Homélie : 16ème dimanche du temps ordinaire – année A – 19 juillet 2020

Homélie : 16ème dimanche du temps ordinaire – année A – 19 juillet 2020

Lectures : Sg 12, 13.16-19       Ps 85        Rm 8, 26-27       Mt 13, 24-43

Introduction :

Chers frères et sœurs, nous sommes au 16e dimanche du temps ordinaire. Aujourd’hui, je suis heureux de vous annoncer que Diana COVELO va faire sa Profession de foi au cours de cette eucharistie. J’accueille toute sa famille. Bienvenue à vous tous, surtout ceux du Portugal. Ecoutons tout d’abord une petite présentation de Diana par sa maman Liliane… . Merci Liliane.

Les lectures d’aujourd’hui, montrent combien, jusqu’à quel point Dieu est patient avec nous. Il veut que nous grandissions dans cette vertu de la Patience. Au début de cette eucharistie, demandons pardon au Seigneur pour les moments où nous avons perdu notre patience, tolérance, bienveillance et gentillesse envers les autres. ‘Je confesse à Dieu…’

Homélie :

Nous sommes dans un monde où nous aimerions que les choses soient faites pour nous en un clin d’œil. Tout est rapide : la communication, le voyage, le rythme de vie, les amitiés, les relations humaines etc.  La rapidité et la vitesse sont comprises parfois comme l’efficacité. La plupart de notre société, courent à la vitesse du TGV pour accomplir plusieurs choses. Dans cette course, nous sommes souvent pressés, stressés et fatigués. Nous nous énervons vite dans les embouteillages, nous nous fâchons vite avec les membres de notre famille, avec nos collègues de travail, nous condamnons et jugeons les autres sans réfléchir. Tout cela montre qu’il nous manque une vertu, celle de la patience.

Les lectures d’aujourd’hui parlent de la « Patience » surtout celle de Dieu et nous invitent à l’inculquer et à grandir dans cette vertu. Nous avons entendu dans le livre de la Sagesse : ‘toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement » (Sg 2, 18).  La modération et la maîtrise de l’exercice de son pouvoir absolu montrent un Dieu patient et tolérant. De plus, sa patience et sa bonté s’étendent même aux habitants égarés du pays de Canaan tel que l’affirme le livre de Sagesse : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » (Ps 144, 8). Donc, au lieu de juger le peuple, de le détruire d’un seul coup, Dieu se montre tolérant en lui donnant le temps et l’occasion de venir à lui, de s’amender et de quitter son mauvais chemin (Sg 2, 20). De même dans la parabole du bon grain et de l’ivraie, Dieu ne détruit pas l’ivraie. Il laisse les deux, le bon blé et l’ivraie ensemble jusqu’au bout, jusqu’à la récolte.

Par ailleurs, pour la plupart d’entre nous, il est vraiment difficile d’affronter l’injustice. Face à la méchanceté des autres, notre tendance ou le premier réflexe sont de les punir, nous venger et si possible les éliminer. Pour beaucoup, la patience de Dieu, surtout devant la violence et l’injustice des hommes, est incompréhensible. Ils regardent la patience de Dieu comme une sorte de faiblesse, d’impuissance. Ils considèrent cela comme une incapacité d’agir de la part de Dieu. De fait, si Dieu agissait et punissait chaque fois que l’homme commet des erreurs, peut-être, il n’y aurait plus personne sur terre.

La patience de Dieu n’est pas sa faiblesse mais sa grandeur et sa clémence. Elle implique que Dieu a mis son espérance en nous. Autrement dit, Dieu attend à ce que nous nous convertissions un jour ou l’autre. Donc, la patience est le fait d’attendre jusqu’au bout.  Mais ce n’est pas à notre façon car nous, en attendant parfois nous supposons le pire, nous nous inquiétons, nous avons des exigences, nous essayons de prendre le contrôle etc.  Par contre, pour Dieu l’attente n’est pas telle ni une sorte d’inactivité. Son attente est active et pleine de confiance : celle qu’un jour les pécheurs se reprennent et s’amendent pour porter un fruit de conversion.

La patience de Dieu implique son pardon. Dieu est un Dieu de la deuxième chance voire de la troisième ou quatrième. Lorsqu’on est patient comme Dieu, on ne se précipite pas. On arrive à bien distinguer et discerner les choses. On voit calmement ce qui est le bon blé et ce qui est l’ivraie dans notre cœur et même chez les autres dans le monde.  On supporte tout. On ne se focalise pas sur un ou deux défauts de la personne ou une partie de la personnalité de quelqu’un pour ensuite juger la personne sévèrement. A la différence de cette tendance, les gens comblés de la vertu de patience regardent les autres, surtout ceux qui leur ont causé beaucoup de mal et de blessures dans leur totalité. En d’autres termes, on peut dire qu’ils ne considèrent pas ou classifient pas ou jugent pas les gens en mettant différents types d’étiquettes sur eux juste pour quelques défauts de leur personnalité. Comme Jésus, ils respectent la personne en la séparant de son péché. Il n’identifie pas et n’associe pas le péché et la personne. C’est pourquoi même sur la croix, Jésus a pu dire : ‘ Père, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font’.

Chers frères et sœurs et surtout Diana toi qui fait ta profession de foi aujourd’hui, rappelle-toi que la vertu de la patience est très importante dans notre vie de foi. Il y aura sans doute beaucoup d’obstacles, des hauts et bas dans notre vie. Pour faire face à n’importe quelle épreuve et défi, il faut beaucoup de patience. Rappelons-nous que la patience est une grâce de Dieu, c’est une grâce de l’Esprit Saint. Comme l’Esprit nous aide à prier avec des gémissements inexprimables, de même l’Esprit nous fait avancer dans notre vie de prière à travers la grâce de la patience.  Prions pour qu’ensemble avec Diana, nous grandissions tous dans la persévérance de la vertu de patience et du pardon.

Amen.

Ashok BODHANA sj