Dimanche 1er août 2021 – 18ème dimanche du temps ordinaire

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Dimanche 1er août 2021 – 18ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Lectures  :    Ex 16,2-4.12-15      Ps 77       Ep 4,17.20-24              Jn 6,24-35

Homélie :

                  A la suite de 18 mois de confinement où nous avons peut-être moins dépensé, l’envie de consommer des nourritures, des kilomètres, des plaisirs peut nous reprendre comme une compensation, un dû après tant de frustrations ; comme si le fait de consommer plus et de nous rassasier en abondance pouvait satisfaire notre désir de vivre autrement. Le temple de la consommation est bien séduisant, comme les nourritures de viandes grasses au temps de l’esclavage en Egypte : nous avons à portée de nos mains, toutes les nourritures et toutes les boissons, tous les écrans qui peuvent nous faire tomber dans les pires addictions, nous enchainer sur nous-mêmes ou avec d’autres dans des heures de jeux qui ne nous rassasieront jamais…

                  L’avertissement de Jésus est alors sérieux à entendre : « Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’Homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Si nous acceptons de lever un peu les yeux au-dessus du guidon et de chercher un sens à ce que nous vivons (ce n’est pas ringard de le faire !), la question des auditeurs est alors juste : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » La réponse de Jésus fuse : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé »

Nous sommes alors invités à revoir toutes les images que nous avons de Jésus, depuis celles que nos grands-mères nous ont données (elles peuvent être très belles) celles de l’éveil à la foi ou du caté, celles de l’aumônerie ou du temps du mariage, celles d’aujourd’hui…Il s’agit bien pour nous de croire en Jésus, celui que le Père a marqué de son sceau à son baptême (Tu es mon fils bien-aimé ! En toi, je trouve ma joie !). Il nous faut l’entendre parler avec autorité dans les synagogues au point de devenir dérangeant avec son ton de liberté. Il faut le voir prendre soin de chaque personne qui approche de lui et la guérir de ce qui l’empêche de vivre. Il faut accepter qu’il vienne manger et prendre du bon temps chez Matthieu et Zachée les publicains avec leurs amis qui n’ont pas bonne réputation. Il faut l’entendre parler avec la Samaritaine, cette belle étrangère à la vie bien peu ordonnée, qui cherche à boire une eau vive et à croire en vérité au Messie qui lui parle. Sa rencontre bouleverse sa vie : « il m’a dit tout ce que j’ai fait » au point que les gens de son village affluent vers Jésus, l’invitent deux jours complets et font l’expérience personnelle que ce n’est plus sur les dires de la femme qu’ils croient : « nous l’avons-nous-mêmes entendu et nous savons que c’est vraiment lui le sauveur du monde » (Jn 4, 42) Voilà ce qui nous est proposé aujourd’hui : croire en Jésus, en faire la rencontre personnelle, mystérieuse, bouleversante ; se laisser approcher parce qu’il vient à nous ; se laisser rejoindre dans nos lieux secrets pour qu’il y apporte la lumière et le pardon ; se laisser inviter à le suivre sur un chemin de vie et de liberté ; se laisser nourrir avec des pains et des poissons qui rassasient vraiment.

Alors la dernière demande de l’évangile de ce jour peut devenir la nôtre : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là », comme nous le disons chaque jour dans le Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». La réponse inouïe de Jésus dépasse tout, même Moïse qui avait entendu Dieu dire son nouveau nom dans le buisson ardent « Je suis qui je suis » ; Jésus vient me dire « Moi, Je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim, celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif ».

Seigneur Jésus, Merci pour ce pain que ton Père me donne chaque jour. Fais grandir ma foi en toi pour que je puisse te reconnaître dans chaque communion comme le pain de vie qui apaise ma faim, le vin de l’alliance qui désaltère ma soif de vivre et d’aimer.

Claude Charvet sj