Vigile pascale

Homélie de la vigile pascale – année B – 31 mars 2018

Lectures : Gn 1, 1.26-31a   Gn 22, 1-18   Ex 14, 15-15,1a   Is 55, 1-11   Ez 36, 16-17a. 18-28    Rm 6, 3-11    Mc 16, 1-17

                    Elles sont trois femmes, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé qui se lèvent tôt pour courir au tombeau, comme ce soir nous avons trois femmes Tamaki, Géraldine et Elodie qui demandent le baptême. Leur chemin de foi se poursuit par des chemins qu’elles n’avaient pas prévu. Elles ont acheté des aromates, comme s’il s’agissait d’embaumer le corps de Jésus avant la mise au tombeau… Or, elles ont bien vu que Jésus crucifié a été mis au tombeau sans qu’elles puissent intervenir puisque le vendredi était la veille de la Pâque et que tout allait trop vite.

                    L’obstacle : la pierre tombale, qui va leur rouler ? La mort est bien l’obstacle que nul homme ne peut franchir sinon Dieu seul. Levant les yeux, elles voient la pierre roulée : l’expression grecque indique que c’est bien Dieu qui est intervenu et que c’est Lui qui n’a pas laissé son Fils dans la mort…

                    Elles entrent dans le tombeau et voient le jeune homme enveloppé d’une belle robe blanche qui leur parle pour les faire sortir de leur frayeur intense : « Ne craignez pas ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié : il est ressuscité ! » C’était donc vrai ce qu’il avait annoncé depuis la profession de foi de Pierre à Césarée de Philippe : « il fallait que Jésus monte à Jérusalem, qu’il soit arrêté, condamné, crucifié et qu’il ressuscite. »… Dieu n’a pas laissé la mort briser son lien de filiation avec Jésus. Il l’a ressuscité ! Le texte nous donne deux signes :

                    « Il n’est pas ici : voyez l’endroit où on l’avait déposé« . L’absence du corps de Jésus ouvre dans les femmes un chemin de foi pour accueillir la bonne nouvelle d’une nouvelle présence… Comme femmes elles sentent bien, comme quand elles sentent qu’elle sont enceintes, qu’il s’agit de s’ouvrir à une nouvelle présence, qu’elles ne sont pas seules et sont porteuses d’une nouvelle naissance. Seules des femmes peuvent croire à cette nouvelle vie et en parler aux hommes. Jean, en voyant les linges bien rangés, le linceul plié à part, étant entré dans le tombeau après Pierre, avait cru… mais ne pouvait pas encore le dire…

                    . « Allez dire aux disciples et à Pierre : Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’ a dit »… La Bonne Nouvelle de la résurrection est donc confiée à des femmes qui deviennent témoins et qui l ‘annoncent aux disciples et à Pierre… Celui qu’elles avaient suivi et qu’elles avaient vu mourir les précède en Galilée : elles sont choisies pour cette annonce. C’est ainsi que leur chemin de foi devient le lieu de l’annonce de la résurrection pour toute l’Église, pour tout homme puisque la Galilée des nations devient le lieu de vie de chacun d’entre nous…

                    Votre baptême à toutes les trois vous permet d’entendre et de croire la parole du Père sur son Fils : « Tu es ma fille bien-aimée : en toi je trouve ma joie ! ». Ce n’est pas un baptême de conversion, mais un baptême de filiation que rien ne peut détruire, pas même la mort.

                    L’Eucharistie à laquelle vous participez pour la première fois, vous invite à accueillir en vous Jésus ressuscité qui « vient faire sa demeure en vous » . Devenez ce que vous recevez…

Claude Charvet, sj