Video du Lundi 23 mars 2020, Jean 4, 43-54, par P. Claude CHARVET sj

 

Il y a un père, fonctionnaire royal, son fils  a la fièvre, avec un diagnostic vital engagé. C’est tellement actuel, même si à Bordeaux la déferlante ne nous a pas encore atteint…

La parole de Jésus est très ferme : “Si vous ne voyez pas des signes et des prodiges, vous ne croirez donc pas !” C’est le chemin que Jésus propose au fonctionnaire de prendre : passer du “voir” au “croire“, de “l’oeil” à “l’oreille intérieure” cette distance intérieure peut être beaucoup plus importante que les 20 km qui séparent Capharnaüm de Cana de Galilée. Il faut sortir du voir : tous les renseignements sur le virus, les hôpitaux en ordre de bataille, les réseaux sociaux en délire pour augmenter la peur…

Quand le fonctionnaire demande à Jésus de se rendre physiquement auprès de son fils mourant on est encore dans le visible. Jésus lui répond :”Va, ton fils est  vivantL’homme crut à la parole de Jésus et il part, sans Jésus… Il refait la route, seul,  avec pour unique bagage la parole dite par Jésus… Il croit à la parole d’autorité de Jésus, une parole qui dit ce qu’elle fait comme Dieu au premier jour de la création :”Que la lumière soit et la lumière fut” Il est vraiment en route dans ce travail pour passer du voir au croire.

Cette parole de vie est confirmée par la rencontre des serviteurs du fonctionnaire qui courent lui apporter la bonne nouvelle que son fils est vivant. Il se rend compte, il reconnait alors qu’il a cru à la Parole de Jésus… Il est devenu croyant en se mettant en route sur la parole de Jésus, il est maintenant arrivé où Jésus voulait l’amener : à la foi en Celui qui fait, par sa Parole, passer de la mort à la vie… Voilà le signe que Jésus voulait poser : comment le père passe du voir au croire… Le miracle, le récit ne nous le fait pas voir, il est seulement dit que le fils est vivant… On ne le voit pas…Il y a rien à voir : seulement à croire en la Parole de Jésus… Il est confirmé pas le témoignage des serviteurs… Et le père n’a toujours pas vu son fils…Mais le père croit ainsi que tous les gens de sa maison.

Pour nous aujourd’hui, cet évangile de Jean nous demande aussi de prendre ce chemin de foi non pas en une promesse “ton fils vivra” ou à un souhait ” qu’il te soit fait comme tu crois”… Mais l’affirmation “Ton fils est vivant”  est au présent… Ici et maintenant, à travers la crise que nous vivons, dans notre fragilité biologique comme dans notre histoire de pécheur, le chrétien que nous sommes croit qu’il est délivré de la mort définitive et dès maintenant qu’il est vivant de la vie du ressuscité. Je suis invité à faire ce chemin du voir au croire, à m’approprier la Parole de Jésus qui a vaincu la mort et qui est ressuscité en qui me dit :”Aujourd’hui, ton fils est vivant“.