Mardi 28 avril 2020, Jn 6, 30-35 par P. Ashok BODHANA s.j.

 

Le Pain de la Vie

Chers frères et sœurs,

Nous sommes le 28 avril 2020. Un proverbe indien dit que, « Le but de toutes professions est d’abord et avant tout, de pouvoir gagner le pain quotidien, de pouvoir nourrir la faim de l’homme ». De manière générale, tout le monde va chercher du pain dans une boulangerie parce qu’il est indispensable pour vivre. L’évangile d’aujourd’hui parle d’un autre pain venant du ciel, le pain qui nous nourrit et nous rassasie pour vivre éternellement.

Ecoutons donc l’évangile de St. Jean 6, 30-35

Depuis la semaine dernière, notamment depuis le miracle de la multiplication de 5 pains et 2 poissons par Jésus dans le chapitre 6 de St. Jean, vous remarquez que le thème « du Pain, surtout du pain du ciel, du pain de vie éternelle » est mis en relief. A partir du moment où la foule a gouté, a été rassasiée par la multiplication des pains, elle n’a pas lâché Jésus. Elle était toujours à la recherche de Jésus, elle poursuivait Jésus partout où il allait, même en prenant les barques, en allant à Capharnaüm, en traversant l’autre côté de mer. Quand Jésus voit cette foule, ces gens-là, ce qu’il leur a dit mérite notre attention parce qu’à partir de ce moment-là qu’il leur explique ce que c’est le pain de la vie.

Remarquez que, d’abord, Jésus leur a dit, « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau (Jn 6, 26-27) ».  

Jésus, parle de deux types de nourriture : la nourriture qui se perd, c’est-à-dire, une nourriture physique, matérielle, terrestre, provisoire qui nourrit le corps. Sans doute, il faut accepter et respecter cette nourriture physique. Mais il ne faut pas que nous nous limitions seulement à cette nourriture terrestre qui est du domaine marqué par la mort. Par contre, Jésus insiste que nous nous tournions vers un autre type de nourriture qui ne se perde pas, une nourriture spirituelle qui nourrit, rassasie, renforce, renouvelle l’âme, l’esprit et qui demeure éternellement. Rappelez-nous surtout que cette nourriture est donnée par le Fils de l’homme que Dieu a marqué de son sceau. En d’autres termes, c’est la nourriture venant de Jésus le Christ lui-même.

Ensuite, la foule a demandé un signe de la part de Jésus pour voir et croire. Peut-être, certains, d’entre nous, nous aussi, nous faisons partie de cette foule parce que bien souvent la foule, le monde, la société a besoin de signes, de miracles, de guérisons et surtout de preuves pour voir et croire. Même si les signes sont importants pour croire ce qui compte le plus c’est d’écouter et de croire la vérité de la parole de Jésus, de sentir et de reconnaitre le Messie en Jésus. Mais la foule a toujours insisté sur le signe parce que la multiplication des pains et des poissons lui a fait penser à la « manne » venant du ciel qui nourrissait leurs ancêtres.

« La manne » avait toujours été considérée comme le pain de Dieu (Psaume 77 :24; Exode 16:15); et il y avait une forte croyance rabbinique que lorsque le Messie viendrait, il donnerait à nouveau la manne. Le don de la manne était considéré comme l’œuvre suprême de la vie de Moïse, et le Messie devait le dépasser. En d’autres termes, les Juifs défiaient Jésus de produire du pain de Dieu afin de justifier ses affirmations. Peut-être, ils ne considéraient pas le pain qui avait nourri les cinq mille comme du pain de Dieu ; La manne, selon eux, était une chose différente et un véritable test.

A ce stade, Jésus leur fait comprendre une chose très importante. La réponse de Jésus était double. D’abord, il leur a rappelé que ce n’était pas Moïse qui leur avait donné la manne ; c’était Dieu. Deuxièmement, il leur a dit que la manne n’était pas vraiment le pain de Dieu ; ce n’était que le symbole du pain de Dieu. Mais le vrai pain, le pain de Dieu était celui qui est descendu du ciel et qui a donné aux hommes non seulement la satisfaction de la faim physique, mais la vie, la vie éternelle.

Ensuite, vient la phrase la plus importante, la pierre angulaire de l’évangile d’aujourd’hui, « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. (Jn 6, 35) ». Comment comprendre ou quelle est la signification de cette affirmation de Jésus. Tout d’abord, le pain physique comme je vous ai dit au départ, soutient la vie. Sans cela la vie ne peut pas continuer. Mais qu’est-ce que la vie, la vraie définition de la vie ? De toute évidence, la vie signifie bien plus qu’une simple existence physique. La vraie vie est notre relation avec Dieu, cette relation de confiance, d’obéissance et d’amour à laquelle nous sommes tous appelés. Cette relation n’est rendue possible que par Jésus-Christ. À part lui, personne ne peut y entrer. En d’autres termes, sans Jésus il peut y avoir existence, mais pas la vie véritable.

Pendant cette période de confinement, une paroissienne m’a demandé, « comment puis-je vivre cette période difficile sans participer dans l’eucharistie avec les autres et surtout sans avoir le pain, le corps du Christ. Car, ce pain me fortifie spirituellement. Cela me manque beaucoup en ce temps. J’aimerais vous dire une seule chose c’est que le pain du Christ, le Corps du Christ c’est d’abord et avant tout sa parole. Comme le dit, le Christ lui-même, « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Mt 4, 4) ». Continuez à lire, à écouter, à méditer sur la parole de Dieu pendant ces jours pour nourrir votre âme pendant ces jours. Car c’est la parole de Dieu, le Pain de vie, qui est la source inépuisable pour la paix, la force intérieure, le réconfort, le soutient, la joie, la sagesse et la liberté intérieure. C’est elle qui nourrit notre vie de foi et notre relation avec Dieu.

Trois questions pour votre prière personnelle :

  • Quelles sont les paroles, les pensées qui habitent mon esprit pendant ces jours ? Quelles sont les paroles, les pensées, divines qui me sont adressé.
  • Est-ce que j’ai fait attention aux appels de Dieu pendant ces jours ou est-ce que je suis distrait par plusieurs choses ?
  • Ai-je assez de temps de prière personnelle pour nourrir mon âme de la parole de Dieu pendant ces jours ?

Intention :

J’aimerais prier pour tous ceux et celles qui se préparent pour la célébration de leur baptême, pour la première communion, pour la profession de foi, et pour la célébration du mariage, mais qui ont dû reporter leurs célébrations à cause de cette pandémie. Je les confie tous aux Seigneur. Que le Seigneur les accompagne, les soutienne et les nourrisse par sa parole d’encouragement dans la vie de leur foi au Christ. Amen.