La Sainte Famille

Homélie: de la fête de la Sainte Famille– année C – 130 décembre 2018

Lectures : 1 S 1,20-22.24-28      Ps 83     1 Jn 3,1-2.21-24     Lc 2,41-52

                    Aujourd’hui c’est la fête de la Sainte Famille. Cette fête nous invite à méditer sur la famille.

Notre monde vit une crise profonde au niveau des familles car, en France un mariage sur deux se termine par un divorce et les enfants se trouvent pris dans le circuit des gardes alternées. Dans le meilleur des cas le dialogue est maintenu en vue de l’éducation des enfants mais souvent  c’est plus tendu. Toutes ces situations que nous vivons, semblent hors normes par rapport au modèle du couple idéal et de la famille parfaite.

L’Eglise, dans les lectures d’aujourd’hui, nous présente deux familles. Dans la première lecture de l’Ancien Testament, nous sommes invités à regarder Anne,  épouse d’Elkana et mère du jeune Samuel. L’évangile nous présente  Marie, Joseph et Jésus. Deux contextes très différents mais un point commun : toutes ces personnes ont mis Dieu au centre de leur vie .

  • L’Ancien Testament

                    L’Ancien Testament, dans la première lecture nous présente Anne. Elle est mariée à Elkana qui vivait dans la montagne de Samarie plus de 1000 ans avant Jésus. Elkana avait deux femmes : Pininna et Anne. Mais alors que Peninna avait des enfants, Anne était stérile. C’était son drame. Or chaque année, selon la loi de Moïse, Elkana montait au temple de Silo avec toute sa famille. Peninna était fière d’y monter entourée des ses enfants et elle ne manquait pas l’occasion de faire des affronts à Anne, sa rivale, par jalousie afin de l’humilier. En effet, c’est Anne qu’Elkana préférait. A l’occasion d’un pèlerinage, n’en pouvant plus, Anne est venue se plaindre à Yahvé, dans le Temple de Silo, pour lui demander un fils. Elle pria de tout son cœur. Anne eu un fils. Et lorsqu’il fut sevré, c’est-à-dire, lorsqu’il eut environ 3 ans, selon les coutumes de l’époque, elle le rendit au Seigneur. Pour s’acquitter de son vœu elle le remit  au prêtre Eli.

On peut s’étonner de voir les réactions d’Anne. Au lieu de déclarer la guerre à Peninna, comme on aurait pu s’y attendre, elle choisit le silence et se tourna vers le Seigneur pour lui demander d’exaucer sa prière. De même sa démarche de donner son fils de 3 ans au Seigneur, le remettant au prêtre Eli, n’est pas concevable aujourd’hui ; mais,  en tenant compte du contexte de l’époque, elle ne peut être compris que dans une démarche de foi authentique.

  • Le Nouveau Testament

                    Dans l’évangile, la famille de Marie Joseph et Jésus nous est montrée en exemple. La Vierge Marie attendait la consolation d’Israël. Elle était toute donnée à Dieu. Lorsque l’Ange Gabriel est venu la visiter pour lui dire que le Tout Puissant avait posé, sur elle, son regard. Elle a dit oui : « Qu’il me soit fait selon votre parole ». Joseph, voyant que Marie était enceinte, de son côté, avait décidé de la répudier en secret mais l’Ange Gabriel était venu lui dire que l’enfant qu’elle portait était de l’Esprit Saint. Joseph a donc pris Marie pour femme. On ne peut pas dire, selon nos normes sociales actuelles, qu’ils formaient le couple idéal. Leur union est particulière.

L’évangile du jour nous présente, Joseph et Marie qui montaient en Pèlerinage à Jérusalem, à l’occasion de la fête de Pâque. Lorsque Jésus eut 12 ans, ils y montèrent avec Lui selon la coutume. C’était l’occasion, pour Jésus, de faire sa ‘Bar Mizdah’ et de célébrer ainsi de passage à l’âge adulte. Il devenait ainsi, responsable de suivre la Loi.

Tant Marie que Joseph se sont déterminés en fonction de Dieu. Leur oui a toujours été une réponse à l’amour de Dieu.

  • Pour nous aujourd’hui

                    Tant la Sainte Famille de Marie Joseph et Jésus qui nous sont montrées en exemple que celle d’Anne sont d’une certaine manière des familles atypiques. Elles viennent nous rejoindre chacun dans nos particularités. C’est comme nous sommes, dans les contraintes qui sont les nôtres que nous sommes invités à suivre le Seigneur.

La réaction de Joseph, de Marie, de Jésus tout comme celle d’Anne, la mère de Samuel a toujours été de donner à Dieu la première place et de se décider, dans la prière, en fonction de Dieu. Si la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph est sainte, ce n’est pas simplement parce que Joseph et Marie sont les parents de Jésus mais c’est parce  que Dieu le Père a eu la première place dans leur vie, tout comme il a eu la première place dans la vie de Anne. En pensant à la dernière exhortation du pape François : «  La joie et l’allégresse », le pape François nous dirait que c’est un ‘ chemin de sainteté’.

Les lectures d’aujourd’hui nous posent une question : « Dieu a-t-il la première place dans notre vie ? Où en suis-je dans ma prière ? Est-ce en fonction de ce que nous percevons de Dieu que nous prenons nos décisions ? »

Même si nous nous sentons atypiques dans nos particularismes, les lectures d’aujourd’hui sont un encouragement. C’est comme nous sommes que nous sommes invités  à nous mettre en route à la suite du Seigneur et à choisir le chemin qui conduit à la sainteté. Dieu a voulu que nous soyons « saints et immaculés en sa présence dans l’amour » (Eph.1,4). Telle est notre vocation. C’est à cela que nous sommes appelés.

Christian Vivien sj