Vigile pascale

Homélie de la vigile pascale – Année A – 14 avril 2017

Lectures : Gn 1, 1-2.2     Ps 103 (104)     Gn 22, 1-18    Ps 15 (16)      Ex 14, 15 – 15, 1a     Is 54, 5-14     Ps 29 (30)     Is 55, 1-11     Is 12     Ba 3, 9-15.32 – 4, 4)     Ps 18 (19)      Ez 36, 16-17a.18-28     Ps 41 (42)      Ps 50 (51)      Rm 6, 3b-11     Ps 117 (118)     Mt 28, 1-10

                    Qu’est-ce qui les fait tous courir ? les marathoniens, ce soir à Bordeaux, et ces femmes le matin de Pâques quittant le tombeau vide ?

                    Même si un bon nombre de coureurs ce soir dans la ville l’ont oublié, à l’origine du marathon, c’est aussi le messager d’une bonne nouvelle qui court : Philippidès, c’est son nom, court les 42 km entre Marathon et Athènes pour annoncer aux grecs leur victoire contre les Perses en 490 avant J-C. Comme les femmes du matin de Pâques, il est rempli d’une grande joie et court pour porter la nouvelle d’une victoire, victoire contre les Perses pour lui, victoire de Jésus sur la mort pour les femmes.

                    A l’époque, pas d’internet, pas de téléphone, pas de SMS pour porter rapidement les nouvelles importantes ; il faut courir ! Pas non plus de vidéo, de caméra, d’images pour tout de suite voir et vérifier ce qui est dit : il faut croire le messager qui arrive en courant. On pourra alors avoir des signes qui nous aideront à croire à cette victoire dont il nous parle : l’authenticité du messager, sa fonction peut-être, le nom de celui qui l’envoie. Mais certainement ce sera aussi sa joie perceptible, qui nous donnera envie de croire à ce qu’il nous dit et d’entrer du même coup dans sa joie.

                    Autre chose qui pourra nous aider à croire à ce messager de victoire : nous souvenir de ces histoires déjà entendues, de notre histoire avec Dieu, qui nous a fait pressentir qu’une victoire contre l’ennemi, contre la mort, était possible, envisageable. C’est ce que nous venons d’entendre à travers toutes ces lectures : depuis bien longtemps, le peuple d’Israël, s’appuyant sur le Dieu Créateur, sur Dieu qui les avait fait passer la Mer Rouge, avait expérimenté la force de vie en Dieu, la force de vie de Dieu ; le peuple d’Israël espérait qu’un jour la mort n’aurait plus le dernier mot ; les femmes qui avaient suivi Jésus pendant sa vie publique l’espéraient aussi. Ce soir, nos messagères nous disent que c’est enfin arrivé ! Réjouissons-nous avec elle : l’attente du peuple d’Israël, notre attente, est enfin exaucée !

                    Au cœur de nos vies, de nos espoirs mais aussi peut-être de nos doutes ou de nos peurs, laissons-nous toucher par ce message des femmes : « Jésus est ressuscité d’entre les morts et voici qu’il nous précède en Galilée ; là vous le verrez !  ». Accueillons ce message de victoire et de joie ; elles viennent de courir pour nous le partager. C’est une bonne nouvelle pour elle, pour nous et pour l’humanité. Partageons leur joie et prenons leur relais en route vers la Galilée des nations ! Ne sommes-nous pas nous aussi porteurs de cette bonne nouvelle ?

                    Je termine avec ce verset d’Isaïe (Is 52,7) : « Comme il est beau de voir courir le messager qui annonce la paix, le messager de la bonne nouvelle, qui annonce le salut ! ». Laissons-nous ce soir toucher par cette course des femmes ; elle peut devenir la nôtre ! Amen.

Arnaud de Rolland sj