Dimanche des Rameaux

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Homélie du dimanche des Rameaux – Année A – 9 Avril 2017

Lectures : Mt 21, 1-11     Is 50, 4-7     Ps 21 (22)     Ph 2, 6-11     Mt 26, 14-27,66

Après cette longue lecture de la Passion selon Saint Matthieu, trois petites pistes pour la prière :

1.” C’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” C’est chez Untel, pas nommé… Et si ce Untel, c’était nous… Le désir de Jésus est bien de célébrer la Pâque chez nous, il a ce grand désir de venir demeurer chez nous, comme chez Zachée, chez Marthe, Marie et Lazare… A nous de donner une réponse ! Quel honneur ? Quelle joie comme Zachée qui descend de son arbre… Ou comme le centurion “je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit“… Matthieu l’a bien invité avec tous les amis peu fréquentables… A nous de répondre… Chaque dimanche, il vient bien célébrer avec nous dans cette église. Le repas pascal est très familial, domestique…

2. Jésus accomplit le psaume 21 (22) et l’ensemble de l’Écriture. Matthieu prend le psaume et s’en sert de guide pour construire le récit de la Passion. Parce qu’il l’a médité, chanté, prié, il a découvert avec les passages du Serviteur souffrant dans Isaïe qu’il ne pouvait être un Messie glorieux, mais un Messie serviteur souffrant, bafoué, humilié, injurié, calomnié… Mais au milieu du psaume, il y a ce verset : “Tu m’as répondu !” que nous avons chanté… C’est la clef de lecture : le Dieu de l’alliance, mon Dieu, n’abandonne pas son Fils dans la mort, il lui répond. Jésus passera 40 jours après Pâques pour montrer à ses disciples, ceux qui vont à Emmaüs d’abord, tout ce qui le concerne dans toutes les Écritures.

3. Le silence de Jésus : devant Judas, devant le Sanhédrin, comme devant Pilate, Jésus répond de la même façon : “c’est toi qui le dis” puis il se plonge dans le silence. C’est dans le silence qu’il est ancré dans la prière avec son Père, qu’il fait sa volonté… Alors il peut supporter les crachats, les gifles, les coups des juifs… puis la longue scène de dérision et de coups dans la salle du Prétoire où les soldats romains se moquent de lui avec une grande jouissance. Jésus est ancré dans la prière avec son Père. Sur la croix, à nouveau, les injures, les moqueries venant des passants, des grands prêtres, des soldats… Il redit le psaume 21 : “Mon Dieu, Mon Dieu…”. Le centurion romain, en voyant cela, comprend tout et dit son témoignage :”Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu“.

Claude Charvet sj