Dimanche de Pâques – Année A – 5 avril 2026
Dimanche de Pâques – Année A – 5 avril 2026
Lectures : Ac 10, 34a.37-43 Ps 117 Col 3, 1-4 Séquence Evangile : Jn 20, 1-9
Les récits de la Résurrection sont nombreux, une dizaine en tout, avec des particularités chez chacun des évangélistes qui les rapportent. Mais il y a heureusement plein de points communs entre tous ces récits, et ils nous parlent tout autant que les particularités de Mathieu ou de Jean !
Et parmi ces points communs, il y en a un tout spécialement, et lourd de sens ! C’est celui-ci : qui a vu Jésus Ressuscité ? Tous s’accordent pour dire que Jésus n’est apparu à sa Résurrection ni à Pilate, ni à Hérode, ni au Grand Prêtre, ni non plus aux Pharisiens ou à la foule qui avait hurlé : à mort ! Pourtant c’eut été juste réparation… Moi je ne me serais pas gêné pour leur dire : « vous ne m’avez pas eu. A moi maintenant de vous juger ! »
Non, Jésus ressuscité n’est apparu qu’à ceux qui l’ont beaucoup aimé, ses disciples, et quelques femmes, et en premier lieu Marie Madeleine, cette femme sans doute gravement pêcheresse mais qui avait versé avec une infinie tendresse du parfum sur les pieds du Sauveur.
Il n’est apparu qu’à ces quelques personnes, en se faisant reconnaître non pas à son aspect physique, sa taille, la couleur de ses cheveux, son allure, mais à des signes familiers et lourds de sens : le son de sa voix, le partage du pain, la surabondance de la pêche miraculeuse, la trace de ses blessures, l’explication des saintes Ecritures.
C’est très important parce que c’est à ces mêmes signes que nous pouvons nous aussi le reconnaitre aujourd’hui, nous qui ne l’avons jamais vu ! Au son de sa voix, dans le silence de la prière, au partage du pain à chaque Messe, mais aussi dans des gestes de charité, dans la multiplication des grâces reçues tout au long de notre vie, dans la méditation de ses Paroles, dans le souvenir de ce qu’il a enduré pour nous…
Et puis, ne l’oublions pas, Jésus disparait dès qu’il est reconnu : ses disciples et ces quelques femmes n’ont plus besoin de le voir de manière sensible, ils l’ont vu, ils sont remplis de joie, ils en témoignent, et nous croyons sur leur bonne foi, parce que leur expérience rejoint la nôtre.
J’ai souvent entendu dire : je croirais si je le voyais en face de moi ! Mais est-ce que nous l’aimons suffisamment pour le reconnaître dans le quotidien de nos journées, alors qu’il est là à chaque instant de notre vie ?
Je crois que c’est une délicatesse de plus de Notre Seigneur de ne pas s’imposer à notre foi par des miracles, des apparitions, des phénomènes extraordinaires. Il respecte trop notre liberté pour s’imposer de cette manière-là. Il se donne à voir humblement dans la prière commune comme ce matin, dans l’accueil du frère malade ou exilé, dans une Parole qui engendre la vie en nous…
Etaient-ils privilégiés les Onze à qui il est apparu trois jours après sa mort ? Je ne crois pas. Je crois même que cela a dû être très difficile pour eux, eux qui l’avaient vu mourir et qui avaient déposé son corps dans un tombeau.
Nous n’avons pas à en être jaloux ! Il se donne à voir à nous tous, aujourd’hui comme hier, et cette Eucharistie est l’occasion une fois de plus de l’accueillir, de lui faire une place dans notre cœur, comme la petite Manon qui va tout à l’heure communier pour la première fois !
Dans l’immédiat, nous allons rester quelques instants en silence, puis nous baptiserons Eliott, Axel, Aurane, Milhane, Cosme et Juliette qui ont demandé à faire partie des amis de Jésus, dans la grande famille des croyants.
Georges Cottin, sj


