Video du Lundi le 30 mars 2020, Jn 8, 1-11, par P. Joseph LACRETELLE sj

Chers amis, c’est une banalité que de dire qu’à chaque jour de cette semaine nous nous rapprochons de l’évocation de la passion et de la résurrections du Christ. À travers les évangiles des messes de  de cette semaine on perçoit comment l’étau se resserre autour de Jésus, de Jésus qui avec courage échappe aux pièges qu’on lui tend et manifeste à travers son comportement et ses rencontres l’amour que Dieu porte à chaque personne afin que tous s’acheminent vers la vie et non pas vers la mort. Et cela, Jésus le fait au péril  de sa propre vie, finalement jusqu’à donner sa vie !

Ecoutons l’évangile de  ce lundi 30 Mars :  (Jn. 8,1-11)

01 Quant à Jésus, il s’en alla au mont des Oliviers.

02 Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.

03 Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu,

04 et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.

05 Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »

06 Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.

07 Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »

08 Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.

09 Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.

10 Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »

11 Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

On est au matin d’une nouvelle journée ; apprenant que Jésus est là , petit à petit des gens viennent autour de lui pour entendre son enseignement. Mais voilà que surgissent  des scribes et des pharisiens, sancés être les gardiens de la doctrine et des comportements en accord avec la foi du peuple de l’alliance.

Ils ne sont pas seuls : ils amènent avec eux cette femme surprise en flagrant délit d’adultère, pour la présenter à Jésus afin qu’il confirme sa condamnation à mort par lapidation, selon le texte de la loi. Si jésus confirme il se renie lui-même, lui qui ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il retrouve vie véritable… Si Jésus dit non il se pose en transgresseur du texte de la loi et donne à ses opposants de quoi alimenter leur projet de le supprimer , lui Jésus..

Jésus garde le silence, baisse son visage et écrit sur la terre , laissant chacun face à une possible décision ; et finalement, nous l’avons entendu, il se redresse, interpellant la conscience de chacun :..l  « celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre »… et ceux qui étaient venus repartent un à un à commencer par les plus âgés. Et Jésus se redresse encore : «  femme, personne ne t’a condamnée ? Moi non plus je ne te condamne pas ; vas , et désormais ne pêche plus. »

Jésus n’a pas nié la gravité de la faute, mais il fait confiance à la personne. Il sait aussi que la lettre tue et que c’est l’esprit qui vivifie. Et il fait confiance. En cela il s’attire les foudre de ceux qui sont esclaves de la lettre au détriment de l’esprit.. Nous pouvons demander à Dieu de nous faire partager son esprit, en allant regarder dans les évangiles les rencontres de Jésus et en contemplant son attitude. Pour cela reprennons ce qu’écrivait un jour le cardinal decourtray :

Jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme.

Pour lui, l’autre est toujours plus et mieux que ce à quoi les idées reçues, même des sages et des docteurs de la Loi, tendent à le réduire.
Il voit toujours en celui ou celle qu’il rencontre un lieu d’espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par delà ses limites, ses péchés, et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf.
Il lui arrive même d’y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l’action de grâce !

Il ne dit pas : “Cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l’atavisme moral et religieux de son milieu, ce n’est qu’une femme”. Il lui demande un verre d’eau et il engage la conversation.

Il ne dit pas : “Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlise dans son vice”. Il dit : “Elle a plus de chance pour le Royaume des Cieux que ceux qui tiennent à leurs richesses ou se drapent dans leurs vertus et leur savoir”.

Il ne dit pas : “Celle-ci n’est qu’une adultère”. Il dit : “Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus”.
… Pour lui, les autres, quels qu’ils soient, quels que soient leur statut, leur réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu. Jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme. Il est unique. Il est le Fils unique, de celui qui fait briller le soleil sur les bons et sur les méchants.

Et maintenant je vous cite quelques phrases tirée d’une méditation du pape François, au sujet de la miséricorde :

« Avec Jésus, miséricorde de Dieu incarnée, le moment d’écrire dans le cœur de l’homme est arrivé, de donner une espérance sûre à la misère humaine : de donner, non seulement des lois extérieures qui laissent souvent Dieu et l’homme distants, mais la loi de l’Esprit qui entre dans le cœur et le libère. C’est ce qui arrive pour la femme qui rencontre Jésus et qui se remet à vivre. Et elle part pour ne plus pécher (cf. Jn 8, 11). C’est Jésus qui, avec la force de l’Esprit Saint, nous libère du mal que nous avons à l’intérieur, du péché que la Loi pouvait entraver mais non pas enlever…

Et cependant le mal est fort, il a un pouvoir séduisant : il attire, il fascine. Pour s’en détacher, notre engagement ne suffit pas, il faut un amour plus grand. On ne peut pas vaincre le mal sans Dieu : seul son amour redresse à l’intérieur, seule sa tendresse déversée dans le cœur rend libre. Si nous voulons être libérés du mal, de la place doit être faite au Seigneur qui pardonne et qui guérit. Et il le fait surtout à travers le sacrement que nous sommes en train de célébrer. ( il s’agissait du sacrement de réconciliation, la « confession »)La Confession, c’est le passage de la misère à la miséricorde, c’est l’écriture de Dieu dans le cœur. A chaque fois, nous y lisons que nous sommes précieux aux yeux de Dieu, qu’il est Père et qu’il nous aime plus que nous nous aimons nous-mêmes…

c’est le cœur de la confession : non pas les péchés que nous disons, mais l’amour divin que nous recevons et dont nous avons toujours besoin. Il peut nous venir encore un doute : “se confesser ne sert à rien, je fais toujours les mêmes péchés”. Mais le Seigneur nous connaît, il sait que le combat intérieur est dur, que nous sommes faibles et prêts à tomber, souvent récidivistes dans le mal. Et il nous propose de recommencer à être des récidivistes dans le bien et à faire de nous des créatures nouvelles. Repartons alors de la Confession,

Nous aussi aujourd’hui nous vivons dans la Confession cette rencontre de salut : nous, avec nos misères et notre péché ; le Seigneur, qui nous connaît, nous aime et nous libère du mal. Entrons dans cette rencontre, en demandant la grâce de la découvrir de nouveau. »

Voilà donc, chers amis, quelques réflexion pour alimenter notre vie dans les semaines qui viennent. . Prions les uns pour les autres et pour l’humanité toute entière.