19ème dimanche du temps ordinaire

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19ème dimanche du temps ordinaire – année C – 7 août 2022

Lectures :    Sg 18, 6-9     Ps 32       He 11,1-2.8-19            Lc 12, 32-48

Homélie du dimanche 7 août 2022

             Tous les exégètes s’accordent pour dire que l’on a dans ce long évangile la juxtaposition de beaucoup de paroles ou de thèmes abordés par Jésus à l’occasion de ses rencontres avec la foule ou les pharisiens : la nécessité de la vigilance, la liberté par rapport aux biens matériels, la générosité, la tendresse de Dieu, l’espérance…

            J’ai retenu pour ma part ce qui est dit dans la « lecture brève » telle qu’elle est indiquée dans Prions en Église :

                        « Restez en tenue de service,

                        Soyez comme ceux qui attendent le retour de leur maître… »    Lc 12, 35

            Nous pouvons entendre cette annonce du grand retour du Seigneur comme la promesse qu’à notre mort le Christ viendra nous prendre par la main et nous conduire jusqu’à son Père… Il se peut aussi qu’il s’agisse de la fin du monde, et malheureusement les événements politiques, économiques, écologiques… n’excluent pas cette possibilité : que la terre elle-même se saborde !  D’Israël au Yémen, de l’Ukraine à Taïwan, des feux de forêt au réchauffement climatique, de l’inflation à l’écart toujours croissant entre riches et pauvres, …le monde va mal et court sans doute à sa perte…

            Pourtant il n’a jamais abandonné, même aux pires moments de son Histoire, cette humanité sortie de ses mains, de son bon vouloir, et il ne peut renier ce qu’il a tant aimé, qu’il aime peut-être de plus en plus tant la souffrance des hommes est aussi souffrance divine !

 « La vengeance de Dieu, disait un grand mystique, c’est … son pardon ! »

            Alors je retiens de ces paroles du Christ la nécessité et l’urgence pour nous de veiller, de nous tenir prêts, de garder nos lampes allumées et nos ceintures autour de la taille. Cela veut dire sans doute ne pas désespérer, attendre, désirer ce retour, supplier le Seigneur qu’il nous protège, et accueillir dans la confiance et la joie cette promesse qu’il reviendra pour nous sauver et nous servir.

            La tentation est grande aujourd’hui de nous laisser prendre par la facilité, le confort, la tranquillité, l’indifférence, le consumérisme… Le Christ nous invite à un tout autre chemin, celui de l’intériorité, de la vigilance, du service.

 « Je suis le chemin, la vérité, la vie » disait-il à ses disciples…

Alors comment continuer à vivre s’il n’est pas au cœur de nos pensées, de nos attentes, de nos espérances ? Les événements qui secouent le monde sont certes redoutables, mais nous pouvons les traverser avec le Christ à nos côtés en sachant que son amour est plus fort que toutes nos trahisons et qu’il a vaincu la mort…

Georges Cottin sj