Mardi 5 mai 2020, Jn 10, 22-30, par P. Joseph LACRETELLE s.j.

 

Chaque année, à Jérusalem, on se rappelait les grandes étapes de la formation du peuple de Dieu ; sa délivrance de la servitude de l’Egypte, sa longue marche à travers le désert, son installation en  terre promise, et  l’établissement en un endroit bien fixe d’un lieu pour actualiser et permettre la  rencontre de ce peuple avec Dieu : le Temple. C’est ce qu’évoque le passage d’évangile choisi pour ce mardi de la quatrième semaine du temps pascal : il nous rappelle qu’on célébrait à Jérusalem la fête de la consécration du temple. On s’y souvenait de la restauration de l’autel des sacrifices qui avait été profané par les païens. On se remettait en mémoire la splendeur du sanctuaire fondé par Salomon. C’était un pèlerinage, où s’exprimait la joie populaire.  Au long des fêtes de l’année, venir au temple faisait revivre le long exode à travers le désert, la marche vers la terre promise, les tentes et les campements, toutes ces époques où Dieu lui-même vivait sous la tente jusqu’au jour où le Temple enfin construit ou reconstruit serait sa demeure. Voici donc le passage d’évangile pour ce mardi de la quatrième semaine du temps pascal :

( lire l’évangile)

Ces jours derniers, nous avons été témoins au long des passages d’évangile, des rapports difficiles et tendus ,  entre Jésus et ses auditeurs. Ceux-ci se cabrent devant la prétention de Jésus à agir comme s’égalant à Dieu. Aussi viennent-ils là dans le temple encercler Jésus, prêts à le lapider s’il persiste à se comporter ainsi. Ils sentent bien en leur cœur que Jésus agit  d’une manière qui pourrait bien être révélatrice qu’il est bien le messie. Mais ils ressentent aussi en lui le dévoilement d’une intimité avec Dieu, qu’ils lui refusent, et la manifestation d’une autorité souveraine  qui les irrite et les bouscule dans l’image qu’il se font de Dieu. Ils voudraient que Jésus se déclare être le messie à leur mesure, à leur manière, selon leur vues ; et ce n’est pas le cas.

N’est-ce pas quelquefois la même chose pour nous ? Nous voudrions un Dieu à notre image ; Et Jésus se présente différemment. Nous attendons de sa part pour le suivre, pour lui obéir, des affirmations péremptoires qu’il nous donnerait et auxquelles alors nous acquiescerions, pensons-nous, et nous refusons de nous engager alors qu’il nous fait signe, mais signe qui ne se dévoile pleinement comme signe qu’en faisant le saut d’y acquiescer.

Il nous faut regarder dans les évangiles les œuvres que Jésus accomplit et en même temps accueillir ce que Jésus en dit :  « les œuvres que je fais , moi , au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage.Mais vous, vous ne me croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père qui me les a données est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père.Le Père et moi, nous sommes un.


Si vous le voulez, je vous propose de prendre un temps de prière méditative pour vous mettre à l’écoute de cette parole de Dieu dans l’évangile d’aujourd’hui :

Un geste que je choisis peut m’aider à rentrer en prière, me mettant en présence de Dieu qui m’aime.

La grâce à demander : d’être à l’écoute du Seigneur.

Trois points possibles d’attention :

  1. ‘’Mes brebis écoutent ma voix, je leur donne la vie éternelle’.
    Me rendre attentif à ce désir qu’a Dieu pour moi et pour tous.
  2. ‘Personne ne les arrachera de ma main ; personne ne les arrachera de la main de mon Père’.
    Goûter combien nous sommes, tous et chacun, précieux aux yeux de Dieu
  3. ‘Le Père et moi nous sommes un’. Mystère de la vie intime de Dieu, qui nous dépasse infiniment’.
    Adoration.

Je ne cherche pas à tout parcourir de cette réflexion ; je m’arrête à ce qui me nourrit,et je termine par exemple avec un notre Père ou une prière à Jésus, ouà l’Esprit saint, ou à la vierge marie…
Et je termine par le signe de la croix.