Homélie du 13ème dimanche du temps ordinaire

Homélie : 13ème dimanche du temps ordinaire – année A – 28 juin 2020

Lectures : 2 R 4, 8-11.14-16a       Ps 88        Rm 6,3-4.8-11       Mt 10, 37-42

                          C’est Paul qui nous met au cœur de l’expérience baptismale aujourd’hui : en plongeant dans les eaux du baptême avec la foule des pécheurs, Jésus est vainqueur du mal et du péché. Il entend la voix du Père lui dire : « Tu es mon Fils bien-aimé ! En toi je trouve ma joie ». Ce qui est premier, c’est cet amour originel du Père qui nous crée à l’image de son fils et non pas le péché originel. Ce que le baptême vient produire en nous, c’est notre filiation dans la mort et la résurrection du Christ, si bien que la mort et le péché n’ont plus barre sur nous. Rien ne peut nous séparer de l’amour paternel que Dieu manifeste en nous une fois pour toutes par son Fils Jésus. Ce qui est nouveau pour nous, c’est que le Christ peut vivre totalement pour Dieu, qu’il est vivant pour nous et nous rend vivants nous aussi, libérés du péché et de la mort. Nous pouvons alors mener une vie nouvelle, comme le Christ, vivant de l’amour inconditionnel de son Père. Nous pouvons mettre des priorités dans nos vies en regardant Jésus mettre des priorités dans sa vie filiale.
Cela éclaire notre évangile sur deux points essentiels.

1. Parce que je suis aimé inconditionnellement par Dieu comme son fils bien aimé, comme sa fille bien aimée, je vais pouvoir aimer mes parents, mon père, ma mère, mes frères et sœurs, mes enfants, ma fille Iris pour Anastasia et Hervé ou ma fille Aëlis pour Sarah comme un don que Dieu me fait personnellement. Je peux les aimer comme Dieu les aime… Je vais pouvoir les accueillir, non pas seulement parce que nous sommes du même sang, mais comme Jésus les aime si personnellement. En accueillant mes parents, mes enfants, c’est Jésus lui-même que j’accueille, c’est le Père lui-même que j’accueille. Cela demande un vrai travail de la foi : mettre dans l’amour si proche de ma fille ou de mes parents un troisième, Dieu ou le Christ, qui me les donne ! Relire chaque jour comment Dieu me donne cette responsabilité de le reconnaître dans la croissance, la confiance Les sourires et les pleurs de chacun et lui dire : « MERCI Seigneur parce que c’est bien toi qui te donnes et me les donnes »…C’est cela, suivre Jésus, « prendre sa croix, perdre sa vie à cause de moi ».

2. La pratique de l’hospitalité : « Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits, il ne perdra pas sa récompense » Cela fait écho au chapitre 25 « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40) Dans la première lecture, l’accueil que la Sunamite et son mari réservent à Elisée et son serviteur est une belle illustration de ce que nous pouvons faire… J’oserai dire aussi que les relations qui se sont tissées entre les 4 catéchumènes et la communauté paroissiale sont pleines de promesses pour l’avenir. Votre demande d’être accueillies remonte à un an en frappant à la porte de l’église… Nous avons cheminé avec bonheur et persévérance tout au long de cette année bien atypique… Nous allons poursuivre la route ensemble et la joie de vos baptêmes nous permet de vous reconnaître comme un don de Dieu pour notre communauté…
Merci infiniment à vous 4, Merci à la communauté chrétienne qui s’ouvre un avenir, Merci à Dieu de nous donner de si belles personnes à accueillir…
« Seigneur Jésus, aide-nous à te choisir à chaque instant de notre vie ; donne-nous de te chercher dans tous les recoins de notre vie pour que nous naissions vraiment à la vie nouvelle des enfants de Dieu, et qu’ainsi, nous te découvrions présent dans le prochain que nous accueillons, toi qui règnes pour les siècles sans fin. Amen ». (Frère Norbert. La croix 26 juin 2020)

Claude Charvet sj