Homélie du 4ème dimanche de Pâques

Si St Jean, dans l’Apocalypse, nous fait voir une liturgie céleste quelque peu déroutante, c’est surtout pour que nous entendions que Dieu établira sa demeure chez nous, que nous n’aurons plus faim ni soif, que l’agneau sera notre pasteur, et que nos yeux seront essuyés de toutes larmes. Il est normal de penser que cette foule immense, que nul ne peut dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues qui se tiennent devant le Trône et devant l’Agneau, et qui ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau, est le peuple des croyants que nous formons aujourd’hui. Car la faim, la soif, c’est bien ce que nous expérimentons. Il y a toutefois une autre face à ce mystère que l’Apocalypse nous révèle et qui n’est perceptible que par la foi : ce que nous vivons présentement est en réalité le vrai culte de Dieu. Le ciel est déjà là –nous le disons sans vraiment en prendre conscience- mais il n’a pas encore manifesté son visage de gloire. Tout est accompli dans la Pâque du Christ, mais il nous reste à vivre, pour notre propre compte, ce combat même que Jésus a mené.

Qu’il y ait combat, cela est évident. Il n’a pas épargné Paul et Barnabé, chassés d’Antioche. Battus, rejetés par la communauté de cette ville, ils vont répandre l’Evangile ailleurs au point que cet appel à partir jusqu’aux extrémités de la terre leur procure beaucoup de joie. Combat également lorsque le Christ dit que jamais ses brebis ne périront, que personne ne les arrachera de sa main et de celle du Père. Il y a donc danger pour elles de périr et d’être séparées de Dieu. Est donc évoqué ici tout ce qui peut entamer notre foi, tout ce qui peut nous faire perdre cette assurance dont Paul et Barnabé font preuve. Car ils auraient pu conclure après cet épisode d’Antioche que l’évangélisation n’était pas à leur portée : ils ont conclu au contraire que le monde entier s’ouvrait à eux. Ainsi en va-t-il de tous nos échecs : ils ferment un chemin pour en ouvrir un autre, si nous savons lire ces événements dans la foi.

Finalement, ce dimanche parle d’espérance ! une espérance qui se fonde en réalité sur cette parole du Christ : « mes brebis écoutent ma voix ». Et si nous donnons foi au fait que pour Jésus, « jamais nous ne périrons » « personne ne nous arrachera de la main de Dieu », notre présent en est changé. L’espérance vaut pour aujourd’hui et non pour demain. Seul l’espoir nous tourne vers demain. Plus important est l’espérance : elle nous ancre dans l’aujourd’hui. Comme les croyants d’Antioche, nous avons droit à la joie tout de suite. C’est tout de suite que nos larmes sont essuyées de nos yeux, que nous trouvons les sources d’eau vive. Il nous faut avoir le courage d’oser la joie, tout de suite, même devant la mort.

Entendons le Christ nous dire : « Le Père et moi, nous sommes UN ». La résurrection ne fait que manifester cette unité qui est déjà là. Ce qui révèle à quel point la vie éternelle habite tout ce que nous avons à supporter et à traverser. Soyons en certains : Dieu n’est pas loin et la liturgie céleste de l’Apocalypse manifeste le sens de notre liturgie d’aujourd’hui, celle qui se célèbre aussi bien par le sang de l’Agneau …que le nôtre.

 

Ph. Marxer s.j

Prière universelle

  1. En ce 4ème dimanche de Pâques, l’Eglise toute entière célèbre Jésus, le Bon Pasteur, rends-nous attentifs à ta voix pour que nous la reconnaissions parmi toutes ces voix qui nous appellent et cherchent à nous détourner de Ta volonté.
  2. Pour tous ceux que tu appelles à l’humble service de ton troupeau: prêtres, cathéchistes, accompagnateurs, aumoniers, Seigneur nous Te prions
  3. Pour les artisans de justice, responsables politiques, magistrats, enseignants, chercheurs qu’ils soient signes de Ta lumière dans le monde.
  4. Pour tous ceux qui souffrent dans leur coeur ou dans leur chair: malades, handicapés, prisonniers, sans domiciles et tous leurs proches. conduis-les Seigneur aux sources de la vie où tu essuierras toutes les larmes de leurs yeux. Seigneur nous te prions.
  5. Pour les membres de la communauté paroissiale en péleriage à Loyola, Seigneur nous Te prions.