Homélie du 7ème dimanche de Pâques – Année C – ND des Anges – 8 mai 2016

Homélie du 7ème dimanche de Pâques – Année C – ND des Anges – 8 mai 2016

Évangile du jour : Jn 17, 20-26

Nous sommes à une semaine de la fête de Pentecôte. Aujourd’hui l’Église nous invite à un examen de conscience par les lectures que nous sont proposées afin de nous ouvrir plus pleinement à recevoir le Saint Esprit.

I- De ces lectures il ressort que nous sommes faits pour louer Dieu

Dans cette grâce de Pâques, marqués par la présence du Ressuscité, nous sommes invités à louer Dieu parce que nous l’aimons. Louer Dieu n’est pas simplement prendre des chants à sa louange mais rendre à Dieu amour pour amour. Comment devant tant d’amour de notre Seigneur ne pas louer notre Dieu, lui dire merci, lui dire que nous l’aimons, que nous voulons demeurer en sa présence. Il a donné sa vie par amour pour nous.
Par cette grâce de la résurrection, le Seigneur veut guérir en nous et vient guérir en nous tout ce qui a besoin de l’être dans notre relation avec Dieu et avec les autres. Il vient guérir en nous toute amertume afin de pouvoir marcher à sa suite et être les témoins de la bonne nouvelle de l’évangile. Tout ce qui dans notre vie a été blessé, cassé, le Seigneur désire y poser sa main, sa main qui guérit, sa main qui réconforte.
Sur notre chemin il nous invite à prendre le même chemin que lui et à mettre l’amour pour nos frères au centre de notre vie. Nous pouvons penser à Étienne qui a été lapidé. Les témoins avaient mis leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne a offert sa vie par amour. En offrant sa vie par amour de Jésus il a lavé ses vêtements dans le sang de l’agneau. Cette offrande est devenue bénédiction pour lui, pour Saul qui deviendra le grand St Paul et pour l’Église naissante.

II- Que tous soient uns

Le Seigneur nous invite à l’unité car il n’a donné à ses disciples qu’un seul commandement, celui de nous aimer les uns les autres. Pour nous aimer les uns les autres nous avons besoin de l’aide du Seigneur. L’homme n’est pas fait pour être seul. La solitude nous pèse, seul on s’ennuie. Mais le Seigneur sait bien qu’il y a en nous cette tendance à toujours vouloir avoir raison et à nous disputer. La dispute engendre la division. Nous sommes des êtres tiraillés. En nous, il y a une tendance viscérale qui pousse à l’éclatement.
Cette tendance à nous isoler, à nous disputer est très forte. Elle est, en nous comme une seconde nature. Jésus a prié pour nous pour que l’on soit un. Il a supplié son Père, pour que ce cadeau de l’unité nous soit accordé. L’unité est toujours fragile. L’unité est un cadeau de la prière de Jésus. Elle est un don de Dieu même.

En ce temps de Pâques nous sommes invités à prier pour l’unité de l’Église et pour toutes les petites disputes qu’il peut y avoir entre nous. Cette unité entre les différentes Églises mais aussi entre nous, nous avons à l’implorer afin que le Seigneur nous l’accorde. Plus nous serons unis à Dieu le Père mais aussi à Jésus, plus nous serons unis entre nous. Cette grâce de la fraternité que nous avons pu expérimenter de manière sensible à Loyola, en particulier dans la chapelle d’Olatz mais aussi dans la petite fête que nous avons vécue ensemble le dimanche midi, est un véritable cadeau.

III- L’unité suppose le pardon

Les occasions de se blesser mutuellement ne manquent pas car nous sommes des êtres de relation. Une évidence s’impose : « Seul on s’ennuie et à deux ou plusieurs on commence à se disputer ». Rapidement ce sont les divisions, les accusations, les guerres qui éclatent. Il suffit de regarder autour de nous. Le manque de pardon est un obstacle.
Le pardon est un chemin obligatoire. Cependant une évidence s’impose. Dans certaines situations je constate que même si je demande le sacrement de réconciliation je continue à être écrasé par ma faute ou par l’épreuve vécue. J’ai demandé le pardon du Seigneur, donc dans la foi je sais que je suis pardonné mais la rancœur me revient. On dit souvent : « J’ai pardonné mais je n’ai pas oublié ».
Au niveau du pardon, St Ignace aime bien que l’on puisse se situer devant Jésus en croix. Cependant, cet exemple nous montre qu’il y a deux réalités bien différentes à ne pas confondre. Devant Jésus en croix lorsque je reconnais mon péché je suis invité à lui dire : « Seigneur Jésus, pardonne-moi ». Mais lorsque Jésus est sur la croix et qu’il est crucifié n’ayant point commis de péché, il dit : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». C’est ce qu’a fait Étienne alors qu’on le lapidait. Il s’écria d’une voix forte : « Seigneur ne leur compte pas ce péché ». Pour les premiers chrétiens, Paul n’était pas plus sympathique que Daesh.
Ce soir, en guise de conclusion, nous pouvons offrir notre prière pour Daech, pour tous ceux qui détruisent la planète, pour ceux qui ont fait des systèmes financiers un dieu. Dieu nous invite à être ferment d’unité car il veut qu’aucun homme ne soit perdu.

Christian VIVIEN sj