, la tendresse inconditionnelle de Jésus pour chaque homme, pour toi, traversent tous les obstacles. C’est le propre de la miséricorde de faire jaillir la vie de tout, même de la mort.

                    Thomas sent bien que, dans sa réponse, le souffle de Jésus, son Esprit, lui fait dire : « Mon Seigneur et mon Dieu« . Cette parole le rend joyeux, heureux. C’est bien une parole de croyant, qui nous invite, nous aussi, à croire sans avoir vu, mais en nous appuyant sur la parole de Thomas ou sur celle des Douze, en relisant patiemment les Écritures…

Claude Charvet sj