Fête du Saint-Sacrement

Homélie de la Fête Dieu  – Année A – 18 juin 2017

Lectures : Dt 8,2-3.14b-16a     Ps 147     1Co 10,16-17    Jn 6, 51-58

        Après la multiplication des pains et des poissons, Jean construit un discours très pédagogique avec les juifs dans la synagogue de Capharnaüm. L’enjeu est de passer des pains, qui ont rassasié les foules, au pain eucharistique qui nourrit vraiment la foi. Trois expressions vont nous retenir.

  1. Je suis le pain vivant descendu du ciel.

        Souvenons-nous de la grande contemplation de Saint Ignace : les trois personnes divines regardent toute la surface de la terre et les hommes qui se perdent dans la consommation, la jalousie ou la violence. Elles décident ensemble que Jésus viendrait prendre notre humanité et vivrait sa filiation en partageant la vie de l’homme jusqu’au bout. Avec foi intense et bonheur, Marie accepte de devenir la mère du Fils de Dieu. Pendant 30 ans, avec Joseph, ils vont mener à Nazareth une vie simple, cachée. Puis un jour, Jésus quitte la maison de ses parents, va se faire baptiser par Jean, le ciel s’ouvre, la voix du Père déclare : « Tu es mon fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie ». Il est bien descendu du ciel pour partager sa vie jusqu’au bout comme lorsqu’il rompt le pain avec les foules, les malades, la veuve et l’orphelin, l’épileptique, le lépreux… Il donne sa vie jusqu’au bout pour sauver l’homme et que l’homme soit vivant… Le pain est rompu pour que l’homme soit vivant, ressuscité.

  1. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui.

        Partager un repas, c’est entrer dans la vie des autres ; rompre le pain, c’est se nourrir de celui qui m’invite et partage ; boire à la même coupe, c’est s’abreuver de leur vie, entrer dans leur fraternité, dans leur intimité. Jésus va encore plus loin quand il nous dit que nous entrons dans sa filiation et que nous sommes envoyés pour aimer comme lui… Alors recevoir dans sa main le corps du Christ est un acte d’amour où Jésus se donne totalement à nous ; nous devenons avec des vivants qui n’ont plus peur de la mort.

  1. Notre réponse

        Elle peut devenir comme celle de Pierre, à la fin du chapitre 6 où bien des juifs trouvent ce discours trop dur : « Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle. »  Voilà une belle profession de foi, une façon développée de dire Amen, comme quand je reçois le corps du Christ. C’est une façon d’accueillir l’Esprit Saint en nous qui nous permet de murmurer, malgré notre raison, malgré nos difficultés pour comprendre. Dire « Tu as les paroles de la vie éternelle », c’est mettre sa vie, comme celle de Jésus, sous ce signe très simple, prendre le pain, rendre grâce à Dieu qui est source de vie, rompre le pain et le donner, se donner parce que c’est notre joie que de tout recevoir et de tout donner.

Claude Charvet sj