3ème Dimanche de Pâques – Année A – 19 avril 2026
3ème Dimanche de Pâques – Année A – 19 avril 2026
Lectures : Ac 2, 14.22b-33 Ps 15 1 P 1, 17-21 Lc 24, 13-35
Si l’un des deux disciples d’Emmaüs s’appelle Cléophas, le second n’a pas de nom car il s’agit de chacun d’entre nous – dont l’espérance, parfois ou souvent déçue, est toujours appelée à “renaître” au contact du Christ Ressuscité … Au départ ce récit est l’histoire d’une espérance déçue. Jésus a opéré des merveilles et ses disciples ont espéré que c’est lui qui sauverait Israël. Ils lui ont fait confiance totalement. Mais voilà qu’il s’est fait tuer ! Il y a certes une rumeur qui circule, concernant sa résurrection ! Mais nos amis d’Emmaüs trouvent qu’il s’agit d’une “histoire de femmes”, qui ne peut les convaincre … Alors ils s’en vont tout tristes et déçus.
Nous leur ressemblons bien souvent. Nous sommes nés dans ce monde qui, depuis 2000 ans, a connu des cultures marquées par la foi en Jésus. Celle-ci est arrivée à gagner notre adhésion personnelle : nous nous disons disciples de Jésus et nous comptons sur lui. Mais nous sommes souvent ces disciples marqués par la tristesse et le découragement, particulièrement lorsque la réussite, le bonheur et la paix ne sont pas au rendez-vous, ou bien lorsque la maladie, les difficultés et les échecs ou encore le deuil viennent nous toucher et bousculer notre vie.
Mais voilà que sur ce chemin d’Emmaüs le Ressuscité rejoint incognito les deux disciples découragés. Il va faire route avec eux, il va leur donner l’occasion de parler, de “vider leur sac”, il écoute patiemment ses interlocuteurs, leurs plaintes et leurs déceptions. Ensuite, il prend le temps de leur expliquer longuement par la Parole de Dieu tout ce qui est arrivé à Jésus et alors il les accompagne jusque dans leur village où il accepte l’invitation de “rester avec eux” dans cette maison où il va se faire reconnaître par la fraction du pain.
Sur nos chemins de doute et de découragement, Jésus marche avec nous et nous écoute. Il nous invite à ne pas nous arrêter au tombeau mais à ouvrir notre cœur … Il nous explique les Écritures le concernant et nous expérimentons que la Parole de Dieu, reçue avec foi, enflamme le coeur et nourrit notre foi. Avec ce regard de foi, nourri par la Parole, le signe du Pain rompu et partagé vient montrer que le Christ est vivant et qu’il ne cesse de manifester sa Présence par de nombreux indices dans notre histoire et nos communautés. Lorsque l’on a reconnu et accueilli le Christ vivant, le cœur étant rempli de joie, on ne peut pas garder cela pour soi-même. Les disciples d’Emmaüs reconnaissent désormais que le Christ est vraiment ressuscité. Ils revivent, ils « ressuscitent » et rentrent à Jérusalem pour aller partager la bonne nouvelle aux autres disciples !
Oui, un chemin de tristesse peut devenir chemin de résurrection, où l’espérance déçue est retrouvée et finalement partagée … C’est à cette résurrection que nous sommes conviés à conduire les autres, en prenant avec eux le chemin du partage :
– partage de la route – partage de la Parole de Dieu – partage du repas ie de l’Eucharistie.
Que la joie du Ressuscité traverse nos cœurs et nos esprits et rayonne autour de nous. Amen
Jean-Jacques Guillemot sj


