Nuit de Noël

 Nuit de Noël– année C – 24 décembre 2018

Lectures : Is 9,1-6      Ps 95      Ph 4, 4-7     Lc 2,1-14

                    Une fois, le jour de Noël, on a demandé à une petite fille de jouer le rôle d’une aubergiste. Quand Joseph et Marie frappent à sa porte elle devait dire ‘non, pas de place’. Joseph frappe à la porte, ‘toc toc’. La petite fille entrouvre la porte, vois Joseph et dit ‘désolé, pas de place ici. Une  deuxième fois Joseph frappe à sa porte, ‘toc toc’, la petite fille ouvre la porte et dit en colère, je vous l’ai déjà dit, vous ne comprenez pas. Pas de place pour vous ici. Allez ailleurs. Finalement une troisième fois, Joseph frappe à sa porte ‘toc toc’. Elle ouvre. Joseph lui dit en larmes, ‘mademoiselle il fait très froid dehors, ma femme est enceinte, s’il vous plait donnez-nous un peu de place chez vous. La petite fille voyant Marie et pleine de compassion dit à Joseph, ‘d’accord, entrez, prenez ma chambre’. Tout le monde dans l’assemblée, a été ému.

                    À l’époque où Jésus est né malheureusement il n’y a eu personne comme cette petite fille à Bethléem.  Personne n’a accueilli Marie et Joseph ni dans sa maison ni dans les auberges. Jésus, le Fils de Dieu, le Roi des rois est né dans une crèche. On l’a placé dans une mangeoire. Mais malgré le froid, l’égoïsme et le rejet des gens de Bethléem, malgré la pauvreté dans laquelle Il est né, ce dont nous nous souvenons lors de la naissance de Jésus c’est de la grande joie. Pourquoi ? Parce que ce jour-là comme le dit Isaïe, ‘‘Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Dieu a prodigué la joie, Il a fait grandir l’allégresse’ (Is 9,1-2). Comme le dit le psaume d’aujourd’hui ‘les arbres des forêts dansent de joie (Ps 95, 12). Comme le dit l’ange dans l’évangile, « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple. Aujourd’hui, …, vous est né un Sauveur qui est le Christ »  (Lc 2, 10).

Le message central de Noël c’est de participer à la joie, partager cette joie et partir avec la joie d’un enfant nouveau-né, le Christ Jésus.

Participons à la joie de l’enfant nouveau-né, le Christ-Jésus.

                    Premièrement, nous sommes tous appelés à participer à la joie de l’enfant nouveau-né, le Christ-Jésus. Mais ne confondons pas cette joie divine avec celle que nous ressentons quand nous recevons ou échangeons les cadeaux de Noël, quand nous portons de nouveaux vêtements, quand nous mangeons une très bonne dinde à Noël, quand nous échangeons les vœux de Noël sur WhatsApp et Facebook etc. Sans doute tous ces types de joie nous donnent un certain contentement, des frissons mais après quelque temps ils nous laissent avec un sentiment de vide. Le danger ou le risque avec de tels types de joie c’est que finalement nous ne pensons qu’à nous-mêmes, à nos besoins, à nos désirs. Finalement, nous oublions le bébé de la fête, le Christ lui-même.

                    La joie de Noël est au-delà de toutes ces petites joies ou plaisirs parce que c’est une joie stable, profonde et durable qui comble et rassasie nos cœurs. Nous sommes joyeux aujourd’hui  parce que nous commémorons le jour où Dieu est venu partager sa vie avec nous. Comme le dit St. Jean, «  le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire » (Jn 1, 14). Dieu n’est pas resté aux cieux, il est descendu sur la terre. Il est avec nous, Emmanuel. Nous sommes joyeux parce comme le dit l’ange, « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui le Christ (Lc 2, 11)». On est joyeux parce le nouveau-né, notre sauveur seul peut enlever les ténèbres de nos vies, c’est-à-dire les tristesses, les blessures, les maladies et les épreuves que nous traversons. On est joyeux parce que est le Christ seul peut remplir et faire resplendir notre vie avec sa vraie lumière. Notez que cette lumière n’est pas celle de l’extérieur que nous voyons dans les marchés de Noël et dans les rues du centre-ville. La lumière du Christ est celle qui illumine de l’intérieur, de notre cœur. Elle peut illuminer nos visages avec un vrai sourire. Aujourd’hui nous avons besoin de vrais sourires pas de soupirs. Chères frères et sœurs, Noël est une fête de la joie et de la lumière du Christ. Participons à cette joie en allant vers l’enfant nouveau-né.

Partageons la joie de Noël

                    Deuxièmement, nous sommes tous appelés à partager, à propager et à proclamer  la joie de Noël avec les autres. Aujourd’hui la plupart d’entre nous partageons nos nouvelles à travers des applications comme Messenger. De fait, à la naissance de Jésus, Dieu a partagé sa joie avec un Messenger, c’est-à-dire, un vrai messager,  son ange. Mais Il l’a partagée surtout avec les plus pauvres et les plus petits : des bergers. L’ange a annoncé la naissance et les bergers sont partis en hâte pour partager cette joie avec les autres.

                    Juste avant la messe, pendant la veillé, nous avons vu le conte du ‘chemin des étoiles’ joué par les enfants.  Dans ce conte, nous avons remarqué que la petite pauvre fille Elsa n’a pas hésité à partager le peu qu’elle avait avec tous ceux qui étaient dans le besoin, les plus pauvres. Même si elle était pauvre elle était généreuse, elle avait un grand cœur. Enfin, elle était aimée et admirée par Dieu. Comme le dit S. Paul, Dieu aime celui qui donne avec joie (2 Co 9, 7). Pendant cette fête de Noël, nous pouvons partager la joie de Noël en partageant nos biens avec les plus pauvres de notre société. Soyons généreux aussi pour partager notre temps avec notre famille et surtout avec ceux qui sont seuls. Noël est un temps aussi pour partager la paix et le pardon avec ceux qui nous ont blessés.

Partons avec la joie de Noël

                    Enfin, nous sommes tous appelés à partir avec la joie de Noël. Peut-être, certains d’entre nous peuvent se demander : comment puis-je partir joyeux ? Chaque Noël est un temps pénible pour moi. Je n’ai personne, je suis âgé, je ne peux pas me réunir avec ma famille, je n’ai personne pour m’offrir un bon repas, pour me donner des cadeaux, je suis seul, je suis malade et triste. Rappelez-vous que le fait d’être joyeux ne dépend pas des circonstances. C’est un choix. C’est une attitude intérieure qui se développe avec l’aide de Dieu. Avant tout, la joie est un don de Dieu. Nous sommes presque à la fin de 2018. Terminons cette année en demandant le don de la joie dans notre vie. Partons de cette église avec la joie d’un nouveau-né, le Christ-Jésus.

                    Chers frères et sœurs, qui que vous soyez, quoique vous fassiez, quelle que soit la situation que vous traversez en ce moment, cette nuit, vous êtes tous invités à participer, à partager et à partir avec la joie de Noël. Que le petit Jésus, l’enfant Jésus,  vous bénisse. Amen.

Ashok BODHANA sj