Homélie du 33ème dimanche du temps ordinaire – année C – 13 novembre 2016

Homélie du 33ème dimanche du temps ordinaire – année C –

13 novembre 2016

Lectures : Ml 3, 19-20a     Ps 97 (98), 5-6, , 7-8, 9     2Th 3, 7-12     Lc 21,5-19

                    Comment trouver une Bonne Nouvelle pour Juliette et Amandine avec un évangile qui semble aussi catastrophique ? En plus, les baptiser un 13 novembre, un an après la tuerie terroriste du Bataclan et du stade de France qui nous a tellement atteint ? Où est la Bonne Nouvelle de l’évangile ?

                    Il faut d’abord regarder Jésus, celui qui parle, dans le temple magnifique, qui se présente à la foule qui vient prier et offrir des sacrifices : c’est un prophète qui livre toute sa vie comme la veuve indigente qui verse dans le tronc du temple ses deux piécettes qui sont tout ce qu’elle possède. Jésus livre sa vie au Père pour ceux qui vont le tuer… Jésus éclaire les évènements tragiques qui vont se dérouler en les affrontant avec cette confiance et cette persévérance que rien ne pourra le séparer de l’amour de son Père… Jésus nous apprend à vivre dans un monde violent sans le fuir ni le dénigrer.          Comme lui, nous avons à traverser les évènements sans être terrifiés, sans répondre à la violence par la violence (la haine ne résout rien), parce que nous sommes aimés par le Père.

                    Jésus nous propose aussi de « rendre témoignage à cause de son nom ». Être témoin, c’est accepter de rendre compte de ce que l’on a vu et compris des évènements. L’expérience qui nous est proposée en témoignant de l’amour du Christ, c’est de recevoir la force de l’Esprit Saint qui donne « un langage et une sagesse qui prend les adversaires à contre-pied, les rend sans résistance, sans opposition:  l’Esprit de Jésus a bien vaincu le mal. La proximité de Jésus qui demeure en nous nous permet d’être persévérants et bien vivants… Le Royaume de Dieu est bien là, présent avec nous, comme un chemin qui traverse beaucoup d’obstacles, mais que rien ne peut briser… Voilà la bonne nouvelle que le témoignage que Jésus lui-même rend en affrontant les évènements tragiques qu’il va vivre et que les chrétiens vont vivre à sa suite, mais l’Esprit est vraiment avec lui, avec nous pour avancer…

                    Alors, nous pouvons vivre l’expérience du baptême de Juliette et Amandine comme une Bonne Nouvelle pour nous, pour leur parents, pour le monde qui est souvent présenté comme si tragique. Elles sont baptisées dans la Parole du baptême de Jésus qui entend en remontant de l’eau du Jourdain : « Tu es mon Fils bien-aimé; en toi, je trouve ma joie« . Elles reçoivent cette onction du Saint Esprit qui en fait des témoins de cette filiation que les forces du mal ne peuvent briser. Elles sont revêtues du vêtement blanc qui dit que le Christ habite en elles intérieurement. Elles deviennent aussi la lumière du monde que l’on voit briller comme notre croix glorieuse au-dessus de l’autel…

                    Merci à Pauline et Florian, merci à Charles et Véronique de nous donner une telle Bonne Nouvelle à entendre et à contempler dans le baptême de Juliette et Amandine… Elles sont votre joie ; elles deviennent la nôtre, témoin fragile d’un amour qui ne passera jamais.

Claude Charvet sj