Célébrations , Homélies et Méditations

Epiphanie du Seigneur – Année A – 4 janvier 2026

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Epiphanie – Année A – 4 janvier 2026

Lectures : Is 60, 1-6    Ps 71    Ep 3, 2-3a.5-6    Mt 2, 1-12

 

               Ce récit des Mages venus adorer l’enfant à la Crèche de Bethléem est propre à St Matthieu. Ni Luc ni Marc n’en parlent, par contre eux parlent de la visite des bergers, alors que Mt n’en parle pas. Pourquoi ces différences ? Sans doute parce que St Matthieu s’adresse aux juifs alors que Marc et Luc s’adressent aux Païens…

               Ceci posé, regardons de plus près ce que Matthieu cherche à nous dire. Le récit ne dit pas qu’ils sont trois, ni que ce sont des rois ! Ce sont des Mages, c’est-à-dire probablement des savants, des gens cultivés, qui viennent de l’Orient, peut-être de Babylone, et qui ont entendu parler du messianisme juif, de l’attente de tout un peuple. Et qu’une étoile inhabituelle a mis en route. Donc peut-être bien des astrologues. Matthieu veut signifier par là que le salut qui vient de Dieu ne s’adresse pas aux seuls juifs mais à toutes les nations. Ce sera du reste les dernières paroles de Jésus dans son Évangile : « de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28, 19)

               Et Matthieu de mettre dans leurs mains ces cadeaux hautement symboliques : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. De l’or qui signifie qu’ils sont venus adorer un roi, de l’encens parce que c’est le signe que c’est un dieu, et de la myrrhe, ce symbole que cet enfant est aussi un homme, la myrrhe, ce parfum dont on enduisait le corps des personnes décédés.

               A travers cette multitude de symboles, Matthieu cherche à nous faire entrer dans ce profond mystère de l’Incarnation. Dieu s’est fait homme. Il est Dieu, mais il est aussi roi, roi des juifs comme il sera inscrit sur la Croix, mais aussi roi de tous les hommes, le Christ Roi comme nous aimons le fêter le dernier dimanche avant l’Avent. Et il est homme, pleinement homme, donc mortel, et susceptible d’être embaumé au soir de sa Passion.

               Avec ces quelques symboles, Matthieu nous dit l’essentiel de ce profond mystère. Mystère ne veut pas dire que c’est mystérieux, incompréhensible, inaccessible ! Mystère cela veut dire qu’il y a toujours à creuser, à approfondir, que c’est sans fin, que nous ne comprendrons jamais complètement. L’amour de Dieu est infiniment plus que tout ce que nous pouvons en découvrir tout au long de notre vie !

               Et l’Épiphanie, cette belle fête que nous célébrons aujourd’hui, l’Épiphanie qui signifie mot à mot « Dieu se donne à voir », l’Epiphanie est le commencement de la compréhension de ce mystère. Dieu se donne à voir sous les traits d’un enfant de pauvres, couché dans une mangeoire ! C’est aussi la vie ! Toutes les mamans et les papas présents parmi nous ce matin savent combien la naissance d’un enfant est pour eux un magnifique cadeau de Dieu. 

                                                           Georges et l’équipe liturgique Marie Céline