Homélie du Baptême du Seigneur

Homélie: Baptême du Seigneur– année C – 13 janvier 2019

Lectures : Is 640,1-5.9-11       Ps 103      Tt 2,11-14      Lc 3,15-16.21-22

                    Aujourd’hui est un dimanche particulier, d’une grande importance. Aujourd’hui, dans l’église de Notre Dame des Anges, deux symboles se font face et se répondent : la crèche et le baptistère.
– Devant l’autel, étant proche de la fête de Noël, nous avons encore la crèche qui est là pour nous inviter à l’adoration.
– Au milieu de l’allée centrale, sur le chemin qui conduit à l’autel, nous avons le baptistère qui est ouvert. Il nous rappelle que nous sommes passés par les eaux du baptême et que c’est de Jésus que nous tirons la vie.

  • Tournons, tout d’abord, notre regard vers la crèche

                    Jésus est là au milieu de nous. Il et couché dans la mangeoire, faible, démuni, vulnérable. Il est entouré de Marie, de Joseph, des bergers, des mages. Les animaux y sont également présents. Jésus, étant là au milieu de nous, nous sommes invités à venir l’adorer.

Cette étable est un ilot de paix dans un monde violent, bouleversé de toute  part. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière : « un enfant nous est né, un fils nous a été donné » nous a rappelé le prophète Isaïe dans la première lecture  de la nuit de Noël. Dans ce coin de Palestine, Bethléem passe complètement inaperçu au milieu des grands mouvements de ce monde. Pourtant un évènement majeur s’est produit : Dieu dans sa grande miséricorde a décidé de venir sauver notre humanité.

Noël est la partie visible, de la décision prise par la Trinité de venir demeurer au milieu des hommes afin de les arracher à la violence, à la mort et aux ténèbres. En pensant à Noël nous tournons notre regard vers Marie, cette humble jeune fille d’Israël qui a dit oui à l’invitation de l’ange Gabriel. Avec son oui, une page s’est tournée dans l’histoire du salut. Désormais tout est nouveau. Le monde, plongé dans l’obscurité ne  se  distingue pas encore clairement, et pourtant cette lumière est là, nous en sommes témoins. Le jour, en se levant, est venu chasser la nuit.

  • Tournons, maintenant, notre regard vers le baptistère

                    Le baptistère nous ramène sur les rives du Jourdain, là où Jean baptisait. Jean, le dernier des grands prophètes de l’Ancien Testament prêchait un baptême de conversion pour préparer la venue de celui qui venait apporter le salut à l’humanité. Si Marie a accueilli le Messie en notre monde, Jean, lui, a été envoyé par Dieu pour préparer le chemin du Seigneur afin que son message soit entendu. Sur ces rives du Jourdain, dans une grande humilité, qui rappelle la simplicité de la crèche de Noël, Jésus s’est avancé pour demander lui-même le baptême. A la suite de l’annonciation et de la nativité, son baptême souligne l’obstination de Dieu à venir sauver notre humanité.

Lorsqu’on se représente le baptême Jésus au travers des grands peintres on peut voir Jésus, dans l’eau, baptisé par Jean Baptiste et au dessus de lui une colombe, signe de l’Esprit Saint, et enfin, en haut la main du Père. Tout semble sur le même plan. Luc souligne, au contraire, que Jésus, après avoir été baptisé et pris sur lui le péché du monde, alors que recueilli en prière, dans une union profonde avec son Père les Cieux s’ouvrent. L’Esprit Saint descend sur lui et sur le monde et du ciel, une voix se fait entendre, « celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont présents et nous révèlent leur amour.

  • Regardons les conséquences d’un tel choix de Dieu

                    Dieu reste cohérent dans ses décisions. Il a résolu, de toute éternité, de venir sauver le genre humain de la mort et du péché. Même si notre monde gronde de toute part, si les injustices semblent chaque jour plus criantes, si la violence s’étale au grand jour, si les vents contraires semblent les plus forts Dieu est le même hier, aujourd’hui et toujours. La crèche et le baptistère nous rappellent que Dieu vient nous sauver. Il en a décidé ainsi.

En venant nous sauver et nous entrainer sur un chemin de sainteté, Dieu nous invite à être ses coopérateurs. Il nous envoie son Esprit Saint qui vient à la fois nous libérer, nous reconstruire mais aussi nous équiper pour son service. A sa suite, découvrant la puissance de l’Esprit Saint nous découvrons aussi les ruses de l’ennemi de la nature humaine, du Satan qui cherche à nous couper de Dieu et à nous détruire. Ainsi, même si nous constatons un véritable combat mené pour nier Dieu et détruire l’humanité, nous n’avons rien à craindre. La victoire de Dieu sur Satan est assurée. Une mission nous est confiée : « Consolez, consolez mon peuple » nous clame Isaïe de la part de Dieu.

                    Pour tenir dans ce combat, même si la voix du monde cherche à nous dévaluer, il nous faut réaliser le cadeau qui nous a été fait par Dieu lui-même d’avoir entendu son message. Ce cadeau, qui que nous soyons, le Seigneur nous invite à le partager autour de nous. A la suite de Jésus nous avons tous à être ministre de la réconciliation.  Pour reprendre les expressions du pape François, le Seigneur, à sa suite nous invite à être ses disciples missionnaires.

                                                           Christian Vivien sj