3ème dimanche de l’Avent

Homélie:3° Dimanche de l’Avent – année A – 15 décembre 2019

Lectures :    Is 35,1-6a.10     Ps 145      Jc 5,7-10     Mt 11, 2-11

“Frères, soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie,

le Seigneur est proche !” (Phil 4, 4-5) (antienne d’ouverture)

Frères et sœurs,

                 Plus encore que dimanche dernier, les textes de ce troisième dimanche de l’Avent, appelé aussi dimanche de la joie, nous parlent de… la joie !

Et il nous est bon d’entendre cela parce que, pour beaucoup de gens, la foi chrétienne, c’est avant tout une doctrine austère, pleine de devoirs, d’obligations, d’interdits, et j’en passe…

Et il nous est aussi bon d’entendre cela quand les temps sont difficiles, qu’il nous est plus compliqué de reconnaître la présence et l’action du Seigneur, ou encore, quand nous nous posons des questions à propos de notre foi…

Si ce doute sur l’amour et la fidélité de Dieu peut être ressenti est comme un lieu qui nous emprisonne, il peut être aussi une chance !

Ainsi, regardons l’Evangile de ce jour ; justement, nous retrouvons Jean-Baptiste en prison ; son questionnement et son doute sont proches des nôtres…

Un déplacement

                 Remarquez, Jean-Baptiste nous apprend le bon réflexe : de sa prison, il s’ouvre au Seigneur ; par l’intermédiaire de ses disciples, il lui pose la question : “Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?”

Dans notre vie spirituelle ou dans notre prière, comme Jean-Baptiste, qu’il est bon de tout poser sous le regard du Seigneur, de lui ouvrir et de lui remettre tout ce qui nous travaille ou nous tracasse…

Jésus nous invite aujourd’hui à entrer dans sa joie

                 La réponse de Jésus peut nous surprendre : elle n’est pas de l’ordre ni d’un oui, ni d’un non ; elle nous propose un déplacement intéressant en nous invitant à regarder les choses autrement et à reconnaître les signes de l’action et de la présence de Dieu :  Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle !” A nous d’ouvrir nos yeux et nos oreilles pour percevoir cela autour de nous dans les réconciliations qui s’opèrent, les avancées vers la paix et pour un monde plus juste et plus respectueux de l’environnement, dans la vie d’hommes et de femmes qui se relèvent…

Et cela nous remplit de joie !

Et, malgré tout, la joie !

                 Vous l’aurez compris : “la joie est la fille de la foi” (Marcel Domergue sj), une foi fondée sur l’adhésion amoureuse à Dieu et à la personne du Christ ; ce n’est pas forcément une joie exubérante ou artificielle, car elle a quelque chose à voir avec la paix intérieure, au-delà de nos perturbations et troubles de surface (Saint Ignace de Loyola).

La joie est aussi issue des rencontres !

                 Les Évangiles nous relatent une connivence entre Jésus et Jean le Baptiste : encore dans le ventre de leurs mères, à la rencontre de Marie et Élisabeth, l’enfant tressaille d’allégresse dans le sein d’Élisabeth !

Cette joie de l’enfant dans le ventre de sa mère, Jean-Baptiste nous la redit à la fin de sa vie avec ces mots : “L’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux ! Telle est ma joie : elle est parfaite !” Et il peut même ajouter : “Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue !” (Jn 3, 29)

La joie de Jean-Baptiste est celle d’entendre la voix du Seigneur, de reconnaître sa présence et de lui laisser toute la place.

La joie est alors un sentiment de plénitude qui pénètre l’être tout entier, sentiment que nous retrouvons sur les lèvres de Jésus au début de sa passion : “Je vous ai dit ces paroles pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite !” (Jn 15,11).

Cette joie peut donc nous habiter, y compris dans les périodes de difficultés (voir François d’Assise et la joie parfaite ; “Sagesse d’un pauvre” de Eloi Leclerc).

Elle nous est alors donnée gratuitement, comme un cadeau, et nous donne de vivre…

Frères et sœurs, en cette proximité de la venue du Seigneur, laissons-nous donc envahir par celle qui vient sans cesse frapper à notre porte : la joie !

Luc VANDERVAEREN sj

POINTS DE PRIÈRE

Préparation :

– Me remettre sous le regard du Seigneur, mon Créateur, qui me connait intimement, qui m’aime et qui désire que je vive !

– Je me rends présent à la scène : ici, Jean-Baptiste qui, dans sa prison, entend parler de ce que fait le Christ.

– Demander ce que je veux et désire : ici, la grâce de reconnaître la présence et l’action du Seigneur au milieu de nous.

Premier point (v. 3) : Avec Jean-Baptiste qui envoie demander à Jésus “Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?”, mettre sous le regard du Seigneur et lui ouvrir les lieux de ma vie où il m’est difficile de reconnaître sa présence.

Second point (v. 5-6) : Entendre les paroles de Jésus : “Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle !” Quelle est la Bonne Nouvelle que le Seigneur m’annonce aujourd’hui ?

Troisième point (v.11) : Entendre encore Jésus nous dire : “Le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui (Jean-Baptiste)”. Quelle est la joie à laquelle le Seigneur m’invite ?

Cœur à cœur avec Dieu : Je termine dans un cœur à cœur avec Jésus ou avec le Père, comme un ami parle à un ami, selon ce que l’Esprit m’aura donné de vivre : en rendant grâce…, en demandant…, en faisant mon offrande…, en intercédant…