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22ème dimanche du Temps ordinaire – Année A – 30 août 2026

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22ème dimanche du Temps ordinaire – Année A – 30 août 2026

Lectures : 1ère lecture : Jr 20, 7-9 ; Psaume 62 ; 2ème lecture : Rm 12, 1-2 ; Évangile : Mt 16, 21-27

    « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive … »

      Nous connaissons bien cette expression : « porter sa croix ». Elle dépasse largement le cercle des chrétiens et cette croix est probablement le symbole le plus connu au monde. On la porte comme un bijou, on la trouve dans nos maisons, on la trouve encore en bordure de nos routes. C’est aussi avec cette croix que nous catholiques nous nous marquons ou sommes marqués lorsque nous entrons en célébration, ou lorsque nous recevons les sacrements .

     La croix est un symbole puissant et terrible à la fois. La preuve en est que l’Église a mis du temps à l’adopter comme signe visible de son attachement à Jésus Christ. Ce n’est qu’au 4ème siècle que l’on voit apparaître l’image de la croix. Il aura donc fallu attendre plus de trois siècles avant qu’elle ne soit utilisée comme signe visible de leur foi par les chrétiens.

     Cette croix a tellement marqué l’imaginaire depuis deux mille ans qu’elle demeure une image de référence pour évoquer nos souffrances et nos épreuves . Mais elle évoque bien plus que cela pour nous chrétiens. Relisons le dialogue entre Pierre et Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui pour en comprendre le sens.

     Lorsque Pierre s’oppose à Jésus quand ce dernier évoque sa passion à venir, Jésus lui répond : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute ! »  Ces dures paroles de Jésus à Pierre nous révèlent tout d’abord combien tout au long de sa vie terrestre Jésus a eu à affronter la tentation de fuir et de renoncer à sa mission. Sa prière se fera même suppliante au jardin de Gethsémani afin que cette croix lui soit évitée. Mais il est fidèle à son Père et son amour pour notre humanité est infini. Tout en voyant se profiler sa passion à l’horizon, il accepte cette croix et il la portera jusqu’au Calvaire en notre nom.

     Jésus traite Pierre de Satan car il cherche à le détourner de sa mission, et Jésus nous invite à notre tour à porter nos croix. Non seulement la croix d’un quotidien parfois exigeant et difficile mais aussi la croix éprouvante de nos vies marquées par les exigences de l’évangile – cette croix qui est renoncement à nous-mêmes , don de soi au nom de Jésus – lui qui nous invite à marcher avec lui.
    Voilà le point important : porter cette croix avec le Christ, marcher dans la confiance avec lui. Jésus nous rappelle que nous ne sommes pas seuls quand nous portons nos croix. En effet, si nous sommes invités à marcher avec lui, c’est que lui le premier a marché avec nous.

    Porter sa croix avec le Christ c’est donc entrer dans un long compagnonnage avec lui. C’est lui demander de nous guider et de nous soutenir à travers les épreuves et les engagements de nos  vies afin que l’obscurité ne l’emporte pas sur la lumière. Amen.

                                      Jean-Jacques Guillemot sj