32ème dimanche du temps ordinaire – 8 novembre 2020

 32ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A- 8 novembre 2020

Lectures : Sg 6, 12-16      Ps 62      1 Th 4, 13-18      Mt 25,1-13

Voici la feuille de chants pour suivre la messe

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HOMÉLIE :

                                  Il y a quelque chose de fou dans ce que nous vivons ce matin de confinement où nous célébrons la messe dans notre église vide, portes fermées, avec 6 personnes pour prendre les images et le son, lire les textes et chanter, célébrer sans la communauté rassemblée. Il faut une foi grosse comme un grain de moutarde pour croire que la technique nous met en présence les uns des autres et que le Christ est avec nous en cet instant, comme tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Il faut la force de l’Esprit Saint pour croire « que la Sagesse se trouve assise à notre porte, elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle nous apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de nos pensées, elle vient à notre rencontre » (Sg 6,14). Il ne faut pas être abattus, en ce temps de re-confinement, comme les autres qui n’ont pas d’espérance : « Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui ». (1 Th 4,14) Si nous célébrons ainsi ce matin c’est avec l’assurance que l’’Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse et nous permet d’avancer sur le chemin de la mort et de la résurrection de Jésus.

Pour comprendre un peu cette parabole des jeunes filles invitées à des noces, même en temps de confinement, il faut partir de la fin :« Celles qui étaient prêtes entrèrent avec l’époux dans la salle des noces et la porte fut fermée »

Voilà enfin le moment tant attendu et qui se réalise : la rencontre avec l’époux et la participation à ce grand repas de noces. C’est pour cette rencontre que nous nous sommes préparés ensemble, nos avons mis nos habits de noces, nous avons préparé nos lampes. C’est notre désir le plus personnel et le plus communautaire que de répondre à cette invitation qui oriente tout le sens de notre vie humaine et chrétienne : L’abbé Pierre nous le disait la semaine dernière à propos de la mort mais on peut reprendre les mêmes mots pour l’invitation à ce repas de noces : « La mort c’est avant tout l’éblouissement d’une rencontre fantastique, au-delà de toute imagination, avec Dieu et avec les milliards d’humains qui ont existé ! Oui, la mort peut être un merveilleux moment de notre vie. Je suis convaincu qu’il y a deux choses essentielles dans la vie, deux choses qu’il ne faut pas rater : aimer et mourir. »
La vie éternelle ne commence pas après la mort. Elle commence maintenant, en cette vie, dans le choix que nous faisons chaque jour de se suffire à soi-même ou de communier aux joies et aux peines des autres. Le partage de l’humanité n’est pas entre les « croyants » et les « non-croyants ». Il est entre les « suffisants » et les « communiants », entre ceux qui se détournent devant la souffrance des autres et ceux qui acceptent de la partager. Dieu n’aura pas à nous juger. Le jugement, ce sera cet instant de pleine lumière où chacun se verra tel qu’il s’est fait : suffisant ou communiant…    Ne rêvons pas notre vie : faisons-la. Ne nous payons pas de mots : aimons. Alors quand nous sortirons enfin des ombres du temps, notre cœur sera tout brûlant parce qu’il s’approchera de la source tout Amour. »

Pardon d’avoir cité si longuement l’Abbé Pierre, mais je crois qu’il illustre bien la pointe heureuse de cette parabole : il nous est demandé aujourd’hui d’attendre amoureusement l’époux en communiant aux joies et aux peines des autres, proches ou lointains. C’est notre manière de veiller en aimant, d’aimer veiller pour attendre Celui que mon cœur aime…

Claude Charvet sj