Office de la Croix – Année A – 3 avril 2026
Office de la Croix – Année A – 3 avril 2026
Lectures : Is 52, 13 – 53, 12 Ps 30 He 4, 14-16 ; 5, 7-9 Jn 18, 1-19, 42
De ce récit de la Passion du Christ je retiendrai l’invitation au silence qui nous est faite par le Christ.
Quand Jésus meurt en croix, les bruits, les cris et les mensonges laissent la place au silence. La mort de Jésus vient faire taire la méchanceté et la lâcheté des hommes.
“Tout est accompli” ( Jean 18,30). Soudain un silence règne. Celui de la consternation de la multitude dont nous a parlé Isaïe face à cet homme défiguré qui ne ressemblait plus à un homme. Silence d’une prise de conscience de jusqu’où l’homme est capable d’aller par jalousie et par orgueil.
Mais ce silence de mort dans lequel le Christ Jésus est plongé est pourtant déjà le lieu même d’une victoire annoncée. C’est le silence précédant l’oeuvre de la création de Dieu dans le livre de la Genèse. C’est le silence d’où jaillissent des paroles d’encouragement, telles celles de Jésus pour la femme adultère : “Moi non plus je ne te condamne pas, va ne pèche plus”.
Il est des silences qui annoncent déjà la vie, des silences chargés d’espérance, des silences qui sont des preuves d’amour. Le silence du Christ en croix n’est pas un silence de tristesse mais bien un silence de confiance en Dieu son Père.
Le Christ ce soir nous invite à un tel silence, à nous tenir en silence du côté de ceux qui souffrent, à garder le silence face à l’absurdité des humains, à goûter le silence qui est un lieu de paix.
Le monde a tant besoin de silence pour renaître à nouveau. Nos vies ont tant besoin de silence car c’est bien là avec le Christ que se reçoit une espérance plus forte que tout.
Voilà ce que nous sommes appelés à contempler ce soir en venant vénérer la Croix du Christ. Cette Croix porte l’homme des douleurs et nous propose le Christ vainqueur du mal et de la mort.
Après avoir vénéré la Croix, nous irons humblement recevoir le Corps du Christ.
Jean-Jacques Guillemot sj et l’EAL Saint François


