Vendredi de Pâques, le 17 avril 2020, Jn 21, 1-14, par P. Ashok BODHANA sj

Chers frères et sœurs,

Trop souvent Dieu vient à notre rencontre de manière imprévue, inattendue et discrète au cours de notre journée, de notre travail, de nos activités. Dans l’évangile d’aujourd’hui le Christ ressuscité vient rencontrer, vient se montrer à ses disciples, de telle manière sur le bord de la mer de Tibériade.

Écoutons l’Évangile d’aujourd’hui.

Après Pâques, après sa résurrection, Jésus se manifestait à ses disciples à maintes reprises. Dans l’évangile, nous avons son apparition aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade en Galilée. Auparavant, il y a quelques jours, les disciples étaient à Jérusalem mais maintenant, le lieu a changé. Ils se retrouvent à Galilée. Auparavant ils ont laissé, abandonné les filets, leur métier de pécheurs, ont tout risqué pour suivre Jésus. Mais à présent, ils reprennent leur travail. Ils reviennent à leurs tâches habituelles. Devant la passion et la mort de Jésus, leur espérance semble céder. Mais une chose réconfortante et positive c’est qu’ils sont toujours ensemble. Avec Simon-Pierre, il y avait sept disciples. Le chiffre sept représente la totalité, la plénitude et la perfection.

Cela dit, remarquons que c’est Pierre, un leader par excellence pour les autres, qui prend l’initiative comme d’habitude pour la pêche de nuit. Comme une bonne équipe d’auparavant, ils travaillent ensemble pour avoir une bonne et fructueuse pêche. Malgré leur expérience, leur expertise dans leur métier nous remarquons qu’ils ne prirent rien. Des fois, cela pourrait être, notre expérience également.  Malgré notre connaissance du métier, notre expertise et nos dons nous ne récoltons rien, nous ne portons pas de fruit. Nous ne réussissons pas notre vie. On se trouve devant un sentiment de vide. On ne sait pas quoi faire. Souvent et surtout dans telles situations, Dieu vient à notre rencontre pour nous aider. C’est le cas pour les disciples.

Remarquez que le Christ ressuscité ne s’est pas manifesté de manière spectaculaire, avec des effets spectaculaires comme au cinéma. Jésus se tenait simplement sur le rivage. Les disciples ne savaient même pas que c’était lui. Si on ne fait pas attention, si on ne remarque pas soigneusement, comme les disciples, nous non plus, nous ne reconnaissons pas le visage de Dieu car Dieu vient à notre rencontre, de manière inattendue, imprévue et discrète.

Notons bien les mots par lesquels Jésus s’adresse à ses disciples, « Les enfants,
auriez-vous quelque chose à manger ? ». Il ne les appelle pas, mes amis, mes disciples mais « mes enfants » c’est-à-dire, ils se comporte comme un papa. Il leur demande quelque chose qu’ils n’ont pas. De fait, un père connait ce dont ses enfants manquent. Mais quand on pose une question à quelqu’un c’est aussi d’abord, une manière d’entrer en relation et ensuite une occasion pour aider l’autre.

Quand les disciples répondent qu’ils n’ont « rien ». Jésus leur demande de jeter le filet à droite de la barque. J’aimerais juste attirer votre attention sur le côté, « à droite ». Symboliquement dans la culture juive ainsi que dans plusieurs d’autres cultures, le côté à droite est celui de Dieu, celui de la chance. Le côté droite représente la présence, la puissance de Dieu. Dans la culture indienne le côté droite signifie la pureté. Si on doit offrir un cadeau à quelqu’un il faut à la fois offrir et recevoir ce cadeau avec la main droite. Quoi qu’il en soit, nous remarquons que dès que les disciples obéissaient à la parole de Jésus, un grand miracle s’est produit. « Cette fois ils n’arrivaient pas à tirer le filet, tellement il y avait de poissons ». Aussitôt que le miracle se produit le disciple aimé de Dieu reconnait Jésus et dit « c’est le Seigneur ». Pourquoi seulement le disciple aimé arrive-t-il à reconnaitre Jésus ? Parce qu’uniquement ceux qui sont proches, ceux qui ont une expérience, profonde, intime et personnelle de Dieu arrivent à reconnaitre sa présence plus facilement que les autres.

La réaction de Pierre mérite notre attention. « Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il s’est jeta à l’eau ».  Cela me fait penser à Adam dans l’ancien testament. Dès que Dieu vient à sa rencontre Adam qui était nu se cache derrière un arbre. Ici, la première réaction de Pierre c’est de se cacher dan l’eau. Autrement dit, Pierre, souffre d’avoir renié Jésus trois fois. Quand on se sent coupable devant quelqu’un on a la tendance de se cacher. On a peur de l’affronter l’autre.

De toute façon, une fois que tout le monde est avec Jésus, c’est Pierre qui tire le filet jusqu’à terre et apporte des poissons. Remarquons : Jésus ressuscité, qui leur a demandé « Avez-vous quelqu’un chose à manger ? » c’est lui-même qui les invite à manger, c’est lui qui les nourrit en disant « venez manger ».  En fait, il les nourrissait par sa parole, par le pain, par les poissons, par sa personne. Autrement dit, cela évoque la scène eucharistique où nous sommes nourris et rassasiés à la fois par la parole de Dieu et par son pain. Ne notons qu’aucun des disciples n’osait lui demander « Qui es-tu ? ».  Parce que leur cœur brulait de la chaleur de son amour, une joie tranquille les envahissait et ils étaient tous émus. Pour nous aussi tel sera le cas, si nous rencontrons le Christ ressuscité dans notre vie.

Quelques questions pour notre prière personnelle :

  • Y a-t-il des moments de rencontre avec le Christ ressuscité dans ma vie quotidienne ?
  • Comment, par quel bilais le Christ vient-il à ma rencontre, par sa parole dans l’Ecriture, par les événements ou par mes amis ?
  • M’arrive-il souvent de rater des rendez-vous avec Dieu ? Pourquoi ?

Intention :

J’aimerais prier pour tous ceux et celles qui, malgré leurs dons, leurs qualifications et les diplômes nécessaires pour un emploi qu’ils méritent n’arrivent pas à avoir un boulot approprié dans leur vie. J’aimerais également confier au Seigneur les gens au chômage. Que le Seigneur vienne à leur rencontre, à leur aide et qu’il leur montre un chemin pour trouver un bon travail et qu’ils portent du fruit dans leur vie. Amen