Le Vendredi 8 mai 2020, Jn 14, 1-6, par P. Ashok BODHANA s.j.

 

Chers frères et sœurs,

Nous sommes le vendredi 8 mai 2020. L’évangile d’aujourd’hui commence par cette parole de Jésus : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé (dans d’autres traductions nous avons : troublé) » (Jn 14, 1). Si certains d’entre nous, nous traversons un moment d’angoisse, d’inquiétude, de tension, d’épreuve, de crise, de peur, de tristesse, de déception, de dépression… si nous n’arrivons pas à voir l’autre bout du tunnel rappelons que cette parole de Jésus s’adresse à nous de manière personnelle.

Ecoutons, d’abord, l’évangile de ce jour, Jn 14, 1-6.

« Que votre cœur ne soit pas troublé, bouleversé ». Jésus adresse cette parole réconfortante à ses disciples dans son discours d’adieu avant sa passion et crucifixion. Pourquoi ? Parce que le départ de Jésus et la perspective de rester livrés à eux-mêmes sans leur maître, font naitre dans leur esprit une profonde angoisse qui risque de les submerger. Les disciples anticipent leur peur en pensant qu’ils seront orphelins. A ce stade, Jésus les réconforte en disant n’ayez pas peur, gardez espérance et croyez, et faites preuve de confiance en Dieu.

Ensuite, il leur parle de la maison de son Père et les rassure leur disant qu’il y a beaucoup de demeures et qu’il leur prépare une place. De façon générale, le mot « maison » signifie un endroit de sécurité, de protection. Elle est aussi une place d’amitié, de fraternité et d’amour. Nous nous sentons vraiment chez nous dans nos maisons.

Par “la maison de son Père”, Jésus fait allusion au ciel, au paradis. “Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père” peut simplement signifier que dans le ciel il y a de la place pour tous. Une maison terrestre devient surpeuplée ; une auberge terrestre doit parfois refuser le voyageur fatigué parce que son logement est épuisé. Il n’en va pas de même pour la maison de notre Père, car le ciel est aussi large que le cœur de Dieu et il y a de la place pour tous. C’est ce que Jésus dit à ses disciples : “N’ayez pas peur. Les hommes peuvent vous fermer leurs portes. Mais au ciel, vous ne serez jamais exclus”. Dans la maison de Dieu, il n’y aura aucune place pour discrimination par rapport à la couleur, à la classe, à la caste, à la langue etc… . Tous ceux qui gardent leur espérance en Dieu seront certainement accueillis dans sa maison quelle que soit leur origine.

Quand Jésus dit que « Lorsque je serai allé vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, si bien que là où je suis, vous serez vous aussi. Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin », Thomas, qui était à la fois sceptique et réaliste, a parlé au nom de tous les disciples en disant : “nous ne savons ni où tu vas, ni comment nous y arriverons par nos propres moyens”. Thomas était une personne très pratique, “terre à terre”, qui voulait voir la carte et les points de repère indiquant le chemin exact qui mènerait au refuge souhaité. Thomas représente chacun d’entre nous également parce que nous voulons avoir des indications et des directions précises quand nous voyageons ou quand nous faisons des randonnées dans les forêts et dans les montagnes. Il est vraiment frustrant de ne pas avoir une carte de route dans un endroit qu’on ne connaît pas.

A ce stade, il faut remarquer et comprendre une chose importante. De fait, Jésus parle à ses disciples sur un registre spirituel mais ses disciples le comprennent et pensent toujours sur un registre terrestre. Jésus répond à Thomas en disant, « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14, 6). C’est la phrase centrale de l’évangile d’aujourd’hui.

Jésus proclame : Je suis le chemin (Jean 14,6). Lui seul connaît le chemin vers le Père car il a été avec le Père depuis le début – avant même que le temps et la création n’existent. Le Seigneur Jésus nous donne plus qu’une feuille de route et un guide. Le chemin que Jésus propose, donc, n’est pas une chose ou une direction mais une personne c’est lui-même. Il faut le suivre. Pour cela il faut d’abord et avant tout avoir sa connaissance de manière personnelle et intime. Ensuite, le chemin n’est pas quelque chose d’extérieur, de visible et de tangible mais quelque chose d’intérieur, au-dedans de notre cœur, d’invisible mais réel. Quand Jésus dit « je suis le chemin », il prépare notre cœur pour aller vers la maison de son Père. Il suffit d’accepter Jésus dans notre cœur et le laisser nous montrer le chemin au fur et à mesure de notre vie.

Ensuite, de manière générale, beaucoup  peuvent dire : “Je vous ai appris la vérité”. Seul Jésus peut dire : “Je suis la Vérité”. Donc, la vérité n’est pas non plus une chose mais une personne, Jésus. Il possède en lui la plénitude de la vérité. Il a promis à ses disciples que s’ils continuaient dans sa parole, ils apprendraient la vérité et la vérité les libérerait” (Jean 8,31). La vérité que Jésus proclame a le pouvoir de nous libérer de l’ignorance, de la tromperie et du péché. Jésus incarne la vérité dans sa personne.

Enfin, Jésus proclame qu’il est la Vie (Jean 14 :6). Il nous montre non seulement le chemin de la vie (Psaume 16:11) mais il donne le genre de vie que seul Dieu peut donner – une vie abondante qui dure pour toujours.

Intention :

Je prie pour tous ceux qui aujourd’hui essaient de trouver un chemin, une direction, un sens dans leur vie. Il y a beaucoup de gens qui cherchent la vérité dans plusieurs domaines. Il y a des gens qui désirent avoir une vie d’abondance en joie, en paix et en amour. Le seul chemin, la vérité et la vie c’est Jésus le Christ. Je prie qu’ils se tournent vers Jésus et que Jésus leur fasse découvrir le chemin, la vérité et la vie en abondance en lui. Amen.