Jeudi 1er avril office de la Cène

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Jeudi 1er avril 2021 – La Cène du Seigneur — Année B

Lectures  : Ex 12,1-8.11-14        Ps 115         1 Co 11,23-26              Jn 13,1-15

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Introduction

Chers frères et sœurs, nous sommes rassemblés en ce moment pour faire mémoire de la Cène du Seigneur. C’est à travers son dernier repas avec ses disciples que Jésus a institué l’Eucharistie. Au début de cette célébration, demandons-nous, « quelle est la place de l’Eucharistie dans notre vie ? ». Si nous y prenons part sans attention, sans préparation, sans goût, sans foi profonde, demandons à la fois le pardon et la grâce de saisir le sens profond du mystère de l’Eucharistie dans notre vie.

Homélie :

Nous avons commencé la célébration de ce jeudi saint à 12h30. De fait, c’est l’heure de déjeuner pour beaucoup. Autrement dit, c’est l’heure du repas. Toutes les lectures d’aujourd’hui parlent de deux types de repas : le repas de Pâques dans le livre de l’Exode qui fait mémoire de la sortie du peuple d’Israël d’Egypte et le dernier repas de Jésus avec ses disciples avant son arrestation, sa passion et sa crucifixion.

De nos jours, à cause d’une vie trépidante, peut-être que certains d’entre nous mangent seuls et parfois en hâte en travaillant sur un ordinateur ou en regardant la télé ou avec leur téléphone. Sinon, de manière générale, un repas se mange ensemble en famille ou en communauté. Le repas est un lieu de rencontre et de partage non seulement de nourriture mais aussi d’amour et d’amitié avec nos proches. Autrement dit, c’est au cours de repas que nous exprimons et échangeons nos idées, nos nouvelles, nos sentiments …. Lors de fêtes et de célébrations importantes, il y a toujours un bon repas. Quel est son but ? Ce n’est pas simplement pour le plaisir de le goûter mais surtout pour faire mémoire ou pour revivre tel ou tel évènement important comme notre anniversaire de naissance ou de mariage etc.

Dans le livre de l’Exode, nous avons entendu que le jour du repas de Pâques sera pour les Hébreux un mémorial (Ex 12, 14). Dieu leur dit que chaque fois qu’ils mangeront ce repas, ils se souviendront de la manière dont Il les a protégés et les a fait sortir d’Egypte. En d’autres termes, on peut dire que notre identité dépend pour une part de notre mémoire, du souvenir de moments importants et émouvants vécus autrefois. De même, St. Paul souligne que, « chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Co 12, 26). Autrement dit, chaque fois que nous participons à l’Eucharistie, nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection du Christ.  Cela montre notre vraie identité chrétienne.

Au cours de la dernière Cène, du repas d’adieu avec ses disciples avant son arrestation et sa crucifixion, Jésus a fait et posé des gestes très importants pour que nous en fassions mémoire d’âge en âge. La première chose que nous notons dans l’évangile c’est que « Jésus les aima jusqu’au bout ». Il leur a donné un précieux cadeaux : l’Amour. Cet amour divin n’exclut personne. Remarquons par exemple que même s’Il savait que Satan était entré dans le cœur de Judas pour le livrer, il ne l’exclut pas de son repas.

Les gestes ou actions de Jésus lors de la dernière Cène méritent notre attention. D’abord, nous constatons qu’il se lève de table. Le fait de se lever signifie avoir de l’initiative, mettre de côté mon égo et aller vers les autres. Se lever veut dire aussi que je suis debout et disponible pour servir les autres. De même, se lever signifie la résurrection. Autrement dit, c’est être vivant pour se donner et servir. Ensuite, Jésus dépose son vêtement. De manière générale, nos vêtements signifient notre identité, qui nous sommes. « Déposer son vêtement » veut dire, comme le dit Saint Paul, que Jésus « ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur » (Ph 2, 6-8). Jésus, même Fils de Dieu, a mis de côté son identité divine et s’est penché pour servir.

Jésus, ensuite, commence à laver leurs pieds. De manière générale, avec nos pieds nous sommes en contact avec la terre, nous foulons la terre, la poussière. Bien souvent ce sont nos pieds qui sont salis. C’était uniquement les esclaves qui lavaient les pieds des gens.  D’un autre côté, les pieds sont des membres de notre corps qui risquent d’être blessés si nous trébuchons. Autrement dit, nos pieds sont une partie vulnérable. Jésus touche surtout cette partie terrestre, impure et vulnérable de ses disciples. Toucher leurs pieds signifie à la fois les purifier et les guérir. C’est pourquoi quand Pierre ne voulut pas être touché et lavé par Jésus, il lui dit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi ». Autrement dit, si nous ne nous laissons pas toucher par Jésus nous ne serons pas purifiés et guéris.

A la fin, Jésus dit à ses disciples, « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 15). Cela signifie que servir les autres n’est pas une option mais une obligation. Servir est une mission confiée aux disciples par le Christ.

La messe ou l’eucharistie n’est pas uniquement un lieu pour prier, méditer, se souvenir des paroles et des gestes de Dieu et ensuite communier à son corps et à son sang mais surtout c’est un lieu pour agir envers nos prochains qui sont dans le besoin. Autrement dit la messe doit nous pousser à aller, à aimer et servir les autres.  Lors de ce jeudi saint, demandons à Jésus la grâce d’être des serviteurs humbles et utiles qui partagent son amour aux autres. Amen.

Ashok BODHANA sj.