1er dimanche de l’Avent

Homélie: 1er dimanche de l’Avent – année C – 2 décembre 2018

Lectures :  Jr 33,14-16      Ps 25      Th 3,12-13.4,1-2       Lc 21,25-28.34-36

                    A l’approche de Noël, notre imaginaire se polarise sur les indicateurs qui annoncent cette fête : décorations,  enseignes lumineuses extravagantes et rivalisant d’ingéniosité. En contraste,  des reportages de certains médias nous gavent de scènes dignes de la réalité apocalyptique ; elles traduisent un malaise social. La tendance est de minimiser ce mal être en se murant dans un silence coupable perçu comme une démission. Si, à l’ère des ‘boulevards de la communication’ nous assistons impuissants à un feu qui couve et qui à la longue peut générer d’autres feux, ne sommes-nous pas coupables d’un déni du dialogue que l’on assassine ? Les libres propos de presse poussant à une reprise en main vigoureuse, à la déclaration de l’état d’urgence ne sont-ils pas une invitation à une saison en enfer de type stalinien ? Il est peut-être temps pour les chrétiens et décideurs que nous sommes, de descendre de nos perchoirs métaphysiques pour déchiffrer les signes des temps, d’entendre les clameurs de la rue qui se meurt .

                    Ce premier jour de la semaine inaugure l’année liturgique C et le temps de l’Avent. Ce temps nous invite individuellement mais aussi  en Eglise, à ne pas nous laisser distraire par  nos appétits voraces de tout genre, fussent-ils financiers, où une minorité telle un Léviathan fait main basse sur « l’obole de la veuve ». Il nous interpelle  à ne pas laisser passer l’opportunité spirituelle qui s’offre à nous.  Pouvons-nous prendre part  à ce pèlerinage purificateur qui dispose notre cœur à l’attente, et cela par la prière et la louange,  comme « un veilleur attend l’aurore »  pour accueillir  celui qui vient ? Car celui que l’on n’attend pas on le rate. Prenons donc chacun un balai, un aspirateur et faisons le ménage en  nous et autour de nous afin que cet effort de propreté se reflète sur nos familles, notre Eglise et le Monde.

                    Luc, est l’évangéliste  qui nous entraîne à la connaissance intime de Jésus. On le présente symboliquement sous la forme d’un taureau ailé.

                    Il commence son évangile avec l’annonce de la naissance de Jean Baptiste dont le père Zacharie est le prêtre sacrificateur  (Luc 1) Il nous parle aussi de la parabole du père aimant, parabole mieux connue sous l’appellation de ‘l’enfant prodigue’, et dans laquelle un veau gras sert de repas  pour célébrer le retour du fils cadet ; mais aussi pour mettre l’accent sur la joie que nous devons ressentir en recevant le sacrement de réconciliation et du pardon que nous donne le Sauveur, lui le prêtre qui s’est offert en sacrifice pour nos péchés.  L’Avent nous présente la situation de l’Eglise à la fin des temps. (Heb.1,2) quand le peuple de Dieu attend le retour du Christ qui va établir son royaume dans la gloire.

                    Cette attente est similaire à celle d’Israël au terme de l’ancien testament : en exil, soutenu par la prière et l’espérance, Israël attend son messie. Il fait une relecture dans l’action de grâce, de tous les prodiges du Seigneur : De la sortie d’Egypte  à l’exode, il invoque le secours du Seigneur.

                    A l’exemple du peuple d’Israël, l’Eglise  se souvient des merveilles de Dieu et anticipe le retour du christ. Si l’histoire est la mémoire du passé, nous devons vivre au présent  et nous ouvrir à l’avenir. Dieu nous donne son fils : « restons éveillés et prions en tout temps » pour que sa clarté illumine nos vies.

                    Dans la première lecture, le prophète Jérémie attend et espère un  descendant de la lignée du roi David ; descendant qui apportera la  justice, la paix et la sécurité pour le peuple. Sa prophétie trouve son accomplissement en Jésus. Il soutient que « le Seigneur notre justice accomplira ses promesses ». Même si autour de nous la dépravation des mœurs est une réalité nous ne devons pas avoir peur. C’est ce à quoi nous invite le psaume du jour : il nous exhorte  à la prière et à la patience dans l’attente, afin que l’Esprit du Seigneur nous guide et nous oriente.

                    Paul dans la première épître aux Thessaloniciens (2ème lecture) donne des instructions pratiques pour se préparer à la venue du Seigneur. Il s’agit de faire des progrès dans l’amour  « un amour de plus en plus intense et débordant » et un désir pour la sainteté.

                    Quant au texte d’évangile de ce jour il se termine par une prophétie sur les signes qui  précèdent le retour  de Jésus, il nous encourage à être optimistes et vigilants, à bien nous préparer  «  Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête », car votre rédemption approche » (Lc 21,28)

Jésus nous invite à aborder le futur avec assurance et  conviction.

                    Ainsi pendant que nous nous préparons à célébrer Noël en pensant aux cadeaux et aux gâteaux  à offrir,  nous devons surtout nous préparer  au ‘renouveau spirituel ‘,dans l’attente du Christ . L’Avent est ce moment favorable pour nous examiner en profondeur et demander au Seigneur de redonner vie à ce qui en nous semble mort et figé.

 Amen.

Patrice Batantou sj