Homélie du jour de Noël

Homélie du jour de Noël – Année B – 25 décembre 2017

Lectures :  Is 52.7-10     Ps 97     He 1, 1-6     Jn 1.1-18

                    Quelle différence entre les textes lus cette nuit de Noël avec la naissance d’un enfant, les bergers qui viennent émerveillés le contempler, Marie et Joseph qui gardent toutes ses choses dans leur cœur… et puis ce matin les deux textes théologiques d’introduction avec la lettre aux Hébreux et le prologue de l’Évangile de Saint Jean. Il ne faut pas les opposer, mais essayer de les éclairer les uns par les autres. Deux expressions peuvent nous aider à bien nous ancrer dans Noël.

                    Au commencement était la Parole : et Jésus qui naît sans pouvoir parler et qui va apprendre de ses parents, à Nazareth, à parler… Il prend un corps pour dire la Parole qui donne un nom à chacun : papa, maman, père, frère, mais aussi à chaque chose comme dans le second récit de la création où Dieu crée chaque élément de la terre et Adam, le nouvel Adam nomme chaque chose. Nous sommes faits pour dire la Parole, la Parole qui fait exister : tu es Celui que mon cœur aime, tu es ma femme, tu es mon mari, tu es mon enfant bien-aimé. C’est par cette Parole que Dieu nous dit :  » tu es mon Peuple, je suis ton Dieu ». C’est par cette Parole que Pierre dit à Jésus : « tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». C’est par cette parole sur le pain et le vin que Jésus nous nourrit : « ceci est mon corps, ceci est mon sang livré pour vous et pour la multitude ». C’est dans cette Parole de pardon que Pierre peut dire à Jésus : « tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ». Ce matin, nous entrons dans cette manière de parler qui nous constitue comme des hommes et des femmes de Parole qui peuvent dire : MERCI Dieu de m’aimer, PARDON Dieu de ne pas répondre assez à l’Amour. S’IL TE PLAÎT Dieu, donne-moi d’aimer davantage.

                    Nés de Dieu : Quand il y a une naissance, il faut aller le déclarer à la mairie avec le nom de son père et de sa mère. Nous recevons un numéro indiquant le rang de naissance depuis le début de l’année… La vie de citoyen est bien inscrite sur les registres qui nous suivrons toute notre vie. Pourtant, ce matin, dans la foi, nous pouvons déclarer autrement notre existence : je suis né de Dieu. Je reconnais que la vie est un don qui ne vient ni du sang, ni des spermatozoïdes et des ovules, mais je suis aimé de Dieu, désiré par Dieu , nommé par Dieu. Je suis enfant de Dieu. Si Jésus s’est fait chair, s’il habite parmi nous, c’est pour que nous devenions, nous aussi, les enfants bien-aimés du Père en qui il trouve sa joie. Voilà ce qui nous constitue ce matin. Dieu se fait homme pour qu’à notre nous tour nous devenions fils de Dieu qui peuvent dire Abba, Père, Notre Père…

C’est bien le début d’une nouvelle ère de l’humanité…

Claude Charvet sj